Survivor du Neuf Cinq

Survivor du Neuf Cinq

Petits qui grandissent dans des cages à lapins

Black Blanc Beur sans racisme

Les adultes, ça nous prend en otage

T’apprends à l’école avec la fumette

Tu passes au collège avec la bouteille

Droit de cuissage d’un tonton, d’un voisin au passage

Tu comprends pas, t’obéis dégoûté

T’étouffes tes cris dans ta chambre les volets fermés

Où est passé mon chemin de la liberté ?

Le lycée tu le vis déprimé

Travaille pas sans concentration

Pas de concentration sans compréhension

Pas de compréhension sans écoute

Tu fais ton rebelle à l’infirmerie

Jamais à l’heure pour faire chier

Tu croises un miracle pour te convaincre

Tu révises et tu fêtes ton bac

C’est peut-être ton chemin de la liberté ?

Tu entres à la fac tu crois que c’est le Graal

Recalé en droit, étudiant saltimbanque

Sexualité débridée / Abstinence mention très bien

Félicitations du jury chichon et vodka

Tu te crois libéré et léger

Tu joues, tu crées avec tes faux amis

Oublié d’où tu viens tu finis à genoux

T’es plus rien dans l’oubli de ton déni

Personne te comprend ton passé resurgit

Pas le choix c’est HP en TS

Camisole chimique pour te maintenir dans le déni

Tu découvres l’anormal, l’animal, les sans couilles, la Justice

Les traitres, L’impunité des pédo c’est…

10 ans de combat pour refaire surface

Ton bourreau 7 mois de prison finit acquitté

Et te poursuit pour te faire payer

Lutter rester en vie c’est le prix de ta liberté

Mauvais endroit mauvais moment

Pour payer, ça t’a payé !

40 ans dans les dents

Pas encore stable

Tu jettes tes séquelles sur la table

Insomnies, phobies, trop de sensibilité

Tes angoisses te rattrapent

Tu voudrais changer… pour trouver ta liberté !

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Lettre de remerciement à Madame Foulon Présidente du procès aux assises du TGI de Pontoise en octobre 2009

Madame Foulon,

Je tenais à vous remercier de m’avoir respectée, d’avoir entendu et écouté, d’avoir compris, d’avoir mené les débats du procès dans le respect et l’éthique de votre métier, d’avoir compris de quoi il retournait vraiment, d’avoir pris en compte et en considération ce qui était crucial et primordial, d’avoir su mener les débats dans un soucis de vérité et de réelle justice avec les jurés, les assesseurs et le procureur de la République. Ce procès s’est passé de telle façon que j’ai pu y retrouver mon honneur et ma dignité que mon bourreau m’avait volé pendant plusieurs années de mon enfance ainsi que tous ceux qui n’avaient pas voulu voir ni entendre ni écouter ni prendre en compte, ni me protéger à l’époque des faits, ni me prendre en charge correctement dans le domaine de la santé.

Je n’y croyais tellement pas que ce soit possible que la société prenne enfin ses responsabilités, que mon bourreau rende enfin des compte à la société pour les faits de crimes qui lui étaient reprochés, après tant d’années de batailles depuis le dépôt de plainte en 2000, d’espoirs et de désillusions.

Je tiens à vous remercier de m’avoir respectée et vue telle que je suis vraiment, d’avoir oeuvré pour l’exemplarité.

Les Deux jours de procès avaient été très pénibles, difficiles à supporter principalement à cause de la présence de mon bourreau dans la même pièce et de devoir le croiser dans les couloirs du Tribunal. Mais ces épreuves en valaient vraiment la peine.

Vous, vos collègues et les Jurés, par votre respect, vous m’avez redonné confiance en la Justice, vous m’avez réconciliée avec. Pour la première fois de ma vie, j’avais pu en sortant du tribunal après le verdict, sortir la tête haute, sans avoir honte de ce que j’avais subi. Pour la première fois de ma vie, le soir même du verdict et pendant les jours qui ont suivi avant d’apprendre que mon bourreau décidait de faire appel, j’avais pu dormir d’un vrai sommeil paisible et réparateur, sans cauchemar, sans réveil nocturne, sans insomnie, en paix.

Je vous remercie de m’avoir donné la possibilité de connaître un vrai procès, une vraie justice, un vrai respect des victimes. Certains de vos collègues devraient en prendre de la graine et prendre exemple sur vous.

Tout simplement : MERCI ! Je ne vous oublierai jamais ! Vous aurez toujours ma reconnaissance ! J’espère pouvoir un jour vous remercier de vive voix.

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L’apologie de la pédophilie – Wikipedia

Le terme d’apologie de la pédophilie recouvre l’ensemble des actions, écrits et prises de position ayant visé à faire accepter socialement la pédophilie ou simplement à en faire l’éloge. Cette tendance a principalement existé à l’époque dite de la révolution sexuelle, essentiellement dans les années ayant immédiatement suivi 1968, du fait de personnes se présentant elles-mêmes comme pédophiles, mais aussi de « sympathisants ». Des groupes de personnes et des individus isolés ont alors cherché à présenter la pédophilie comme une attirance sexuelle acceptable, ou de contester les notions de majorité sexuelle ou d’abus sexuel sur mineur. La pédophilie a parallèlement fait l’objet à l’époque de diverses formes de complaisance, médiatiques, politiques ou intellectuelles.

Cette mouvance n’a jamais atteint de reconnaissance durable et notable malgré, dans les années 1970, quelques soutiens médiatiques et politiques de portée limitée. La relative acceptation dont la pédophilie a fait l’objet durant cette période dans certains milieux politiques ou intellectuels1 est aujourd’hui majoritairement considérée comme un débordement2 dû aux idéaux utopiques d’alors3,4, et d’une forme de complaisance ayant pu exister dans quelques secteurs d’opinion1. Le « militantisme pédophile » a quasiment disparu, et la défense de la pédophilie est exclue du débat public : l’apologie de la pédophilie ne concerne plus que des milieux très marginaux, qui s’expriment principalement par le biais d’Internet5.

Sommaire

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Apparition des mouvances pro-pédophiles

Les discours pro-pédophiles sont notamment apparus aux Pays-Bas, à travers l’activité de personnes comme Edward Brongersma, docteur en droit et sénateur et Frits Bernard, psychologue. Ces derniers sont alors membres du Cultuur en Ontspanningscentrum (Centre de culture et de récréation6, aujourd’hui COC Nederland), association de défense des droits des homosexuels. Constatant le peu de travaux consacrés au phénomène pédophile et souhaitant combattre la réprobation sociale dont il ferait injustement l’objet, Brongersma et Bernard ont écrit de 1959 à 1964 plusieurs articles présentant la pédophilie sous un jour positif dans la revue du COC Vriendschap (Amitié), mais n’ont pu obtenir la création d’un groupe de travail interne.

L’Association néerlandaise pour la réforme sexuelle (Nederlandse Vereniging voor Seksuele Hervorming, NVSH), tête de proue du mouvement pour les libertés sexuelles, a alors, de l’aveu de Frits Bernard, une attitude très critique envers les pédophiles7. À la même époque, Bernard fonde à La Haye l’Enclave Kring (Cercle de l’Enclave). Ce groupe se définit comme un mouvement visant à « briser les préjugés sur les conséquences des contacts et relations sexuels entre mineurs et adultes, fournir des informations et conseils à ce sujet et mettre en place un programme d’assistance direct ». Une maison d’édition du même nom est fondée en 1958, afin de propager les idées du groupe. Cependant, l’audience de l’Enclave Kring reste très faible et ne dépasse guère les cercles d’initiés néerlandais ou allemands, bien que, selon Bernard, le groupe aurait développé des contacts dans différents pays7.

À partir de 1969, en raison de l’évolution sociétale et de la radicalisation de certains discours politiques ou intellectuels, les positions de la NVSH évoluent, et un groupe de travail sur la pédophilie y est formé, avec pour membres Frits Bernard, Edward Brongersma, Ids Haagsma, Wijnand Sengers et Peter van Eeten8. Ce groupe publie en 1972 Sex met kinderen (Le sexe avec les enfants), ouvrage qui se présente comme le bilan de dix années de recherches sur les relations sexuelles entre adultes et enfants, dans l’optique pro-pédophile du mouvement. L’ouvrage fait parler de lui aux Pays-Bas7, mais hors de ces deux pays, peu de personnes s’intéressent à la « défense de la pédophilie » avant le milieu des années 1970.

Les « militants pédophiles » contestent le caractère nocif des relations sexuelles entre enfants et adultes et souhaitent l’intégration des pédophiles dans la société, le retrait de la pédophilie des listes de troubles mentaux et l’abolition des majorités sexuelles généralement fixées à 14 ou 15 ans.

Le militantisme pédophile et la révolution sexuelle

Au cours de la révolution sexuelle se développe un activisme pédophile revendicatif, qui cherche à attirer l’attention des médias pour faire avancer sa cause. Regroupements, pétitions, publications de recherches sont les méthodes les plus utilisées. Certains milieux intellectuels ou militants politiques apportent leur soutien à l’idée que les enfants doivent pouvoir vivre leur sexualité, au moins entre eux et, parfois, dans le cadre de relations inter-générationnelles9. Celles-ci restent cependant lourdement pénalisées et l’ensemble de la société comme les avant-gardes féministes les réprouvent en général. Aux Pays-Bas, dans la continuité des pistes lancées dans les années 1950 par Bernard, l’activisme pédophile vise à coïncider avec une réflexion plus globale sur la sexualité, sur la famille et sur l’enfant.

Pays-Bas

Au début des années 1970, c’est toujours aux Pays-Bas que sont écrits la majorité des articles défendant la pédophilie (la plupart cherchant à définir l’impact à court et long terme de contacts sexuels entre enfants et adultes sur les premiers), à partir de points de vue théoriques comme pratiques, par Bernard, le psychologue Theo Sandfort, l’avocat et homme politique Edward Brongersma ou le psychologue Frans Gieles. Les données utilisées par ces auteurs proviennent de pédophiles en analyse, et d’entretiens avec des adultes et des jeunes ayant eu des relations sexuelles avec des adultes dans leur enfance ou leur adolescence. Bernard affirme en 198810 qu’à cette époque, en tant que psychologue et qu’expert appelé souvent en cour de Justice, il a parlé à et analysé « plus d’une centaine d’adultes pédophiles et environ trois cents enfants et adolescents ayant eu des contacts sexuels avec des adultes ». Au sein de l’Association Néerlandaise pour la Réforme Sexuelle (NVSH), le Studiegroep Pedofilie (Groupe d’études sur la pédophilie) regroupe des spécialistes de l’enfance, des psychiatres, des juristes, et fournit un important travail d’information.

Le 22 juin 1979, la NVSH et d’autres organisations néerlandaises envoient au parlement du pays et au ministre de la justice une lettre et une pétition demandant la légalisation des rapports sexuels consentis entre enfants et adultes11. La pétition est signée notamment par l’Association hollandaise pour l’intégration des homosexuels (COC), ainsi que par des organisations politiques comme le Parti socialiste pacifiste et par diverses personnalités. Les pédopsychiatres de la Société psychiatrique néerlandaise s’opposent à la décriminalisation des rapports sexuels enfants-adultes en arguant que cela risquerait d’affaiblir l’autorité parentale12.

