L’origine de la tolérance de la pédophilie en France

C’est en pleine période de la réapparition de mes séquelles, une sorte de période anniversaire de crimes sexuels subis à mon adolescence, pendant l’automne notamment, que je ne peux m’empêcher de me poser des questions : « mais comment en est-on arrivé là en France ? ».

Il est difficile de supporter les souffrances dûes aux angoisses et aux réapparitions de souvenirs sans se poser des questions, sans mettre des mots sur ces douleurs insoutenables qui m’accompagnent chaque jour ces temps-ci, avec des troubles « secondaires » comme l’hypervigilence, les flashs, les attaques de panique, la tristesse, la colère, les troubles du comportement alimentaire, l’agoraphobie, les troubles de concentration, anxiété quasi permanente. Cela fait beaucoup à gérer. Aussi, je ressens le besoin de comprendre qu’est-ce qui fait que je me retrouve survivante de crimes sexuels, comme beaucoup d’autres personnes – plus de 2 millions de personnes en France (sondage AIVI – Axa 2008, le premier réalisé en France).

Pour donner une image de ce que je vis : imaginez un grand brûlé dont les brulures restent encore à vif et qu’il doive malgré cela vivre comme tout le monde.

Il a suffit que je fasse une recherche sur internet avec le terme « apologie de la pédophilie » pour avoir déjà beaucoup de noms de personnes, d’articles, de références pour confirmer qu’il y a vraiment un problème de taille, et pas seulement en France.

Dans l’article traitant de l’apologie de la pédophilie de Wikipédia, vous y trouverez dans la partie « France » :

– des écrivains,

– des maisons d’édition,

– un centre universitaire,

– une personnalité politique,

– des revues,

– une radio,

– des philosophes,

– des grands journaux,

– des poètes,

– des ministres,

– un parti politique, puis un autre,

Puis en allant de liens en liens, je remarque au passage que des pédophiles, en bons manipulateurs pervers, sont capables d’avoir fait une carrière dans suffisamment de journaux, télévisions, livres, avec des amis très proches du pouvoir, sinon au sein même du gouvernement, peuvent à la fois reconnaître publiquement, même encore aujourd’hui, qu’ils sont pédophiles et qu’ils préfèrent les vierges si possible, qu’ils ne se sentent toujours pas adultes même à l’âge de la retraite, tout en étant toujours pas inquiété, ni poursuivis, ni condamnés, donc pas d’enquête sur eux, sauf peut-être des Renseignements Généraux (?). Autrement dit, les aveux publics de pédophiles protégés restent dans l’impunité.

On peut se demander : « Mais comment est-ce possible ? ». Et c’est en continuant le surf de liens en liens sur internet, que je trouve à mon sens, l’origine de ce passage à la tolérance, dont je suis finalement l’une des nombreuses victimes survivantes. Il s’agit d’une vidéo, un reportage sur un chercheur et pédophile Alfred Kinsey que les pédophiles prennent comme référence pour justifier leurs crimes sur les enfants. Cette vidéo – très dure à regarder – révèle que ce chercheur a été financé par Rockefeller, qu’il a truqué ses recherches et qu’au final, ses « recherches scientifiques » n’étaient qu’un prétexte pour pouvoir à la fois commettre des crimes sur des enfants, mentir, et inciter d’autres adultes à abuser d’enfants, même en bas âge.

Je ne peux pas croire qu’une propagande financée par Rockfeller, n’ait pas pu arriver jusqu’en France. Au moins d’abord chez les pédophiles de l’intelligentsia française déjà pratiquant les crimes sexuels, leur but étant de faire du prosélytisme avec l’apologie de la pédophilie pour « contaminer » d’autres adultes susceptibles de devenir comme eux, puis de se fournir en nouvelles « chair fraîches »…

Autrement dit, en 1986, année à laquelle le désastre a commencé pour moi, il est fort possible que mon bourreau ait pu lire des articles parus dans la grande presse nationale française dans les années 70 et 80. En 1975, une émission de grande écoute « Apostrophes » de Bernard Pivot donne la possibilité à un pédophile écrivain – de journaux intimes – connu de parler de son livre qui décrit des viols. Cette époque était encore dans l’apologie de la pédophilie depuis la révolution sexuelle de 1968. Si on se réfère à l’article « apologie de la pédophilie » de Wikipédia, les débuts de l’apologie se situent à la fin des années 1960 et « un magazine qui soutient pédérastes et pédophiles » a pu exister en France de 1986 à 1993.

En tant que survivante, je suis en droit :

– de demander des explications sur le choix des médias et des gouvernements de l’impunité des pédophiles

– de demander des excuses publiques de l’Etat et des médias d’avoir participé à la « fabrication » de survivants comme moi car ils sont complices de la perpétrations de crimes sexuels sur les enfants

– de demander aux gouvernements de prendre toutes les mesures nécessaires pour que tous les pédophiles, jeunes, vieux, intellectuels ou pas, protégés ou pas, riches ou non, soient inculpés et enfin reconnus comme des bourreaux criminels et traités comme tels

– de demander que les écrivains faisant l’apologie de la pédophilie fasse l’objet de sanctions, car il n’est pas acceptable de laisser se répandre ce fléau, tout comme à travers les images

– de demander que tous les survivants soient respectés et soutenus dans toutes leurs démarches, besoins, qu’ils peuvent avoir du mal à assumer vu que les souffrances que cela engendre ont pour conséquences de sérieuses difficultés dans la vie entière.

