Lettre de remerciement à Madame Foulon Présidente du procès aux assises du TGI de Pontoise en octobre 2009

Madame Foulon,

Je tenais à vous remercier de m’avoir respectée, d’avoir entendu et écouté, d’avoir compris, d’avoir mené les débats du procès dans le respect et l’éthique de votre métier, d’avoir compris de quoi il retournait vraiment, d’avoir pris en compte et en considération ce qui était crucial et primordial, d’avoir su mener les débats dans un soucis de vérité et de réelle justice avec les jurés, les assesseurs et le procureur de la République. Ce procès s’est passé de telle façon que j’ai pu y retrouver mon honneur et ma dignité que mon bourreau m’avait volé pendant plusieurs années de mon enfance ainsi que tous ceux qui n’avaient pas voulu voir ni entendre ni écouter ni prendre en compte, ni me protéger à l’époque des faits, ni me prendre en charge correctement dans le domaine de la santé.

Je n’y croyais tellement pas que ce soit possible que la société prenne enfin ses responsabilités, que mon bourreau rende enfin des compte à la société pour les faits de crimes qui lui étaient reprochés, après tant d’années de batailles depuis le dépôt de plainte en 2000, d’espoirs et de désillusions.

Je tiens à vous remercier de m’avoir respectée et vue telle que je suis vraiment, d’avoir oeuvré pour l’exemplarité.

Les Deux jours de procès avaient été très pénibles, difficiles à supporter principalement à cause de la présence de mon bourreau dans la même pièce et de devoir le croiser dans les couloirs du Tribunal. Mais ces épreuves en valaient vraiment la peine.

Vous, vos collègues et les Jurés, par votre respect, vous m’avez redonné confiance en la Justice, vous m’avez réconciliée avec. Pour la première fois de ma vie, j’avais pu en sortant du tribunal après le verdict, sortir la tête haute, sans avoir honte de ce que j’avais subi. Pour la première fois de ma vie, le soir même du verdict et pendant les jours qui ont suivi avant d’apprendre que mon bourreau décidait de faire appel, j’avais pu dormir d’un vrai sommeil paisible et réparateur, sans cauchemar, sans réveil nocturne, sans insomnie, en paix.

Je vous remercie de m’avoir donné la possibilité de connaître un vrai procès, une vraie justice, un vrai respect des victimes. Certains de vos collègues devraient en prendre de la graine et prendre exemple sur vous.

Tout simplement : MERCI ! Je ne vous oublierai jamais ! Vous aurez toujours ma reconnaissance ! J’espère pouvoir un jour vous remercier de vive voix.

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Lettre morte aux Sénatrices et Sénateurs : « PLAINTE AUPRES DU PARQUET » 2012

Madame la Sénatrice, Monsieur le Sénateur, je vous envoie cette plainte au nom des 70.000 victimes de viol qui ne portent pas plainte chaque année, pour que justice et réparation leur soient rendues. Pas de justice, pas de paix !

PLAINTE AUPRES DU PARQUET.

MOTIF : VIOLS

Paris, le 1er mars 2012

Je suis né-e d’un viol.
Enfant, j’ai été violée par mon père. Mon cousin. Mon voisin. Mon frère.
Adolescente, j’ai eu un premier rapport sexuel que je ne désirais pas.
D’autres ont suivi et je ne me posais même plus la question de mon désir.
Adulte, j’ai été harcelée, agressée, battue, violée.
J’ai été violée en passant, parce que j’étais là, parce que j’étais bien habillée, parce que j’étais sexy, ou pas assez, ou trop, parce que j’étais, tout simplement.
Mon mari m’a violée, et on a appelé cela le devoir conjugal.
Dans le monde, au moins une femme sur trois est victime de violences sexuelles au cours de sa vie. Ce sont chaque année des millions de femmes qui sont violées, leurs vies brisées.
Le viol est un crime.
En France, chaque année, environ 75.000 femmes et au moins autant d’enfants sont violés.
Chaque année en France plus de 90% des victimes ne portent pas plainte. Soit…70.000 ou plus de 150.000 si on compte les mineurs.
Chaque année en France moins de 1 500 condamnations pour viol sont prononcées. Cela laisse des milliers de criminels en liberté qui recommencent en toute impunité…