L’année suivante, la COC déclare que la cause des pédophiles est liée à celle des homosexuels et que la libération des homosexuels ne sera jamais complète sans la « libération des enfants et des pédophiles »13. En 1981, la « Fondation néerlandaise protestante pour un développement familial responsable » (PSVG) édite et distribue dans les écoles élémentaires néerlandaises des dizaines de milliers de copies d’un livret illustré intitulé Pedophilia, pour informer les enfants sur ce qu’est la pédophilie14. Jusqu’au début des années 1980, les défenseurs de la pédophilie se disent satisfaits des progrès de leur discours aux Pays-Bas ; Edward Brongersma affirme en 1984 : « Aux Pays-Bas, la pédophilie est discutée objectivement pendant les cours d’instruction des académies de police. Là, tout comme dans les universités, on s’efforce d’en finir avec les préjugés. »15

France

Le statut particulier des intellectuels en France, qui avait permis, à une époque où la majorité sexuelle était fixée à 13 ans (soit avant août 1942 pour l’homosexualité, et avant juillet 1945 pour l’hétérosexualité), à certains écrivains comme Henry de Montherlant ou André Gide d’assumer leurs goûts sexuels pour les jeunes garçons sans être inquiétés ou, comme Roger Peyrefitte, d’en retirer un succès de scandale9,16, permet aussi à plusieurs écrivains, à partir de la fin des années 1960, de tenir des discours présentant la pédophilie de manière positive. Tony Duvert, qui publie son premier roman, Récidive, en 1967 et remporte le Prix Médicis en 1973, se dit ouvertement pédophile tout en demeurant régulièrement publié par les Éditions de Minuit. En 1974, Duvert publie Le Bon Sexe illustré, essai écrit en réaction au succès rencontré par L’Encyclopédie de la vie sexuelle publié par Hachette, et où il stigmatise les méthodes d’éducation sexuelle, et, plus globalement, d’éducation qui ont cours en France. La même année, Gabriel Matzneff publie quant à lui Les Moins de 16 ans, pamphlet exaltant l’amour des tout jeunes adolescents, allant jusqu’à évoquer des amours vécues avec des garçons de douze ans17. Entretenant dans ses écrits une ambiguïté entre pédophilie et pédérastie, Matzneff n’est pourtant pas attaqué par les médias, et assure même des chroniques dans divers journaux, dont le quotidien Le Monde. Le philosophe René Schérer, professeur au Centre universitaire expérimental de Vincennes, publie, toujours en 1974, Émile perverti, essai contestant que les rapports sexuels soient nocifs pour les enfants et déplorant que l’éducation contemporaine dénie et exclue les « rapports pédérastiques entre maîtres et élèves »18.

Ces publications sont alors soutenues par des éditeurs qui s’inscrivent souvent dans une perspective révolutionnaire plus que dans la justification d’un goût particulier9. Selon les termes de l’historienne Anne-Claude Ambroise-Rendu, le discours selon lequel « les enfants ont aussi droit à la sexualité » trouve à l’époque une niche « à l’ombre des mouvement alternatifs, de l’antipsychiatrie et du militantisme homosexuel. Du Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR) créé en mars 1971, au magazine Le Gai Pied lancé en février 1979, tous réclament, avec Michel Foucault, la reconnaissance des « sexualités périphériques ». »19. En 1975, Daniel Cohn-Bendit publie Le Grand bazar dans lequel un chapitre, « Little big men », est consacré à la « sexualité des enfants ». En 1976, René Schérer et Guy Hocquenghem dirigent un numéro de la revue Recherches sur l’enfance et l’éducation, « soutenu notamment par Michel Foucault et François Châtelet [et qui] marque sans doute l’apogée de ce type de discours » intellectuel sur la pédophilie et l’hébéphilie20. En avril 1978, invité avec Guy Hocquenghem de l’émission Dialogues sur France Culture, Michel Foucault dénonce le cadre juridique qui « vise à protéger les enfants en les confiant au savoir psychanalytique », à nier l’existence de leur désir sexuel et à postuler la sexualité avec les adultes comme dangereuse pour eux19.

Le Monde et Libération, journaux orientés à gauche, contribuent à la diffusion de ces idées, en publiant des pétitions liées au sujet, des lettres, ou des interviews de pédophiles rapportant leur expérience. Des pétitions contre la majorité sexuelle sont publiées en France. La plus célèbre, publiée dans Le Monde du 26 janvier 1977, et relayée également par Libération, concerne « l’affaire de Versailles » : trois hommes ont alors comparu devant la cour d’assises de Versailles pour « attentats à la pudeur sans violence sur mineurs de 15 ans », ce qui à l’époque était qualifié comme un crime, et pour avoir pris en photo leurs « partenaires ». Leurs trois ans de détention préventive suscitent une pétition de soutien, signée par diverses personnalités publiques : le texte affirme que les enfants n’ont subi « aucune violence », et qu’ils étaient « consentants », ajoutant en outre « Si une fille de 13 ans a droit à la pilule, c’est pour quoi faire ? » et « trois ans pour des baisers et des caresses, ça suffit »4. Parmi les signataires figurent Louis Aragon, Francis Ponge, Roland Barthes, Simone de Beauvoir, Gilles Deleuze, André Glucksmann, Guy Hocquenghem, Bernard Kouchner, Jack Lang, Gabriel Matzneff, Catherine Millet, Jean-Paul Sartre, René Schérer et Philippe Sollers (ce dernier déclarera plus tard ne pas s’en souvenir, ajoutant « Il y avait tellement de pétitions. On signait presque automatiquement. »4).

En janvier 1979, un pédophile nommé Jacques Dugué, arrêté pour abus sexuels et accusé de faire partie d’un réseau de proxénétisme pédophile, publie ainsi sur deux jours dans Libération une tribune libre où il fait l’apologie de la « sodomisation » d’enfants, affirme que « l’enfant qui aime un adulte […] aime ressentir dans son corps le membre viril de celui qu’il aime, d’être uni à lui, par la chair » et demande « qu’on arrête de persécuter ceux qui aiment les enfants, même s’ils les aiment aussi avec leur corps »21. Au procès de Dugué, René Schérer et Gabriel Matzneff témoignent en sa faveur22. (Des années plus tard, multirécidiviste et plusieurs fois condamné, pour l’affaire de 1979 et pour d’autres, Jacques Dugué est arrêté dans le cadre d’une affaire de viol et de pornographie enfantine : il est condamné en 2002 à trente ans de réclusion pour abus sexuels23,24,25). Toujours en 1979, Libération publie une interview de Tony Duvert recueillie par Guy Hocquenghem, dans laquelle l’écrivain réaffirme sa pédophilie et préconise de retirer les enfants à leurs mères, ou du moins d’« empêcher que les femmes aient un droit exclusif sur les enfants », qu’elles oppriment et dont elles nient le droit à la libre sexualité26. Il développe ses convictions dans l’essai L’Enfant au masculin, paru l’année suivante, où il affirme en outre avoir eu des partenaires sexuels âgés de six ans27. Le 20 juin 1981, Libération publie un article intitulé « Câlins enfantins », qui présente de manière complaisante le témoignage d’un pédophile sur ses rapports sexuels avec une enfant de cinq ans4.

Ces publications relèvent souvent, pour les éditeurs et journalistes, d’une stratégie globale de remise en cause de la société, et sont revendiquées avant tout au nom de la liberté d’expression2. Le journaliste Sorj Chalandon estime, en 2001, que l’attitude adoptée par Libération dans la décennie 1970 relève d’un « vertige commun » de l’époque, durant laquelle, pour l’équipe du quotidien, « tout ce qui se dresse sur le chemin de toutes les libertés est à abattre »4. Dans la même optique, des groupes informels d’extrême-gauche28 ou des organisations plus importantes, comme la Ligue communiste révolutionnaire29 soutiennent les pédophiles. La défense de la pédophilie, ainsi que des discours ambigus sur la « sexualité infantile »30 apparaissent comme une remise en cause des interdits : en 1975, Daniel Cohn-Bendit publie aux Éditions Belfond le livre Le Grand Bazar, dans lequel il écrit, au sujet de son expérience d’éducateur dans un jardin d’enfants « alternatif » à Francfort, « Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais :  » Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi vous m’avez choisi, moi, et pas les autres gosses ?  » Mais, s’ils insistaient, je les caressais quand même »31. Il regrettera plus tard ses propos et ses écrits, parlant de provocation destinée à «choquer le bourgeois des années 70»32. Le journal L’Express commente en 2001 : « la complaisance de l’époque pour les excès de langage — et parfois d’actes — des militants de la libération sexuelle s’accompagnait d’un véritable aveuglement : l’enfant, croyaient-ils, ne demandait qu’à exprimer sa sexualité, et c’était l’interdit qui constituait un abus sexuel. Cette complaisance, qui a servi d’alibi et de caution culturelle à bien des pédophiles, masque aussi une autre réalité, l’infantilisme d’une mouvance. »33.

Des discours très minoritaires

Cependant, l’élargissement ou non du « jouir sans entraves » aux relations sexuelles entre enfants et adultes est dès 1968 très controversé au sein des groupes d’extrême-gauche et des milieux de gauche : la dissolution de Vive la révolution dirigé par Roland Castro en 1971, est en partie due aux débats autour de ce thème. À la même époque, la rédaction de Politique-Hebdo refuse, selon le témoignage de son rédacteur en chef adjoint d’alors Hervé Hamon, de publier une interview de René Schérer en raison des « positions pro-pédophiles » de ce dernier. Le périodique Tankonalasanté, revue critique de l’institution médicale, cesse de paraître après qu’un courant favorable à la pédophilie ait tenté de l’utiliser comme vecteur de ses idées34.

Malgré l’activité de quelques personnes et une tolérance pouvant exister dans des groupes politiques minoritaires, la pédophilie demeure globalement condamnée par la société à cette époque. Les adultes ayant des contacts sexuels avec des enfants ou des pré-adolescents sont réprouvés et se retrouvent très souvent en prison, et lorsque les groupes pédophiles se structurent et se font connaître des opinions publiques des années 1970-1980, les réactions sont le plus souvent très négatives.

Au sein même des avant-gardes « progressistes », les féministes sont souvent perplexes35 quant à la réelle possibilité de relations librement consenties entre adultes et enfants, la pédophilie étant considérée comme un miroir de l’aliénation des faibles par le sexe masculin36. Le fait que la grande majorité des pédophiles ainsi que des consommateurs de pornographie et de prostitution enfantine soient des hommes vient appuyer cette thèse37.

Structuration de plusieurs groupes à la fin des années 1970

À partir du milieu des années 1970 apparaissent des organisations spécifiquement pédophiles, au-delà des associations homosexuelles et de penseurs isolés. Cette radicalisation et la multiplication des groupes jusqu’au milieu des années 1980 permet aux pédophiles de se rencontrer et d’échanger des idées, même si les différents groupes ont été plus juxtaposés que coordonnés. Elle leur permet également de tenter de se faire connaître par les opinions publiques.

