Etre survivant-E, c’est toute la vie

Ce n’est pas une maladie. C’est une conséquence des actes criminels qu’on a subi.

Il faut se reconstruire un minimum.

Il faut apprendre à vivre avec.

Il faut se battre contre ses détracteurs ou mourir. Parfois ces détracteurs sont des ennemis identifiés comme tels, parfois ce sont des proches. Lesquels sont les plus dangereux ?

Les autres sont ceux en qui on croit, en qui on a accordé notre confiance. Ce sont ceux-là qui peuvent nous mettre à terre en deux minutes. Que ce soit par les liens du sang ou les liens du cœur.

Nous, survivants, sommes fragiles, mais aussi lucides. Ils oublient vite.

Nous avons aussi notre capacité de répliques. Ils ne s’y font jamais.

Il y a aussi ceux qui veulent nous faire croire qu’ils sont gentils, serviables et veulent aider. Mais à quel prix ? Car il y a presque toujours un prix avec certains. Quelque chose en eux ne supporte pas une image qu’on leur renvoie (difficile de savoir laquelle d’ailleurs car on ne peut pas entrer dans leur inconscient) et pouvant être la cause de comportements parfois dangereux, ou étranges et provocateurs, avec des « phrases-couteaux » tranchantes qu’ils utilisent lorsqu’ils n’ont aucun argument valable face aux questions dérangeantes les concernant. Des questions auxquelles ils ne répondront d’ailleurs jamais.

On peut se retrouver face à une semi-trahison diffuse et latente. Cela devient épuisant de clarifier certaines situations.

Lorsque j’étais petite, j’ai grandi dans un monde de mensonges d’adultes, de manipulations, de non-dits, de secrets nauséabonds. J’ai été obligé de grandir dans un contexte répugnant, une ambiance malsaine en plus de subir des actes criminels.

En étant adulte, j’ai appris à faire la part des choses et je me rends compte combien le fait d’être « survivante » et de savoir dire « non » coûte cher.

Les survivants intéressent les prédateurs, les manipulateurs, les toxicos, les pervers, les sadiques et on doit rester clairvoyants pour arriver à les repérer, à les déjouer, à leur fermer la porte avant qu’ils aient tout dévasté sur leur passage, dévasté aussi votre vie.

Il ne faut jamais oublier que ce n’est pas de notre faute. La première responsabilité revient à nos parents qui n’ont pas veillé correctement sur nous. Ce n’est pas nous qui attirons ces êtres destructeurs comme des aimants, ce sont eux qui ont des antennes pour nous repérer comme des proies à chasser. Lorsque les prédateurs cherchent de nouvelles proies, ils nous cherchent, parfois nous trouvent, ils essayent, parfois malheureusement ça marche.

Notre devoir est de mettre en place tout ce que nous pouvons pour nous protéger.

Avec tout cela, nous devons continuer de « vivre avec » les séquelles et souvenirs des crimes que nous avons subi. Autant dire qu’il nous faut beaucoup de force et d’énergie pour supporter tout cela, pour se battre, jusqu’au bout.

Continuer, malgré tout.

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10 réflexions sur “Etre survivant-E, c’est toute la vie

  1. merci de mettre les mots sur tout ce que j’ai a cœur une survivante d’un bourreau qui met corps et âme dans sa foi en DIEU et a son oint le Christ pour pas sombré…je n’ai pas confiance en la psychiatrie et a ses médocs…la vrai thérapie s’est de se sentir aimée malgré tout.je l’ai chercher partout et ne l’ai pas trouvé(pourtant je suis marié et ai 2 enfants) finalement je l’ai trouvé dans la bible.je m’accroche au Dieu créateur qui a envoyé son fils pour me rendre libre non seulement de mes péchés mais aussi de toutes mes craintes ,angoisse et oppressions pour me rapprocher de lui(DIEU LE PÈRE) vanités des vanités tout est vanités(cf. ecclésiaste ,bible) et tout passera sauf mon Dieu qui était qui est et qui sera éternellement…. soyez bénie et que la paix de l’Éternel soit avec vous.