Tous les jours dans notre pays, dans les tribunaux, dans les médias, dans les commissariats de police ou les cafés du commerce, on excuse l’agresseur et on blâme la victime : elle invente, elle est mytho, elle est jeune, elle est belle, elle est moche, elle était provocante, elle l’a bien cherché, elle avait bu, pris de la drogue, des médicaments, elle est sans papiers, elle est prostituée, elle était sa petite amie, elle est de la famille, c’est là où elle travaillait, elle n’avait qu’à pas être là, elle a dit seulement non et pas non non non, elle n’a pas porté plainte assez vite, elle a l’air folle, elle est paumée, elle veut se venger, elle est intéressée, elle est lesbienne, elle veut seulement se faire remarquer, elle a déjà menti dans sa vie, etc, etc, etc…
Je suis l’une d’elles. Je suis toutes les autres.
Nous sommes des centaines de milliers.
-Aujourd’hui je porte plainte, je porte 70 000 plaintes pour cette année, au nom de toutes.
-Aujourd’hui j’exige que la justice de mon pays réalise enfin le caractère massif de ce crime.
-Aujourd’hui j’exige que la justice de mon pays reconnaisse enfin la gravité absolue de ce crime.
-Aujourd’hui j’exige que la justice de mon pays enquête enfin sur la matérialité des faits et plus sur les victimes, qu’elle poursuive enfin les agresseurs au lieu de les excuser.
-Aujourd’hui j’exige que les institutions de mon pays mettent en place tous les moyens possibles et imaginables pour assurer notre droit à vivre sans violences sexuelles et pour que justice et réparation nous soient rendues.

Post-Scriptum de mon histoire personnelle : mon bourreau a été acquitté en 2011 par le Tribunal de Nanterre en appel alors qu’il devrait purger une peine de X ans ferme – décision du Tribunal de Pontoise en 2009. Je me bats depuis 2000. Je suis morte. Je survis. C’est le parcours du combattant qui n’aboutit qu’à une chose : l’impunité pour les criminels de viols. La Cour de Cassation : Rejet. Au civil : Rejet. Alors même que les 2 tribunaux ont reconnu que j’ai bien été VICTIME. Au nom de la Justice en laquelle je croyais, j’ai tout perdu. Mon bourreau m’a volé mon enfance, mon adolescence, mon honneur et ma dignité. Le Tribunal de Pontoise m’avait redonné mon honneur et ma dignité, le Tribunal de Nanterre, son Président et l’avocate T. de la Partie adverse, non seulement m’ont repris mon honneur et ma dignité, mais ils ont aussi assassiné les Droits de l’Enfant pendant le procès en appel de Nanterre. J’ai porté une procédure monstrueuse pendant plus de 10 ans. Nous sommes non pas des milliers, mais des MILLIONS de victimes de crimes sexuels sur plusieurs générations. Que faites-vous ? Où êtes-vous ? A quoi servez-vous ?

Pour votre culture, merci de bien vouloir prendre le temps d’écouter et de prendre connaissance de ce qui vous sera utile dans votre combat près de nous, si vous avez un peu de courage et de coeur, mais rassurez-vous, vous n’aurez pas en écoutant une émission à supporter ce que moi et les survivants avons supporté : http://88.191.151.104/backup//mercredi/mercredi_1830/mercredi_1830.mp3

PAS DE JUSTICE = PAS DE PAIX !
[pour la petite histoire, lorsque j’avais envoyé des mails en nombre aux députés et sénateurs sur le MES (Mécanisme Européen de Stabilité), j’avais reçu quelques réponses. Sur ce sujet : ZERO REPONSE !!! Donc je l’appelle Lettre Morte.]

Courriers de la Cour de Cassation

Paris, le 28 octobre 2011

Cour de Cassation

Greffe Criminel

Madame,

Vous avez formé un pourvoi en cassation contre l’arrêt rendu par la cour d’assises des hauts-de-Seine en date du 28/01/2011.

Comme annoncé par une précédente lettre, je vous prie de bien vouloir trouver, en copie, le rapport du conseiller rapporteur.

Vous pouvez, si vous l’estimez nécessaire, faire parvenir, par retour au greffe criminel de la Cour de cassation, en visant les références ci-dessus et en trois exemplaires, de brèves observations qui seront versées au dossier.

Par ailleurs, le dossier sera soumis à un avocat général qui vous fera connaître par écrit le sens de ses conclusions (cassation, rejet, irrecevabilité ou non admission du pourvoi).

Veuillez agréer, madame, l’expression de mes salutations distinguées.

Le Greffier en chef.

Signature.

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Monsieur le Président de la République !

Monsieur le Président de la République
Palais de l’Elysée
55, rue du faubourg Saint-Honoré
75008 Paris

Le 31 août 2011

Monsieur le Président de la République,

C’est en tant que survivante d’un pédophile que je me permets de vous écrire. Ma démarche n’est pas aisée et pourtant tout me pousse à vous faire part de mon témoignage, du parcours du combattant, de tout faire pour que mon agresseur, mon bourreau, soit jugé, reconnu coupable et mis en prison afin qu’il paye sa dette.