En Europe du Nord et germanique

Aux Pays-Bas, en plus du Studiegroep Pedofilie de la NVSH, de nombreux groupes voient le jour, notamment dans le sillage de l’action prosélyte d’Edward Brongersma et Frits Bernard38 : le Stiching Studiegroep Pedofilie (SSP) ; le Landelijke Werkgroep Jeugdemancipatie (ex-Pedofilie), groupe spécifique de l’organisation Nederlandse Vereniging Voor Seksuele Hervorming (NVSH -LWGJ) ; Spartacus, éditeur d’une revue en anglais, Pan Magazine, à diffusion internationale, et du guide Spartacus qui cause un scandale au milieu des années 199039, et à partir de 1982 MARTIJN. Cette dernière association est le seul groupe de ce type à subsister en Europe. Elle a fait l’objet d’un jugement de dissolution en juin 2012 par la justice néerlandaise40,41, mais ce jugement a été annulé en avril 2013, la cour d’appel jugeant que si « les travaux de l’association sont contraires à l’ordre public », ils n’entrainent cependant pas de « menaces de dislocation de la société », condition pour qu’une organisation puisse être interdite aux Pays-Bas42,43.

C’est en Flandre belge que se forme le premier groupe pédophile hors des Pays-Bas, après une conférence donnée à Anvers en avril 1973 par le groupe d’étude sur la pédophilie de la NVSH. Le Studiegroep Pedofilie organise des rencontres hebdomadaires et collecte des informations sur la pédophilie (regroupées dans un centre de documentation basé à Hasselt). En 1981 s’ajoute Stiekum, plus militant (tracts, interventions en milieu institutionnel, à la radio, etc.)44. Ces groupes, qui restent plutôt informels, font à partir de 1984 l’objet d’attaques de partis de droite, dont le Vlaams Blok, qui, leur reprochant « d’habituer les gens au phénomène de la pédophilie », diffusent dans leurs publications et dans les journaux flamands des appels à les interdire, et organisent des manifestations de protestation lorsque se tiennent en Flandre conférences et débats sur la pédophilie45.

En Allemagne de l’Ouest, le Deutsche Studien und Arbeitsgemeinschaft Pädophilie (DSAP, Société allemande d’étude et de travail sur la pédophilie) regroupe à partir de 1979 plusieurs groupes locaux et publie Befreite Beziehung (douze numéros) puis Die Zeitung. À la fin de 1981, ses deux cents membres, ne parvenant plus à s’entendre, provoquent la dissolution de fait du mouvement. L’Arbeitskreis Päderastie (AKP, Groupe de travail sur la pédérastie), petit groupe de réflexion formé en 1979, devient alors le principal mouvement germanique, bien qu’il s’adresse presque uniquement aux pédérastes. Kinderfrühling, qui reprend l’édition du Befreite Beziehung, naît de la dissolution de la DSAP46.

Les pédophiles allemands parviennent surtout, dans les années 1980, à trouver des soutiens politiques auprès du Parti vert, en arguant que les contacts sexuels entre enfants et adultes, non seulement ne sont pas nocifs pour les enfants mais sont également nécessaires à leur évolution psychosociale. Durant plusieurs années, les pédophiles continuent de bénéficier de soutiens politiques en présentant leur sexualité comme le dernier bastion devant « être pris d’assaut dans le cadre de la libération sexuelle »47.

Dans d’autres pays d’Europe du Nord, les petits groupes qui existent ont une influence anecdotique, que ce soit le Schweizerische Arbeitsgemeinschaft Pädophilie (SAP) en Suisse, le Paedofil Gruppe au Danemark, le NAFP en Norvège ou le Paedofilia Arbeitsgruppen (PAG) en Suède38. En 1985, la Danish Pedophile Association (DPA) est créée au Danemark.

Dans les pays anglophones

À la fin des années 1970, le militantisme pédophile se développe également au Royaume-Uni et aux États-Unis avec la formation en 1974 en Écosse du PIE (Paedophile Information Exchange, plus tard basé à Londres), et en 1978 à Boston de la NAMBLA (North American Man/Boy Love Association). Ces deux groupes ont une certaine notoriété au début des années 1980 suite au tollé que suscitent les propos de certains de leurs membres, activistes radicaux48, et à la diffusion de leurs revues, le Magpie et le NAMBLA Bulletin. En 1984, le PIE s’auto-dissout face à la réprobation publique. Les procès se multiplient à partir de 1981, alors que la NAMBLA existe toujours. Les réactions que suscitent le PIE et la NAMBLA à leurs naissances respectives montrent le rejet des sociétés anglophones envers de tels mouvements.

Quelques « cercles de documentation et de réflexion », comme la René Guyon Society, le Childhood Sensuality Circle (CSC, créé en 1975 par Valida Davila) voient le jour mais ont une audience très limitée car ils n’essayent pas de se faire connaître38.

En Australie est fondé en 1983 (ou 1980) l’Australian Paedophile Support Group, qui se dissout après l’intrusion de policiers en son sein. Ses membres se regroupent alors dans le BLAZE (Boy Lovers and Zucchini Eaters), qui est assez vite rendu inactif par la police49.

Les mouvements européens francophones

La première organisation pédophile francophone naît dans le cadre de l’« affaire de Versailles ». Paraît également dans Libération un appel à participation à une réunion pour constituer le FLIP (Front de libération des pédophiles). Si cette réunion a bien lieu, le FLIP ne lui survit pas, des divergences survenant entre les personnes présentes. Les plus radicaux fondent à la mi-77 le FRED (Front d’action de recherche pour une enfance différente), qui définit en décembre de la même année un programme, publie quelques textes en 197850, puis disparaît début 1979, par manque d’organisation et à cause de dissensions entre ses membres51.

Le premier groupe militant pédophile francophone à durer est le GRED (Groupe de recherche pour une enfance différente), fondé en juillet 1979, membre du CUARH (Comité d’urgence antirépression homosexuelle) et de l’IGA (International Gay Association). Le GRED déclare dans sa revue Le Petit Gredin (10 numéros de 1981 à 1987) vouloir « élargir son public aux « professionnels » de l’enfance, aux parents eux-mêmes, aux juges et aux éducateurs. Et aux enfants ! »52 afin d’être un organe de débat plus que de militantisme, attitude que le mouvement adopte également lors des conférences et tables rondes auxquelles il est convié52.

Le CRIES (Centre de recherche et d’information sur l’enfance et la sexualité) est fondé en Belgique, suite à la disparition du Groupe d’étude sur la pédophilie (GEP), par Philippe Carpentier afin de « rassembler des gens comme [lui] » indépendamment du mouvement homosexuel52. De début 1982 à fin 1986, le CRIES publie vingt-huit numéros de L’Espoir. Cette revue est avant tout un organe militant qui, à travers récits, illustrations et articles sur les autres mouvements, fait l’éloge des amours pédérastiques.

Dans les années 1980, parallèlement à ces organes de mouvements militants, paraissent divers magazines52, plus ou moins liés au militantisme pédophile comme Palestra, dirigée par Jean-Manuel Vuillaume et François Valet, qui ambitionnait de « recenser les grandes figures culturelles de l’enfant » et propose à ses lecteurs « une synthèse agréable et divertissante sur l’enfant dans la culture »53, ou Gaie France (1986-1993), publiée par Michel Caignet et qui soutient pédérastes et pédophiles54. De nombreuses revues de photographies sont aussi publiées : Backside (1983-1985)55, Jean’s (1985)56, Beach Boys (1985-1986), Eklat (1985) et Photokid (1986).

Ces groupes, qui se rattachent encore à l’esprit contestataire post-soixante-huitard et aux mouvements homosexuels, reconnaissent un changement des mentalités, aussi bien de la part de leurs anciens alliés que de la société en général52.

Certains membres du milieu « pédophile militant » sont par la suite discrédités en raison de leur implication dans des affaires de viol sur mineur ou de vente d’images pédopornographiques ; le CRIES disparaît brusquement en 1987 lorsque l’on découvre que, derrière les photos « soft » de L’Espoir, Philippe Carpentier organisait un trafic d’images et de vidéos pédopornographiques impliquant dix-huit pays57 ; Jean-Manuel Vuillaume est condamné en 1997 pour avoir tourné en Colombie des vidéos pornographiques mettant en scène des adolescents mineurs58, affaire à laquelle Michel Caignet est également mêlé. Ces revues et mouvements ont donc pu contribuer à la formation de réseaux « pédocriminels ».

Des groupes dispersés

Ces mouvements, s’ils se font des publicités réciproques dans leurs publications, sont cependant peu nombreux, peu influents et surtout peu coordonnés, bien que certaines tentatives de regroupement soient effectuées, souvent à l’échelle nationale.

Les 5 et 6 juillet 1986, la NAMBLA, la SAP suisse, un groupe australien et des mouvements scandinaves se rencontrent à Copenhague. Ils cherchent les moyens de réinsérer le combat pour l’acceptation de la pédophilie dans celui pour la liberté sexuelle et proposent que les homosexuels continuent à combattre de front avec les pédophiles, tout en constatant affronter une très vive hostilité de la part des féministes59. Cette rencontre, qui survient alors que le mouvement s’essouffle, n’a pas d’effet concret. Actuellement, l’IPCE organise depuis sa création une rencontre annuelle de ses membres mais celle-ci n’accueille que très peu de personnes (quatre en 2006)60.

Depuis les années 1980 : la condamnation générale de la pédophilie

La pédophilie exclue du militantisme des minorités sexuelles

À partir des années 1980, les groupes pédophiles militants connaissent un rapide déclin, lié pour l’essentiel à un rejet de leur action de la part des sociétés, même les plus « progressistes », et notamment des acteurs de la Révolution sexuelle.

En octobre 1982, éclate en France l’affaire du Coral, autour d’abus sexuels présumés commis dans un « lieu de vie communautaire ». Plusieurs personnalités publiques, dont René Schérer ou Gabriel Matzneff, sont un temps accusés. S’ils sont mis hors de cause et si les condamnations de plusieurs personnes, pour relations sexuelles consenties avec de jeunes adolescents, sont au final légères, l’affaire connaît un fort remous médiatique, qui contribue à attirer l’attention sur les lieux de vie et à remettre en cause l’antipsychiatrie16. Gabriel Matzneff est quant à lui renvoyé par Le Monde à la suite de sa mise en cause61.

Après 1982, l’activisme pédophile en Europe occidentale, s’il n’essuie pas autant d’attaques que l’activisme américain, commence à décliner : les médias n’en parlent plus, et les principaux militants se lassent (Bernard prend sa retraite de psychologue, d’expert et de membre d’organisations internationales en 198510). Aux Pays-Bas, les discours en faveur de la pédophilie connaissent un reflux dans les années 1980 quand, de l’aveu même de Frits Bernard, la pédophilie est à nouveau couramment traitée comme une maladie mentale7.