    • Bonjour, merci pour votre message. On peut apprendre à vivre avec, c’est très difficile, c’est long mais c’est possible. Avec ou sans la croyance de Dieu. Le problème c’est qu’il faut trouver un bon thérapeute. J’ai mis 8 ans à trouver. Cela faisait 15 ans que j’étais en urgence. Les autres psy n’étaient pas formés pour aider des survivants. Ceux qui n’ont pas reçu de formation spécifique, ils ne savent même pas qu’on a des symptômes liés au traumatismes, et que donc il ne s’agit pas de maladie mentale mais d’effets secondaires. Avec la thérapie, si elle est bien faite, les symptômes diminuent fortement et on vit mieux au jour le jour, avec de temps en temps des petites rechutes car suivant ce qu’on vit, ça ne marche pas tous les jours. Et on apprend donc à « vivre avec ». Bonne continuation 🙂 et courage, on en a beaucoup besoin.

  2. la justice vaut pas mieux que l amitié elle porte en elle tellement d injustice!!!dans cette machine a broyer qu est notre justice les victimes tout le monde s en fou et on creuse notre propre trou ,alors que nous avons survécu au pire mais c est rien le sort des taulards est plus important !!! triste réalité!

    • Bonjour G, je suis d’accord. Très Dure réalité. De rares condamnations aux assises, trop de correctionnalisation (le crime est déclassé en délit) alors que c’est illégal, et beaucoup de classements sans suite et non-lieu (mot horrible en lui-même). Et la corruption qui empêche la Justice d’avoir lieu… Bref, les criminels sexuels dans l’impunité en France dans environ 90% des cas. Et on est sacrément nombreux/ses à être « au mauvais endroit au mauvais moment ». Il n’y a aucune volonté d’en haut pour changer quoi que ce soit. D’ailleurs ils font tout pour que l’énorme scandale français n’éclate pas depuis des décennies. Les survivants ils en ont strictement rien à foutre dans les Ministères.

      • Non rien n est fait ….Et rien ne changera ,les droits de l homme montrent du doigts les pauvres prisonniers en leurs donnant des excuses ….Les victimes n ont pas de droits ou sont mortes mais ça le monde s en fout …..perso j aurais préféré mourir ce soir la….France terre de la honte…

      • Oui parfois j’aurais préféré crever aussi plutôt que de devoir subir et supporter les séquelles.
        C’est bien pour toutes ces raisons qu’on doit se battre et tout faire pour être respecté-e-s, reconnu-e-s et avoir des droits, que notre pays nous doit comme elle doit protéger les enfants et les protecteurs au lieu de les foutre en prison.
        Me concernant, je ne lâche pas. Aussi bien pour moi que pour les autres victimes, et aussi pour que mon bourreau – et les autres – ne recommence pas. À force d’en parler, ça finira forcément par aboutir à quelque chose.
        J’espère seulement que je serai encore en vie pour le voir. C’est tellement long pour que les gens ouvrent les yeux et prennent position sur le fléau de la pedocriminalité organisée et soutenue par des hauts placés… En tout cas, les scandales éclatent les uns après les autres donc ça force les gens à se rendre compte de l’ampleur des dégâts et à se poser quelques questions. Ça avance c’est sûr. Reste encore à protéger les enfants contre la perversité qui prend encore plus de place dans nos institutions ! Y a du boulot, retroussons nos manches.

      • La peine de mort voilà ce que ces merdes mériteraient …. Et je pèse mes mots(maux) ,jour après jour , continuer le combat contre la violence faites au femmes et enfants , sensibiliser les enfants dès l école puis le collège … Hélas malgré tout ce qu on peut entendre sur le sujet et les autres crime (ou tentative) reste tabou,tout est à faire pour les victimes car rien n est fait ou très peu …

      • Encore trop peu, le combat est long et difficile, semé d’embûches et de bâtons dans les roues par ceux que nous dérangeons. Entre autre certains business… Cela fait des siècles que ça dure, mais les luttes ne sont pas veines, elles avancent lentement mais elles avancent. Si nos aînées ont fait de la prison pour s’être enchaînées par exemple pour exiger le droit de vote, mais qu’elles ont fini par gagner, c’est bien la preuve que ça paye un jour de lutter. Même avec nos modestes moyens ce n’est jamais inutile de se bouger. Nous ne devons pas lâcher.

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