– de demander la création d’un institut spécialisé concernant tous les aspects sur les survivants d’incestes et de pédophilie, regroupant les recherches scientifiques, les enquêtes, les soins, les formations aux professionnels de tous les milieux et en priorité pour les institutions, un pôle justice spécialisée, un pôle sur les loi à améliorer, et tout ce qui peut nous permettre à toutes et tous survivants de mieux vivre.

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Amnésie, divine amnésie

Mon amnésie partielle…

C’est un épisode de stress intense il y a quelques jours qui a fait ressurgir des angoisses et l’apparition d’une bribe de souvenir lorsque j’étais chez mon agresseur à 15 ans. Lorsqu’un souvenir précis est sur le point de revenir, avec des images, on ne se sent pas « dans son assiette », pas dans un état habituel. J’avais l’impression de tourner en rond chez moi, j’avais envie de pleurer sans y arriver, je ne savais pas ce qui se passait exactement et je cherchais à comprendre. Puis pendant le dîner une angoisse s’est vite transformée en début d’attaque de panique que j’ai réussie à identifier comme telle, et pu calmer avec un anxiolytique. Je communique par sms pour prévenir un ami, qui me demande si je sais pourquoi cette angoisse est apparue. J’ai répondu intérieurement : « oui, la lune ! ». [La nuit précédente c’était la pleine lune, je l’ai observée, j’avais remarqué comment elle éclairait la pièce de ma cuisine avec son rayon de lune.] C’est à ce moment précis que j’ai vu – comme si j’y étais encore : j’étais dans la chambre de mon agresseur qui dormait à côté de moi dans son lit, je ne pouvais pas dormir – comment le pourrais-je – et c’était une nuit éclairée par la pleine lune. Je n’ai pas pu fermer l’œil de la nuit. Sa fille ainée dormait dans sa chambre à l’étage du dessus de la maison, chambre dans laquelle j’aurais dû dormir cette nuit là puisque nous la partagions. Il me semble que ça devait être la première fois que je restais dans la chambre d’un homme toute une nuit, ce que je souhaite à aucun enfant, aucun-e adolescent-e. Ce marquage terrible m’empêche de pouvoir dormir la nuit, en particulier lorsque je suis chez moi, très souvent lorsque je suis ailleurs.

Suite à ce souvenir revenu, moi et mon agresseur dans sa chambre, je me suis vue visiter le rez-de-chaussée de sa maison.

Inutile de préciser que cet épisode m’a beaucoup perturbée, m’a fait pleurer, peur et fait revenir quelques séquelles qui avaient presque complètement disparu, en tout cas, étaient suffisamment atténués depuis quelques mois.

Le retour d’un souvenir, d’une image a toujours été très douloureux, aussi bien psychiquement que physiquement à la tête et au corps, à des endroits précis et différents.

[Je constate ce soir en écrivant, que je n’ai pas accès aux souvenirs exacts avec les images de la chambre de la fille ainée, ni la chambre du fils, c’est extrêmement flou, ni aucun élément de ce qui s’est passé avant, comment, ce que mon agresseur m’a dit pour que je dorme dans sa chambre avec lui ce soir là, mais il me semble – sans pourtant en être sûre – que ce soir là il n’a pas abusé de moi. Pourtant, en y réfléchissant,  ce ne serait pas logique qu’il me fasse dormir avec lui sans qu’il ne m’ait rien fait subir]

Wikipedia :

Amnésie

L’amnésie (du grec Ἀμνησία) est une perte partielle ou totale de la mémoire. État pathologique permanent ou transitoire, congénital ou acquis, il peut être d’origine organique (résultant de lésions cérébrales comme une tumeur, le syndrome de Korsakoff, un traumatisme crânien, un épisode anoxique ou ischémique, une maladie neurologique, l’absorption de certains produits ou médicaments type drogues de soumission), fonctionnel (troubles psychologiques comme le stress post-traumatique, une maladie psychiatrique) ou considéré en psychanalyse comme un mécanisme de défense contre l’anxiété ou contre l’angoisse de souvenirs douloureux.

La neuropsychologie étudie les cas de ces lésions au cerveau et les conséquences qui en découlent sur la mémoire : perte de certaines capacités, alors que d’autres restent intactes.

  • Amnésie antérograde (= amnésie de fixation) : l’amnésie antérograde porte sur les faits postérieurs à l’accident ou à la maladie qui l’a provoquée. Le sujet est dans l’incapacité de former de nouveaux souvenirs, il oublie les événements au fur et à mesure de leur déroulement. La situation est comparable à un ordinateur dont le disque dur est capable de lire toutes les données qu’il contient mais dont le mécanisme d’écriture défectueux empêche tout nouvel enregistrement d’information. Du latin anterior, placé avant. Antonyme : amnésie rétrograde, qui correspond à la perte du souvenir des événements qui ont précédé le traumatisme.
  • Amnésie rétrograde (= amnésie d’évocation) : déficit du rappel d’informations acquises avant l’épisode pathologique. Contrairement à ce qu’en laisse suggérer le cinéma, elle n’est jamais totale (la période couverte peut-être plus ou moins longue). Dans le cas de démences, une amnésie progressive s’installe en suivant un gradient de Ribot : les souvenirs les plus anciens sont généralement les mieux conservés (voir Loi de Ribot).
Two nice graffiti made by a prisoner on a butt...

Two nice graffiti made by a prisoner on a buttress of the Fontevraud Abbey, then inside the prison. A rich man, perhaps as rich as the prisoner wanted to be, and a pansy, the prisoner’s companion (pensée, in French, for pansy or thoughts). Fontrevraud-l’Abbaye, Maine-et-Loire, France. (Photo credit: Wikipedia)

(*) Amnésie, divine amnésie est tiré d’une chanson de Lou Saintagne

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