Lorsqu’en 1985, les Verts allemands, parti en pointe lors de la Révolution sexuelle, incluent dans leur programme, après plusieurs mois de travail, des propositions visant à abolir les articles de loi sur la majorité sexuelle, en insistant par exemple sur le fait que « les rapports sexuels avec des enfants sont pour les deux parties [enfants et adultes] (…) productifs », cela suscite un tollé, et beaucoup d’électeurs habituels du parti reportent leurs voix sur le SPD62. Même les électeurs les plus « progressistes » n’acceptent plus l’idée de la défense des pédophiles.

À partir de la même année, la police néerlandaise se met à collaborer étroitement (des réunions hebdomadaires au moins jusqu’en 198914) avec le FBI pour apprendre à « traquer les producteurs et consommateurs supposés de pédopornographie »12, car le Congrès américain (via le Sous-comité permanent aux investigations du Comité sur les affaires gouvernementales, dirigé par le républicain William Roth), pense que les Pays-Bas sont alors « parmi les principaux exportateurs de pédopornographie aux États-Unis » et qu’il y aurait à Amsterdam des ventes aux enchères d’enfants afin de les prostituer, allégations qui sont invalidées en août 1986 par le rapport définitif d’un groupe de travail sur la pédopornographie dirigé par le ministre de la justice Altes12,14. Cette action de la police néerlandaise montre un changement de mentalité dans ce pays où l’activisme pédophile avait rencontré le plus de succès.

C’est surtout au sein même des anciennes mouvances « progressistes » des années 1970 que le militantisme pédophile est de plus en plus décrié. La défense de la pédophilie à l’époque est majoritairement interprétée comme un « aveuglement collectif » (selon l’expression de Jean-Claude Guillebaud63). Les acteurs de l’époque reviennent, ou sont parfois obligés de s’expliquer et de revenir, sur les propos qu’ils avaient tenu à l’époque. En 2001, une polémique éclate ainsi autour du passage relatif aux enfants dans le livre Le Grand Bazar, de Daniel Cohn-Bendit : attaqué, ce dernier parle de « provocation intolérable », et dit son remords d’avoir écrit ces lignes, par « inconscience insoutenable ». Pour lui, « Il s’agissait de transgresser des frontières et de briser les interdits. Cela n’avait rien à voir avec des abus sexuels »64 ; il affirme en outre : « prétendre que j’étais pédophile est une insanité. La pédophilie est un crime. L’abus sexuel est quelque chose contre lequel il faut se battre. Il n’y a eu de ma part aucun acte de pédophilie32. ». Plusieurs anciens élèves de Daniel Cohn-Bendit, et leurs parents, prennent sa défense, réfutant les accusations d’abus sexuels ou de proximité avec des « personnes coupables d’abus sexuels sur enfants »65. Gabriel Matzneff déclare en 2002 : « Lorsque les gens parlent de « pédophilie », ils mettent dans le même sac le salaud qui viole un enfant de huit ans et celui qui vit une belle histoire d’amour avec une adolescente ou un adolescent de quinze ans. Pour ma part, je méprise les salauds qui abusent des enfants et je suis partisan de la plus grande sévérité à leur égard66. ».

Certes, ce rejet de la part des acteurs de la Révolution sexuelle avait commencé avec la naissance du militantisme pédophile : Geneviève Fraisse rappelle en 2001 que dès 1975 elle « vivait très mal » la volonté d’une « sexualité commune adulte-enfant », propos que l’on retrouve très souvent de la part des femmes impliquées dans la Révolution sexuelle2, et déjà dans des revues homosexuelles d’époque67 mais qui ne se fait clairement entendre qu’après la période.

Les lesbiennes avaient été les premières à s’opposer aux pédophiles au sein des mouvements GLBTQ : en 1980, un « rassemblement lesbien du comité pour la Gay Pride » (« Lesbian Caucus – Lesbian & Gay Pride March Committee ») appelle à boycotter la Gay Pride de New York à cause d’une supposée mainmise de la NAMBLA sur son comité d’organisation68. En 1983, lorsque le mouvement homosexuel britannique CHE (Campaign for Homosexual Equality) soutient le PIE, en proie à une campagne de presse négative, le magazine condamne cet appui comme nuisible à la cause homosexuelle69.

Ce processus de marginalisation70 se poursuit jusqu’en 1994, date à laquelle l’International Lesbian and Gay Association, afin d’obtenir un statut consultatif au Conseil économique et social des Nations unies, décide d’exclure quatre groupes pédophiles militants : les américains NAMBLA et Project Truth, le néerlandais MARTIJN et l’allemand Verein für Sexuelle Gleichberechtigung (VSG, « Association pour l’égalité sexuelle »)71. La Révolution sexuelle, à la fin des années 1990, s’est débarrassée de son passé pédophile9.

Déclin du militantisme

Au cours des années 1980, quelques nouveaux groupes de pédophiles apparaissent, mais le militantisme décline rapidement, jusqu’à disparaître presque totalement dans les années 1990, en se limitant aux activités sur internet.

Au début des années 1990 est créée l’IPCE (International Pedophile and Child Emancipation), qui gère un site web regroupant de nombreux documents en quatre langues, mais dont les activités se limitent rapidement à la seule présence sur internet. En 1993 apparaît Krumme 13, organisation allemande, qui se dissout en 2003. La Danish Pedophile Association fait l’objet, en 2000, d’un reportage télévisé qui, infiltrant le groupe, révèle que ses membres pratiquent le tourisme sexuel et l’échange de pédopornographie72. La justice danoise estime en 2005 que l’existence du groupe est légale en vertu des lois sur la liberté d’expression ; l’association, entretemps, annonce son auto-dissolution en 200441,73.

Très peu de personnes s’affichent aujourd’hui publiquement comme pédophiles ou favorables à la pédophilie. Une exception notable, en 1997, est Renaud Camus, aujourd’hui président du Parti de l’In-nocence : « Si la sexualité, comme je crois, n’a strictement rien de répréhensible en soi, on ne voit pas pourquoi elle le serait chez les enfants, ou avec les enfants. Il est absurde de considérer qu’elle serait illicite jusqu’à un certain âge, et deviendrait licite du jour au lendemain, dès que cet âge est dépassé. Les enfants ont une sexualité et des pulsions sentimentales bien connues, qui peuvent très bien se porter sur des adultes, en particulier sur de jeunes et beaux adultes, professeurs de gymnastique ou moniteurs de colonies de vacances, comme nous l’avons tous vu » (L’Infini, Gallimard, n° 59, automne 1997, « La Question pédophile »). Le « militantisme pédophile » se réduit pour l’essentiel à l’activité de groupes de taille très modeste, dont les membres demeurent la plupart du temps anonymes, ou à des initiatives de personnes isolées. Les rares personnes s’exprimant encore aujourd’hui sont anglophones ou néerlandaises : il s’agit notamment de Tom O’Carroll (auteur de l’ouvrage Paedophilia : The radical case), Frans Gieles ou Lindsay Ashford, citoyen américain ayant témoigné à visage découvert en 2004 et animé un site internet où il faisait l’apologie de son propre penchant sexuel pour les petites filles74. Le site de Lindsay Ashford a été durant plusieurs années l’une des vitrines en ligne de la pédophilie – s’attirant même des menaces de poursuites de la part du futur Président des États-Unis Barack Obama après la mise en ligne de photos des filles de ce dernier75 – avant que son auteur ne décide de le fermer, arguant que la notoriété qu’il en retirait l’empêchait de conserver un emploi76.

John Robin Sharpe, un pédophile canadien, a contesté certains aspects des lois sur la pornographie enfantine de son pays qui, contrairement à la France, condamne également les écrits incitant à la pédophilie. Arrêté en 1995 pour possession et diffusion de textes et d’images à caractère pédophile77, il a fait valoir que ses propres photos et écrits de fiction ne pouvaient être illégaux du fait de leur caractère « artistique » et que la possession de pornographie répondant à ses goûts sexuels relevait de sa liberté d’expression. La Cour d’Appel de Colombie-Britannique lui a tout d’abord donné raison, occasionnant une polémique et un recours du gouvernement canadien : la Cour suprême du Canada a finalement annulé le jugement en 2001, réaffirmant la validité de la loi canadienne contre la pédopornographie, et ne reconnaissant d’exceptions que pour des textes autoproduits pour un usage strictement personnel, qui ne seraient diffusés en aucune manière par leur auteur78,79. En 2002, Sharpe est acquitté pour la diffusion des textes – la justice estimant que ses écrits n’incitaient pas explicitement à la pédophilie, se contentant de décrire les actes – mais condamné pour la possession des photos80. En 2004, il est condamné à deux ans de prison pour un abus sexuel commis dans les années 197081.

Le 31 mai 2006 est annoncée la création aux Pays-Bas du Parti de la charité, de la liberté et de la diversité (Partij voor Naastenliefde, Vrijheid en Diversiteit, PNVD), parti politique proposant l’abolition de toute majorité sexuelle. Les trois fondateurs du parti, tous militants pédophiles, comptent parmi eux Ad van den Berg, ancien président de MARTIJN. Le PNVD propose également d’autres mesures jugées par beaucoup comme fantaisistes (gratuité totale des transports, légalisation de la zoophilie, etc.) sans s’attaquer aux réels problèmes de la société contemporaine néerlandaise. Il est soit moqué, soit attaqué (par des associations chrétiennes, le parti conservateur et la grande majorité de l’opinion publique, 80 % des Néerlandais déclarant dans un sondage que des mesures devraient être prises)82. Le PNVD n’a jamais compté que ses trois fondateurs comme membres connus, n’a jamais pu participer à aucun scrutin faute d’avoir recueilli le nombre de signatures de citoyens prévu par la loi néerlandaise, et a annoncé sa dissolution en 2010. L’association MARTIJN est tout d’abord dissoute en juin 2012 par la justice néerlandaise mais le jugement est ensuite cassé en avril 2013, conduisant, de facto, à la réouverture de l’association. Ad van den Berg, ancien président de MARTIJN et ancien trésorier du PNVD, a quant à lui été condamné en 2011 à trois ans de prison, dont six mois avec sursis, pour possession de pédopornographie83 et seule la NAMBLA continue d’avoir une existence officielle.

En 2013, la remise d’un prix à Daniel Cohn-Bendit suscite une nouvelle polémique en Allemagne ; le Parti vert allemand, auquel appartient Daniel Cohn-Bendit, décide alors de se pencher sur son propre passé et de commander au politologue Franz Walter une étude sur l’influence qu’ont pu avoir les militants pédophiles sur le mouvement écologiste allemand. Les travaux de Franz Walter mettent à jour d’anciennes positions pro-pédophiles des Verts allemands, poussant notamment l’ancien ministre Jürgen Trittin – responsable en 1981 d’une plate-forme électorale qui prônait la dépénalisation des actes sexuels entre enfants et adultes – à s’expliquer et à reconnaître ses erreurs. Un article du Frankfurter Allgemeine Zeitung accuse les Verts allemands d’avoir, dans le passé, « créé une idéologie qui favorisait l’abus d’enfants », Daniel Cohn-Bendit étant notamment dénoncé comme « le porte-drapeau le plus éminent des pédophiles ». Franz Walter souligne par ailleurs que les pédophiles ont, dans le passé, également influencé le Parti libéral-démocrate47,84,85.