Pendant plus de 10 ans, je n’ai pas lâché et je n’abandonnerai pas.

Comment est-ce possible qu’un criminel soit en liberté ? Comment dormir la nuit quand un pervers peut recommencer en toute impunité sur d’autres enfants quand je sais toutes les conséquences et souffrances que cela engendre dans une vie, dans une famille ?

Les séquelles, je dois vivre avec chaque jour et jusqu’à ma mort. Pas mon bourreau.

Il est déjà difficile de supporter 10 ans de procédure. Il est insupportable et inacceptable que les criminels, comme mon bourreau, soient libres, acquittés.

Monsieur le Président, je vous invite à tout faire pour qu’en France les victimes de pédophiles soient traitées correctement par tous les corps de métier que nous rencontrons au cours de notre vie.

Monsieur le Président, je mérite, nous méritons, que notre honneur et notre dignité soient respectés.

Voici une liste non exhaustive de quelques-uns qui ne savent pas, ne font pas leur devoir de citoyen, ou ne remplissent pas leurs devoirs d’adultes et de professionnels quand ils se trouvent face à une victime de pédophile :

médecin, psychiatre, infirmière, infirmière de lycée, assistante sociale, une députée, professeur, proviseur de lycée, avocat, juge d’instruction, gendarmerie, enquêteur de proximité, Président de la Cour d’Appel.

Ce sont, entre autres, ceux-là qui ont mis des obstacles au lieu de faire la lumière sur la vérité afin que Justice soit rendue. Et cela pour une raison simple : ils n’ont pas reçu de formation spécifique. D’autres n’ont pas de moralité ou sont dépourvus d’éthique ou du sens de la solidarité, mais c’est un autre problème.

Monsieur le Président, le Tribunal de Grande Instance de Pontoise, après avoir condamné mon agresseur et violeur à 8 ans de prison ferme, m’a redonné mon Honneur et ma Dignité le 16 octobre 2009.

Monsieur le Président, le Tribunal de Grande Instance de Nanterre, après avoir acquitté mon agresseur et violeur, m’a repris mon Honneur et ma Dignité (pour ne pas dire foulé au pied) le 28 janvier 2011.

Monsieur le Président, mon bourreau a fait 7 mois de prison puis a été en liberté conditionnelle sur l’application du droit au sens strict : il avait fait appel, avait un domicile, s’était toujours présenté aux convocations. 7 mois au lieu de 8 ans !

Je ne vous demande pas de changer quoique ce soit au verdict, évidement, mais de tout mettre en œuvre – comme je l’ai fait en remplissant mon devoir – avec les différents ministères, pour que les moyens soient donnés afin que les professionnels de la Justice puissent faire leur travail jusqu’au bout.

Il est impossible de parler de l’avenir d’un pays, de parler de paix, si le mot Justice ne prend pas tout son sens.

Ne pas agir, ne pas prendre soin des enfants de notre pays, cela coûte cher, à tout le monde.

Monsieur le Président, veuillez agréer mes salutations respectueuses. Je reste à votre disposition si votre cabinet ou l’un de vos ministères souhaite de plus amples informations.

Xxxxx,

Survivante


Réponse du cabinet du Président de la République

Lettre reçue le 09/09/2011
Le Chef de Cabinet du Président de la République
Paris, le 07/09/2011

Chère Madame,

Le Président de la République a bien reçu votre courrier et m’a confié le soin de vous répondre.

Soyez assurée qu’il a été pris connaissance avec une particulière attention de votre témoignage et des réflexions dont vous avez souhaité lui faire part.

Conscient des souffrances que vous avez endurées, au regard des faits que vous relatez, Monsieur Nicolas SARKOZY, qui comprend votre désarroi et vos sentiments, vous exprime tout son soutien et sa vive sympathie.

Je dois toutefois vous indiquer que le Chef de l’État ne peut, sans porter atteinte au principe de l’indépendance de l’autorité judiciaire dont il est le garant, émettre une appréciation sur les décisions rendues par des juridictions souveraines ou en modifier la portée.

Profondément attaché au respect et à la reconnaissance des droits des victimes, le Président de la République a entendu en faire l’un des axes majeurs de son action dans le domaine de la sécurité et de la justice.

Croyez bien que le Chef de l’État demeure très vigilant quant à la mise en oeuvre des réformes qu’il a engagées, pour une justice au service de la sécurité de nos concitoyens.

Je n’ai pas manqué de signaler votre correspondance au Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Libertés.

Je vous prie d’agréer, Chère Madame, l’expression de mes hommages.

Guillaume LAMBERT

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