Des opinions publiques de plus en plus hostiles

À la fin de 1981, on pouvait lire dans un éditorial du Petit Gredin : « La pédophilie, la pédérastie sont de plus de plus les objets de la vindicte sociale alimentée par les mass media »86. En effet, depuis cette époque, la pédophilie fait l’objet d’une « condamnation unanime » et « le pédophile apparaît comme l’incarnation du criminel le plus abject »9,87,20. Si un auteur comme Matzneff continue à être bien perçu par une partie des médias88, on n’entend plus beaucoup parler de lui (Hugo Marsan l’a qualifié de « dandy oublié »89) et les artistes contemporains qui, sans être pédophiles, mettent en scène des relations sexuelles d’adultes avec des enfants consentants90,91 ou font des œuvres assez ambiguës pour que certains puissent les interpréter comme posant la possibilité d’un tel rapport92 provoquent des scandales. Il y a donc eu un « changement radical »20 d’attitude de la part des sociétés, pour différentes raisons.

En premier lieu, « un changement dans l’appréciation des violences sexuelles »9. Si les pédophiles prétextent la liberté des enfants à disposer de leur corps pour justifier leurs discours7,93, ils ne se posent généralement pas la question du discernement des enfants et de la facilité à les abuser, ni celle de leur perception a posteriori du contact sexuel ; à partir des années 1980, l’idée que tout contact sexuel entre un adulte et un enfant provoque des séquelles psychologiques très graves chez le second devient une « opinion commune »94. La réprobation du viol sur mineur, qui perd son statut de tabou95, grandit. Selon Anne-Claude Ambroise-Rendu, ce sont les années 1990 qui marquent un véritable changement dans la vision de la pédophilie par les médias français. Un numéro de l’émission Bas les masques est consacré au thème en 1995 : pour l’historienne, « pour la première fois, on y entend et on y voit les victimes : ces enfants à qui on n’ose plus demander s’ils étaient consentants ou non, qui disent sans équivoque leur souffrance. Pour la première fois, un média évoque les effets de la pédophilie sur les enfants, laissant aux témoins le soin de dire leur mal être, leur incapacité à oublier, à se construire une vie heureuse et équilibrée »16. Anne-Claude Ambroise-Rendu estime que « Seul Gabriel Matzneff ose encore, en 1990, sourire devant Bernard Pivot des petites filles de 12 ans qu’il met dans son lit »96.

De plus en plus d’affaires sont jugées par les tribunaux : en France, le nombre de viols sur mineurs constatés passe de 100 en 1984 à 578 en 199397, et celui des atteintes ou agressions sexuelles sur mineurs avec circonstances aggravantes de 355 en 1984 à 882 en 1993 et 3815 en 200498.En 1996 l’affaire Dutroux, qui éclate en Belgique, a un retentissement international et contribue à marquer durablement l’opinion, suscitant une forme de hantise sociale autour de la pédophilie et conduisant à la multiplication des témoignages et des révélations d’affaires d’abus sexuels sur mineurs99,100,101.

La prévention devient une priorité aussi bien législative102 que populaire, comme en témoigne en octobre 1996 la première Marche Blanche, qui réunit à Bruxelles suite à l’Affaire Dutroux plus de 300.000 personnes et le sujet est l’objet d’une attention renforcée de la part des médias103.

Enfin, avec l’accroissement de la prise de conscience des violences sexuelles envers les mineurs et le retour subit de la pédophilie dans le champ médiatique, la pédophilie n’est plus perçue que comme un viol infligé aux enfants104. Aux Pays-Bas, la relative tolérance ayant pu exister envers la pédophilie disparaît progressivement : Edward Brongersma fait l’objet de harcèlement de la part de ses voisins et d’agressions sur la voie publique, du fait de sa notoriété ; déprimé, il finit par se suicider par euthanasie en 1998105. L’apparition du PNVD en mai 2006 a suscité en général consternation et indignation106,82.

Un activisme sur Internet

Dans les années 1990 l’arrivée d’Internet offre au militantisme pédophile de nouveaux moyens d’expression et de contact. Un certain nombre de pédophiles attirés par les garçons (Boylovers) et par les fillettes (Girl Lovers) se réclament du terme générique « Childlove ». En 1995, est mis en ligne le forum de discussions BoyChat qui mène en 1997 à la création du groupe Free Spirits ayant pour objectif de fournir des services Internet sécurisés aux pédophiles amateurs de garçons dans de nombreuses langues. L’équivalent francophone de BoyChat, La Garçonnière, est créé en 1998. Des pédophiles amateurs de filles créent des ressources équivalentes dès 1998. Depuis, plusieurs autres organisations se sont développées en ligne sur ce modèle, dont des entreprises commerciales (hébergeurs web essentiellement)107,108.

Plus que de l’activisme militant à proprement parler, ces forums constituent avant tout des lieux de discussions et contact virtuels entre pédophiles, parfois suivis de rencontres et rassemblements réels109. Afin d’éviter les poursuites judiciaires, ces réseaux à vitrine publique se gardent de toute activité illégale comme l’échange d’images pédopornographiques ou l’incitation au crime, par l’intermédiaire d’une modération adaptée aux législations des divers pays qui les hébergent. Toutefois, le côté borderline jouant avec les limites de la loi leur a régulièrement valu des problèmes de la part de leurs hébergeurs ou fournisseurs Internet. Ainsi en 2006, l’hébergeur commercial Epifora, principal hébergeur du groupe Free Spirits, fut déconnecté du web par le fournisseur d’accès canadien Vérizon suite à une campagne médiatique menée par une association antipédophile110. Toutefois, les sites ainsi évacués reviennent généralement en ligne très rapidement, utilisant par exemple les services de fournisseurs d’accès ayant une conception extensive de la liberté d’expression111.

L’activité en ligne de pédophiles continue d’attirer l’attention de certains médias : en 2010, Fox News Channel publie un reportage accusant Wikipédia de tolérer sur ses sites les activités de propagande de certains pédophiles cherchant à présenter leurs goûts sexuels sous un jour positif, ce à quoi la Wikimedia Foundation répond qu’elle demeure vigilante face à ce type de dérives112. Le sociologue français Pierre Verdrager souligne pour sa part que les articles de Wikipédia portant sur la pédophilie manquent fréquemment de neutralité en la présentant sous un jour relativement favorable : il y voit le signe d’une activité des défenseurs de la pédophilie, qui profitent de la grande visibilité dans les moteurs de recherche des pages de l’encyclopédie en ligne113. Le forum 4chan fait régulièrement parler de lui comme d’un lieu où circulent des textes pro-pédophile ou images pédophiles, souvent dans un but provocateur114.

L’Internet permet également la circulation accrue de pédopornographie115. En mars 2011, un vaste réseau de pédophiles a été démantelé par Europol, conduisant à l’identification de 670 suspects sur quatre continents, et à 184 arrestations : l’enquête ayant amené à ces arrestations a établi que le forum boylover.net, hébergé aux Pays-Bas, avait servi à l’échange de photos et vidéos pédopornographiques. 230 enfants abusés sexuellement par des membres du réseau ont pu être identifiés116,117,118.

Terminologies et revendications des « militants pédophiles »

Les membres des groupes et mouvances pédophiles actuels se présentent comme des militants et revendiquent notamment le retrait de la pédophilie de la liste des maladies mentales. Ils promeuvent les termes de boylover, girllover et parfois childlover, pour remplacer les termes de pédophiles ou pédérastes, qu’ils jugent trop négativement connotés. Ces termes ont été popularisés auprès des pédophiles eux-mêmes à travers les communautés virtuelles liées aux forums boylove et girllove sur Internet.

Les activistes pédophiles s’appuient parfois sur un texte des psychologues Underwager et Wakefield qui fait la distinction entre désir sexuel et pédophile et passage à l’acte119. Bien qu’ils prônent la distinction entre désir et action, ces auteurs déplorent l’utilisation faite de leur travail par le mouvement « childlove » et considèrent que les contacts sexuels adulte-enfant sont dommageables, qu’il existe ou non une relation d’autorité ou même des sentiments entre l’adulte et l’enfant120.

Enfin, au sein même des milieux pédophiles, le terme général de childlover, qui peut se traduire littéralement par amoureux de l’enfant, est parfois contesté. Certains refusent ces néologismes et préfèrent se qualifier de pédophiles, pédérastes, ou hébéphiles, selon les cas. D’autres encore lui préfèrent les termes spécifiques boylover et girllover, prétextant que les attirances pédophiles homosexuelle et hétérosexuelle ont peu à voir entre elles.

Bien qu’un très grand nombre d’opinions parfois opposées soient représentées au sein du « mouvement », une majorité de ses sympathisants s’accordent sur les objectifs suivants :

  • changer la perception du public sur la pédophilie, la pédérastie et l’éphébophilie ;
  • poser une différence entre la pédophilie et l’abus sexuel ;
  • promouvoir la dépénalisation de certaines formes d’expression érotique impliquant des enfants ou adolescents (textes, dessins, photos, etc.) ;
  • promouvoir une abolition ou une révision de la notion légale de majorité sexuelle ;
  • accroître la connaissance sur les effets de l’activité sexuelle chez les enfants, en favorisant la recherche dans le domaine ;
  • soutenir les mouvements et organisations qui luttent pour les droits de l’enfant.

Certains pédophiles disent également que le sexe n’est pas la raison d’être de leurs relations avec les enfants. Edward Brongersma, dans Boy-Lovers and Their Influence on Boys (Les Boy-Lovers et leur influence sur les garçons), où il rapporte le résultat d’interviews de personnes engagées dans des relations avec des enfants, écrit : « Dans une relation, le sexe est généralement un élément secondaire121. ».

De plus, les activistes pédophiles affirment que les contacts sexuels avec des adultes ne sont pas nécessairement dangereux pour les enfants. Parmi leurs principaux argumentaires figure une étude scientifique publiée en 1998 dans la revue Psychological Bulletin, signée des psychologues Bruce Rind, Philip Tromovitch et Robert Bauserman : A meta-analytic examination of assumed properties of childsexual abuse using college samples. (Méta-analyse des conséquences de l’abus sexuel sur enfants, à partir de cas non cliniques122) ; cette étude analyse et compare les résultats d’un ensemble d’enquêtes menées auprès de lycéens ayant connu une relation sexuelle précoce avec un adulte. Les conclusions de l’étude relativisent beaucoup les effets négatifs de telles relations. Elle est donc souvent citée en référence dans les milieux « Childlove ».

Toutefois, cette étude ne l’objet d’aucun consensus scientifique, sa publication ayant suscité une vive polémique aux États-Unis. Une résolution du Congrès a condamné sa publication par une revue scientifique, réaffirmant dans le même temps la nécessité de la protection de l’enfance contre les abus sexuels123 et une majorité de chercheurs estiment que cet article est biaisé dans sa méthodologie et ses intentions. Dans Science or Propaganda? an examination of Rind, Tromovitch and Bauserman (1998) (Science ou propagande ? Une étude de Rind, Tromovitch and Bauserman (1998)), la pédiatre Stephanie J. Dallam écrit : « Après un examen minutieux des preuves, nous concluons que Rind et al. peut être décrit comme un article militant qui utilise la science de façon inappropriée pour essayer de légitimer ses vues »124 L’étude a été largement critiquée, tant pour sa méthodologie que pour ses conclusions, et dénoncée comme un travail de propagande davantage que comme un texte scientifique125,126,127. Différents psychologues ont souligné les liens de deux des auteurs de l’article – Rind et Bauserman – avec des mouvances pro-pédophiles, leur participation à des conférences de groupes militants et leur collaboration avec Paidika : the Journal of pedophilia, un journal pédophile en langue anglaise publié aux Pays-Bas. L’affaire a également suscité des interrogations quant au travail des comités de lecture dans les revues scientifiques américaines : l’article avait en effet été rejeté par un premier comité de lecture du Psychological Bulletin, proposé une seconde fois après un changement de comité, et finalement publié malgré un avis défavorable d’au moins l’un des membres du nouveau comité128,129.

Certains activistes pédophiles arguent que l’enfant a une sexualité innée depuis sa prime-enfance. Ils contestent notamment la pertinence des notions de majorité sexuelle en se référant aux travaux de plusieurs chercheurs, comme Alfred Kinsey, Floyd Martinson, Alayne Yates ou William Masters, qui montrent des exemples de réponses sexuelles, masturbations et jeux sexuels avec d’autres jeunes enfants. Toutefois, Alfred Kinsey fut une personnalité controversée et beaucoup de psychologues influents de son époque, comme Abraham Maslow, étaient très critiques vis-à-vis de sa méthodologie. L’institut Kinsey a fini par reconnaître que les éléments des rapports Kinsey décrivant la capacité sexuelle des enfants venaient tous d’une même personne130, et que cet homme utilisé comme source par Kinsey abusait sans aucun doute sexuellement les enfants dont il prétendait décrire les réactions131. – Les pédérastes et hébéphiles de la mouvance sont dans leur ensemble opposés aux lois sur le consentement. Certains d’entre eux avancent que par le passé, la puberté était considérée comme le passage à l’âge adulte dans la plupart des sociétés, et qu’il s’agit d’une indication naturelle du fait que le corps est sexuellement mûr. Ils critiquent la définition légale, qu’ils jugent aussi arbitraire que discriminatoire. Opposés au concept de majorité sexuelle légale, ils préconisent que chaque individu qui souhaite s’engager dans des activités sexuelles puisse pouvoir prendre sa propre décision. Ce point de vue ne tient pas compte de la question de la maturité minimale nécessaire pour mesurer pleinement les conséquences de ses actions, question classique pour n’importe quel domaine concernant le consentement de mineurs (droit de vote, permis de conduire, etc.).

Dans beaucoup de pays, l’âge de la majorité sexuelle est plus élevé que l’âge de la puberté. Si un adolescent entretient des relations sexuelles avec un adulte entre ces deux âges, ce dernier peut être considéré comme un agresseur sexuel – bien qu’il ne soit pas pédophile.

Certains pédophiles affirment connaître la « sexualité infantile » et présentent officiellement des principes préalables aux relations sexuelles avec des enfants, se résumant principalement au consentement de l’enfant et de ses parents.

En 1998, Frans Gieles, membre du groupe NSVH proposait quatre « règles éthiques » à suivre lors d’une relation adulte-enfants. À la même époque, des principes équivalents étaient proposés par d’autres groupes ou personnalités132, donnant lieu plus récemment à une synthèse par le groupe MARTJIN sous la forme suivante133 :

  • consentement de l’enfant et de l’adulte ;
  • ouverture envers les parents de l’enfant ;
  • liberté pour l’enfant de cesser la relation à tout moment ;
  • harmonie avec le développement de l’enfant.

Il est toutefois difficile de savoir quel crédit attribuer aux principes officiels présentés par ces mouvances. Si certains groupes comme MARTIJN prônent le respect des lois134, décourageant ainsi de fait les relations sexuelles adulte-enfant, d’autres comme KRUMME n’ont pas ces réserves135.

Les objections le plus souvent avancées à ce « code éthique » sont les suivantes : l’enfant n’est pas suffisamment mûr pour avoir la liberté de faire cesser une relation abusive et il pourrait très facilement être contraint à maintenir la relation contre sa volonté, le pédophile pouvant user de force ou de manipulation. Par ailleurs, la majorité des psychologues de l’enfance affirment qu’une relation sexuelle entre un adulte et un enfant ne peut se faire en harmonie avec un développement normal de celui-ci.

Réactions dans l’opinion publique et affaires criminelles

Les membres de la mouvance contemporaine affirment qu’ils n’approuvent pas l’abus d’enfants ni les activités illégales : l’opinion publique sur ce point est sceptique. Ce scepticisme a été renforcé par des incidents rendus publics impliquant des membres et des groupes associés au mouvement dans des affaires d’abus sexuel, ainsi que par les similitudes entre le discours de la mouvance et celui des abuseurs sexuels cherchant à justifier leurs actes136,137.

Les mouvances pro-pédophiles ont suscité une forte opposition et leur progression sociale et politique est restée très limitée. Presque tous les gouvernements nationaux se conforment aux protocoles des Nations unies pour définir les lois sur la majorité sexuelle et sur la criminalisation de la pornographie enfantine. Cette dernière a fait l’objet d’un traité aux Nations unies, signé par près de 130 pays entre 2000 et 2004138. Quant à la convention des Nations unies sur l’âge de consentement (1962), elle fait force de loi un peu partout depuis 1990139.

Des militants pour la prévention de l’abus sexuel, des professionnels de la loi et des journalistes notent que les proclamations de la mouvance quant à sa désapprobation de l’abus sexuel n’ont pas toujours été suivies dans les faits. Les membres de la mouvance répondent souvent que les abuseurs n’appartiennent pas au mouvement, ou que le mouvement aurait pu les aider à ne pas franchir la ligne jaune140. Les observateurs estiment dans leur majorité que les promoteurs d’un amour et d’une sexualité inoffensive entre adultes et enfants n’agissent pas toujours comme ils le prétendent, en citant ces arrestations comme preuves141.

Beaucoup de ces incidents impliquent l’association NAMBLA, l’organisation la plus connue de la mouvance. Certains affirment que ces arrestations sont limitées à cette association et ne sont pas représentatives du mouvement global. Pour la plupart des observateurs, ces incidents sont révélateurs de la face réelle de la mouvance et symbolisent les problèmes posés par ses objectifs.

Quelques exemples d’affaires récentes aux États-Unis :

  • Le révérend P.S., un prêtre accusé d’avoir abusé des enfants dès 6 ans pendant une période de 30 ans, aurait participé aux premiers travaux et actes militants du mouvement à ses débuts, d’après le journal Boston Globe142.
  • C.J., également soupçonné d’appartenir à NAMBLA, fut condamné pour le meurtre et le viol d’un enfant de 10 ans. Les parents de l’enfant ont poursuivi NAMBLA et ses responsables en affirmant que C.J. aurait écrit dans son journal personnel que sa participation à NAMBLA et les lectures des publications de l’association l’auraient aidé à dépasser ses inhibitions vis-à-vis du sexe avec les jeunes garçons143.
  • J.D.S., un homme condamné à San Francisco d’avoir agressé un garçon de 11 ans lors d’un baby-sitting, a rencontré un enquêteur anonyme en tant que membre de NAMBLA. D’après l’enquêteur, l’homme utilisait ses contacts auprès de NAMBLA pour échanger de la pornographie enfantine et avoir des relations sexuelles avec des enfants144.
  • J.T. fut condamné pour agression sexuelle sur un enfant en 1989 puis libéré sur parole en 1992 avec la condition de ne pas posséder de pornographie enfantine. Après avoir déménagé sans informer les autorités de sa nouvelle adresse, il fut retrouvé à la suite d’une émission télévisée américaine sur la recherche de criminels (America’s Most Wanted). Il fut arrêté et condamné pour pornographie enfantine. Lors du procès, la cour a déclaré que J.T. était membre de NAMBLA, que l’association aidait un orphelinat en Thaïlande où des enfants étaient abusés, et que J.T. et d’autres personnes y voyageaient pour rencontrer de jeunes garçons. Les preuves apportées étaient des photographies fournies par les autorités thaïlandaises, montrant J.T. en compagnie de jeunes garçons thaïs assis sur lui145.
  • J.C.P., un New-Yorkais ayant affirmé à la police, d’après les archives judiciaires, être membre de NAMBLA, a été arrêté en 2000 et condamné en 2001 pour avoir pratiqué la sodomie sur un jeune garçon146

La publicité faite autour de ces incidents, ajoutée à la profonde opposition de l’opinion publique aux idées de la mouvance, ont mené à une grande controverse autour des activités et des membres de l’association. Beaucoup de ses membres ont pris leurs distances avec la NAMBLA et ses idées à cause de ces controverses et des crimes suscités.

En France, dans les années 1980 et au début des années 1990, certaines personnalités proches de l’extrême-droite ont repris à leur compte des idées pro-pédophiles et pro-pédérastes147,148.

Cette récupération s’est notamment exprimée dans les colonnes du magazine Gaie France, interdit de publication en 1993 pour « incitation à la pédophilie ». Elle s’est cristallisée autour de personnalités comme Michel Caignet, Bernard Alapetite (producteur de documents cinématographiques homosexuels mettant en scène des acteurs à l’apparence juvénile) ou Jean-Manuel Vuillaume, tous trois anciens responsables ou rédacteurs de revue d’organisations néo-fascistes et/ou néo-nazies (FANE pour le premier, Défense de l’Occident pour les deux autres) qui seront plus tard impliqués dans des affaires judiciaires de pornographie enfantine149,150.

Jugements du corps médical

La littérature médicale actuelle est très documentée sur le sujet des graves et profonds dommages psychologiques qu’occasionnent aux enfants les contacts sexuels avec des adultes151. Les pédophiles militants citent quant à eux plusieurs articles scientifiques controversés pour appuyer leurs dires. Aujourd’hui, le corps médical est très largement en désaccord avec les affirmations des pédophiles sur l’innocuité des contacts sexuels entre adultes et enfant dans un grand pourcentage de cas ; aucune étude sur des résultats allant dans le sens des idées pro-pédophiles n’a été acceptée par la communauté scientifique152.

Le psychiatre et expert judiciaire français Michel Dubec déclare : « Tous les pédophiles revendiquent leur amour des enfants et parlent de « nouvel amour ». Mais pour eux, ça va de soi, aimer c’est baiser. (…) Ces grands « intellos » rationalisant la pédophilie prônent une recherche pour une « enfance différente », totalement émancipée. Mais ils ne disent pas que cette émancipation est d’abord la leur, celle qui leur permet de s’affranchir des interdits et de séduire les enfants. Ils prétendent nous faire découvrir un vrai savoir, avec des affirmations du genre « La sexualité puérile est encore un continent interdit, aux découvreurs du XXIe siècle d’en aborder les rivages » (ainsi que l’écrivait Gai Pied hebdo du 31 janvier 1991). Tant de puérilité dans le raisonnement devient désarmante. Une chose est pour un enfant de rêver en se livrant à des jeux sexuels avec soi-même ou avec ceux de son âge, autre chose est d’être confronté au réel de la jouissance orgastique de l’adulte. Jouissance à laquelle lui, l’enfant, n’est pas encore en mesure d’accéder et qui peut le plonger dans des émois qu’il ne pourra gérer psychiquement »153.

Le psychiatre français Bernard Cordier, membre dans les années 1990 du groupe de travail interministériel santé-justice sur le traitement des délinquants sexuels, distingue une catégorie spécifique de pédophiles, à savoir « les prosélytes, qui invoquent des arguments pseudo-culturels et militent pour la dépénalisation de la pédophilie au nom du droit des enfants consentants au plaisir »154. Il précise, concernant le cas de Gabriel Matzneff et des écrits complaisants en général : « Je ne dis pas que [le type d’écrits comparables à ceux de Gabriel Matzneff] sème la pédophilie. Mais il la cautionne et facilite le passage du fantasme à l’acte chez des pédophiles latents. Ces écrits rassurent et encouragent ceux qui souffrent de leur préférence sexuelle, en leur suggérant qu’ils ne sont pas les seuls de leur espèce. D’ailleurs, les pédophiles sont très attentifs aux réactions de la société française à l’égard du cas Matzneff. Les intellectuels complaisants leur fournissent un alibi et des arguments : si des gens éclairés défendent cet écrivain, n’est-ce pas la preuve que les adversaires des pédophiles sont des coincés, menant des combats d’arrière-garde ? Ils veulent croire et prétendre que la société libérera un jour la pédophilie, comme elle l’a fait pour l’homosexualité, au nom de la défense des différences. Rien n’est plus faux ! Dès qu’il y a un enfant et un adulte, il y a un abuseur et un abusé. Cela n’a rien à voir avec une relation entre deux êtres véritablement consentants155 ».

Le psychanalyste français Pierre Lassus, directeur de l’Union française pour le sauvetage de l’enfance, déclare pour sa part : « Je ne supporte pas qu’un petit cercle de mondains défende cette pose du pédophile esthète. Leur défense est la perversion même : selon l’inversion bien connue du discours, la victime devient le bourreau »156.

William E. Prendergast, psychologue clinicien américain, juge « ridicules » les discours pro-pédophiles sur les bienfaits de la sexualité adultes-enfants, et considère que les groupes soutenant ces vues ont pour finalité de fournir des justifications aux abuseurs sexuels157.

Symboles utilisés par les groupes pédophiles militants

Triangle spiralé de couleur bleu utilisé par les BoyLovers.

En 2007, WikiLeaks a publié un document interne du FBI indiquant les symboles de reconnaissance utilisé par les différents groupes de militants pédophiles158. On y voit entre autres un triangle spiralé de couleur bleu utilisé par les BoyLovers (pédophiles attirés par les garçons) et nommé BLogo, censé représenter la relation entre l’adulte (triangle extérieur) et l’enfant (triangle intérieur). Divers pendentifs, bijoux et médailles ont été frappés avec ce logo. Quant aux pédophiles attirés par les filles (GirlLovers), ils utilisent un logo proche du premier, une spirale en forme de cœur de couleur rose.

Références

  • Moser C, Kleinplatz P (2003). DSM-IV-TR and the Paraphilias: An Argument for Removal
  • Rossman P (1976) Sexual Experience Between Men and Boys: Exploring the Pederast Underground. Association Press, New York.
  • Underwager R, Wakefield H. (1997). Special Problems with Sexual Abuse Cases. Coping with psychiatric and psychological testimony, Supplément to the Fifth Édition (Out of Print) (p. 136-147). Los Angeles, CA: Law and Psychology Press.

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

Essais :

  • (de) Frits Bernard, Pädophilie ohne Grenzen [« Pédophilie sans frontières »], Foerster Verlag, Francfort, 1997.
  • Bertrand Boulin, La charte des enfants, Stock, 1977.
  • Daniel Cohn-Bendit, Le Grand Bazar, Paris : P. Belfond, 1975, chapitre IX, « Little big men ».
  • Claude Courouve, Vocabulaire de l’homosexualité masculine, Paris : Payot, 1985, entrée « Pédophile/Pédophilie ».
  • Tony Duvert, Le bon sexe illustré, Éditions de Minuit, 1974.
  • Tony Duvert, L’enfant au masculin, Éditions de Minuit, 1980.
  • Jean-Claude Guillebaud, La Tyrannie du plaisir, Seuil, 1988
  • (de) Joachim S. Hohmann, Pädophilie heute, Foerster Verlag, Francfort, 1982.
  • (de) Angelo Leopardi (sous la direction de), avec des articles ou contributions d’Edward Brongersma, Volker Beck, Bruno Bendig, Peter Mangold, Volkmar Sigusch, A. Siegel, W. Vogel, Frits Bernard, Der pädosexuelle Komplex, Foerster Verlag, Francfort, 1988.
  • Gabriel Matzneff, Les Moins de seize ans, Juillard, 1974.
  • Gabriel Matzneff, Les passions schismatiques, Stock, 1977.
  • Jean-Luc Pinard-Legry et Benoît Lapouge, L’enfant et le pédéraste, Seuil, 1980.
  • Alex Raffy, La pédofolie, de l’infantilisme des grandes personnes, De Boeck Université, 2004. Cf. aussi http://pedofolie.info/
  • Christiane Rochefort, Les Enfants d’abord, Grasset, 1976.
  • René Schérer, Émile perverti, Laffont, 1974.
  • René Schérer et Georges Lapassade, Le corps interdit, E.S.F., coll. « Sciences de l’éducation », 1976.
  • René Schérer, Une érotique puérile, Galilée, 1978.
  • René Schérer, L’emprise des enfants entre nous, Hachette, 1979.
  • Leïla Sebbar, Le pédophile et la maman, Stock, 1980.
  • Pierre Verdrager, L’enfant interdit : Comment la pédophilie est devenue scandaleuse, Armand Colin, 2013.
  • Georges Vigarello, Histoire du viol, Le Seuil, Coll. « Points Histoire », 2004.

Collectifs et revues :

  • « Co-ire » (dir. René Schérer et Guy Hocquenghem), Recherches no 22, 1977.
  • Le fou parle no 7, juillet/août 1978.
  • « Fous d’enfance, qui a peur des pédophiles ? », Recherches no 37, 1979.
  • « La Question pédophile », L’Infini, Gallimard, n° 59, automne 1997.

Articles

Articles directement liés à l’histoire du militantisme pédophile ou à l’activisme pédophile :

Autres articles utilisés comme références :

Documents officiels

Ressources en ligne

Notes et références

  1. a et b « Les amateurs d’enfants ont longtemps bénéficié d’une indulgence nourrie de discours pseudo-libertaires. » : La Pédophilie, enquête sur un sujet tabou [archive], L’Express, 2 février 1995
  2. a, b et c Paul Benkimoun et Sandrine Blanchard, « Que reste-t-il de la révolution sexuelle de Mai 68 ? », Le Monde, 1er mars 2001.
  3. Roger-Pol Droit, « De la subversion par la sexualité à la reconnaissance des droits de l’enfant », Le Monde, 1er mars 2001.
  4. a, b, c, d et e Sorj Chalandon, « “Libé” en écho d’un vertige commun » [archive], Libération, 23 février 2001.
  5. Pierre Tremblay, Social interactions among paedophiles [archive], School of criminology, University of Montreal
  6. Selon la traduction donnée sur le site du COC Nederland [archive].
  7. a, b, c, d et e Frits Bernard, « The Dutch Paedophile Emancipation Movement », 1987.
  8. Frits Bernard, « The Dutch Paedophile Emancipation Movement », 1987, note 14.
  9. a, b, c, d, e et f Anne-Claude Ambroise-Rendu, 2005.
  10. a et b Angelo Leopardi, 1988.
  11. Edward Brongersma, « Schutzalter 12 Jahre? – Sex mit Kindern in der niederländischen Gesetzgebung », dans Angelo Leopardi, 1988.
  12. a, b et c Jan Schuijer, 1990.
  13. Theo Sandfort, 1990.
  14. a, b et c Frits Bernard, 1997.
  15. Edward Brongersma, 1984.
  16. a, b et c Anne-Claude Ambroise-Rendu, Un siècle de pédophilie dans la presse (1880-2000) [archive], Le Temps des médias n°1, 2003
  17. Gabriel Matzneff, Les Moins de seize ans, Julliard, réédition de 1994, page 65
  18. René Schérer, Émile perverti, Laurence Viallet-éditions du Rocher, édition de 2006, pages 145-146
  19. a et b La Pédophilie entre les lignes [archive], Médias
  20. a, b et c Roger-Pol Droit, 2001.
  21. Jacques Dugué s’explique. Libération 21 et 22 Janvier 1979 [archive]
  22. L’Archange aux pieds nus, interview de Gabriel Matzneff, Le Gai Pied, 1er janvier 1983
  23. Les principales affaires de pédophilie depuis 2000 [archive], Le Nouvel Observateur, 26 novembre 2005
  24. Avec le pédophile Jacques D., des victimes de père en fils? [archive], Libération, 11 juillet 2000
  25. Un pédophile condamné à trente ans de prison [archive], Libération, 14 février 2002
  26. « Non à l’enfant poupée », propos recueillis par Guy Hocquenghem et Marc Voline, Libération, 10 avril 1979
  27. Tony Duvert, L’Enfant au masculin, éditions de Minuit, 1980, page 106
  28. Les « Comités communistes pour l’autogestion » publient en 1978 une brochure intitulée Homosexualité et Pédophilie, qui laisse une dizaine de pages aux pédophiles pour exprimer leurs revendications. FRED, 1978.
  29. Choub, « La petite différence et sa grande conséquence », dans L’Étincelle n°114, publication de la LCR, février 1981.
  30. Au cours d’une émission de télévision [archive], intitulée « Quelles valeurs pour demain ? » et où il présentait le livre d’Ingolf Diener et Eckard Supp Ils vivent autrement. Les Alternatifs de la RFA (Stock, 1982), Daniel Cohn-Bendit déclare, entre autres : « Je viens à 9 heures du matin retrouver mes huit petits gosses entre 16 mois et 2 ans. Je vais leur torcher le cul, Je vais… les chatouiller, ils me chatouillent, on se fait des papouilles. (…) Vous savez que la sexualité d’un gosse, c’est absolument fantastique. (…) Quand une petite fille, de 5 ans, commence à vous déshabiller… c’est fantastique ! C’est fantastique parce que c’est un jeu absolument érotico-maniaque ! »
  31. L.D. et J.-P. M., « Pédophilie. Polémique autour de propos  » insoutenables  » de l’ancien leader étudiant. » [archive],L’Humanité, 24 février 2001.
  32. a et b Insultes sur un plateau télé entre Cohn-Bendit et Bayrou [archive], Le Figaro, 5 juin 2009
  33. (« Le remords de Cohn-Bendit » [archive], L’Express, 22 février 2001)
  34. Paul Benkimoun et Sandrine Blanchard, « Que reste-t-il de la révolution sexuelle de Mai 68 ? », Le Monde, 1er mars 2001
  35. Leïla Sebbar évoque en 1980 en quatrième de couverture de son ouvrage Le Pédophile et la maman « le silence et la perplexité où se tiennent les femmes, en particulier celles du « Mouvement » ».
  36. Fraisse, 2001 ; Benkimoun et Blanchard, 2001
  37. Pour plus de détails, voir Camilla, 1985.
  38. a, b et c Duraz, 1981
  39. Ce guide touristique destiné aux homosexuels a été accusé de fournir des adresses où ses acheteurs pouvaient trouver des jeunes garçons prostitués. Dominique Bari, « Tourisme sexuel : le procès » [archive], L’Humanité, 15 février 1995.
  40. La justice néerlandaise interdit et dissout une association pédophile [archive], Romandie.com, 27 juin 2012
  41. a et b Dutch court outlaws pedophile association [archive], UT San Diego, 27 juin 2012
  42. Article sur le site fr.Myeurop.info [archive] consulté le 11 avril 2013.
  43. « Une association pédophile ne peut être interdite » [archive] sur 7sur7.be, 02 Avril 2013.
  44. Philippe Carpentier, « Et en Flandre ? » [archive], dans L’Espoir n°6, juin-juillet 1983.
  45. Philippe Carpentier, « Le cancer de l’Occident chrétien [archive] », dans L’Espoir n°27, CRIES, septembre-octobre 1986.
  46. Serge Duraz, « En Allemagne [archive] », dans Le Petit Gredin n°3, été 1983
  47. a et b Accusations de pédophilie: les Verts allemands de Cohn-Bendit face à leur passé [archive], Slate, 19 mai 2013
  48. Nelson (1983) parle d’une « opinion publique incrédule » face aux revendications de la NAMBLA.
  49. Parliamentary Joint Committee on the National Crime Authority (1995), 3.9 à 3.13
  50. FRED, 1978.
  51. Serge Duraz, « Le mouvement pédophile en France… [archive] »Le petit Gredin n°0, GRED, 1981.
  52. a, b, c, d et e François Michaël, Une enquête sur la presse pédophile [archive], Gai pied hebdo, n°230-231.
  53. Ours et présentation de la revue [archive]
  54. Ce qui lui vaut d’être interdit en 1993. Cf. l’article Gaie France.
  55. Willy Marceau, « Backside », dans Le petit gredin n°3, GRED, été 1983.
  56. Actualité des parutions [archive] du Petit Gredin n°6, GRED, printemps 1985.
  57. Françoise Van De Moortel, 2000.
  58. Sans signature, « Trois ans de prison pour l’organisateur du réseau » [archive] dans L’Humanité, 10 septembre 1997.
  59. Philippe Carpentier, « Les rencontres de Copenhague [archive] », dans L’Espoir n°21, CRIES, septembre-octobre 1985.
  60. (en) Rapport de la réunion 2006 de l’IPCE [archive], IPCE, juin 2006.
  61. Entretien de Gabriel Matzneff avec Antoine Perrucho, paru en 1982 dans l’hebdomadaire Gai pied, sous le titre « L’Archange aux pieds nus [archive] », reproduit sur le site matzneff.com.
  62. (de) Die Welt, 20 mars 1985.
  63. Jean-Claude Guillebaud, « Droit d’inventaire : trois remarques », L’Humanité, 24 février 2001.
  64. L. D. et J.-P. M., « Pédophilie. Polémique autour de propos “insoutenables” de l’ancien leader étudiant » [archive],L’Humanité, 24 février 2001.
  65. Paul Quinio, « L’affaire Cohn-Bendit ou le procès de Mai 68 » [archive], Libération, 23 février 2001.
  66. « Gabriel Matzneff : “Le décervelage est à l’ordre du jour” » [archive], L’Humanité, 13 novembre 2002
  67. L’éditorial [archive] du cinquième numéro de la revue Masques rappelle en 1980 que « l’essentiel de la répression anti-homosexuelle s’exerce au nom de la protection des mineurs ».
  68. David Thorstad, « Man/Boy Love and the American Gay Movement », dans le Journal of Homosexuality # 20, pages 251-74, 20, 1990.
  69. Éditorial de Gay News du 29 septembre 1983.
  70. Pour plus de détails, voir l’article NAMBLA.
  71. (en) Une page sur cette expulsion sur paedosexualitaet.de
  72. Man arrested after paedophile TV documentary [archive], CNN, 31 octobre 2000
  73. The Danish Pedophile Association has been dissolved, Press release, 21 mars 2004
  74. Pedophilia web site a concern for parents and FBI [archive], Bay News 9
  75. Pedophile Removes Web Photo of Obama’s Daughters After Legal Threat [archive], Fox News, 5 mars 2007
  76. Wikisposure : Puellula.com [archive]
  77. The Pornography laws [archive], CBC.ca
  78. Gregory J. Walters, Gregory, Human Rights in an Information Age: A Philosophical Analysis, University of Toronto Press, 2002, pp. 76
  79. Points 129, Points 241 et 242, des conclusions de la cour : « « I would uphold s. 163.1(4) on the basis that the definition of “child pornography” in s. 163.1 should be read as though it contained an exception for: (1) any written material or visual representation created by the accused alone, and held by the accused alone, exclusively for his or her own personal use; and (2) any visual recording, created by or depicting the accused, provided it does not depict unlawful sexual activity and is held by the accused exclusively for private use. »; « When children are depicted in pornographic representations, the camera captures their abuse and creates a permanent record of it. This constitutes an extreme violation of their privacy interests. By criminalizing the possession of such materials, Parliament has created an incentive to destroy those pornographic representations which already exist. In our view, this beneficial effect on the privacy interests of children is proportional to the detrimental effects on the privacy of those who possess child pornography. (…) When the effects of the provision are examined in their overall context, the benefits of the legislation far outweigh any harms to freedom of expression and the interests of privacy. The legislation hinders the self-fulfilment of a few, but this form of self-fulfilment is at a base and prurient level. Those who possess child pornography are self-fulfilled to the detriment of the rights of all children. The prohibition of the possession of such materials is thus consistent with our Charter values. It fosters and supports the dignity of children and sends the message that they are to be accorded equal respect with other members of the community. In our view, Parliament has enacted a law which is reasonable, and which is justified in a free and democratic society. » R. v. Sharpe, Supreme Court of Canada [archive]
  80. Sharpe not guilty of possessing written child pornography [archive] – CBC News, 12 mars 2002
  81. Sharpe sentenced to 2 years for indecent assault [archive] – CBC News, 20 juillet 2004
  82. a et b Jean-Pierre Stroobants, 2006.
  83. La justice néerlandaise interdit et dissout une association pédophile [archive], Romandie.com, 27 juin 2012
  84. Accusations de pédophilie: le candidat vert Jürgen Trittin en mauvaise posture [archive], Slate, 16 septembre 2013
  85. Les Verts allemands au centre d’une nouvelle polémique sur la pédophilie [archive], Le Monde, 17 septembre 2013
  86. Gilbert, 1981.
  87. Gilesse, 1992.
  88. Ses nouveaux ouvrages sont toujours chroniqués par les grands quotidiens nationaux et font parfois partie des pré-sélections de certains prix importants (La Passion Francesca et Mamma, li turchi aux Renaudot 1998 et 2000).
  89. « Matzneff est un dandy oublié, dans une fin de siècle condamnée à l’uniformité des comportements. », Hugo Marsan, 1993.
  90. Comme certains des peintres et dessinateurs de l’exposition « When love turns to poison » à Berlin en 2004 ((de) Karin Schmidl et Eva Dorothée Schmid, « Kunst oder Pornografie? » [« Art ou pornographie ? »] [archive], dans la Berliner Zeitung, 8 avril 2004.
  91. En 1999, L’empereur Tomato-Ketchup, film de Shûji Terayama datant de 1970 et mettant en scène une contre-utopie dans laquelle les enfants prennent le pouvoir et violent des adultes a été saisi par la justice [archive] après sa projection à la Cinémathèque de Grenoble, alors qu’il avait un visa d’exploitation. Ce qui a choqué étant simplement « le fait de faire poser des enfants nus ».
  92. Une association de défense de l’enfance a porté plainte en 2000 contre le directeur du Centre d’arts plastiques contemporain (CAPC) de Bordeaux suite à l’exposition « Présumés innocents – L’art contemporain et l’enfance », l’accusant d’avoir aidé à la « diffusion de l’image d’un mineur présentant un caractère pornographique », alors que les œuvres incriminées ne présentaient manifestement aucun caractère pédopornographique. Lindgaard, 2001 ; Courtois, 2006.
  93. L’essai de Tony Duvert L’Enfant au masculin, publié aux éditions de Minuit, postule ainsi, page 178, que le contact sexuel entre un enfant et un homme adulte ne représente pour l’enfant qu’un rapport homosexuel, qui peut correspondre à son orientation sexuelle et que condamner les pédophiles équivaut à persécuter les homosexuels.
  94. Georges Vigarello, 2004, p. 275. Plus généralement, sous-partie « La certitude d’un irrémédiable trauma », p. 275-281.
  95. Georges Vigarello, 2004, p. 270.
  96. La Pédophilie entre les lignes [archive], Médias n°8
  97. Georges Vigarello, 2004, p. 271. En 2004, selon L’Annuaire statistique de la justice 2006, 524 viols ont été commis.
  98. Mêmes sources.
  99. Pédophilie : ces chiffres qui enflent et qui font peur [archive], La Dépêche du Midi, 4 septembre 2002
  100. Pédophilie : de la pulsion à l’interdit [archive], lpc.fr
  101. Comment voit-on le monde ? Représentations sociales et réalité [archive], Sciences humaines, 9 novembre 2011
  102. Georges Vigarello, 2004, p. 273.
  103. De 1987 à 1995, le nombre d’articles du Monde contenant les mots « pédophile(s) » ou « pédophilie » s’élevait de 5 à 24, pour la période 2000-2006, ce chiffre était de 122 à 254. Le quotidien québécois La Presse est lui passé de 4 en 1987 à 174 en 2005. Cette augmentation se vérifie pour tous les grands quotidiens francophones.
  104. Georges Vigarello, Histoire du viol, Le Seuil, Coll. « Points Histoire », 2004, p. 273. Ce glissement sémantique a été enteriné par le Petit Robert 2004, qui ajoute à la définition de la pédophilie comme simple attirance sexuelle celle de la pratique effective.
  105. Raphael Cohen-Almagor, Euthanasia in the Netherlands: the policy and practice of mercy killing, Springer-Verlag New York Inc., 2004, page 165
  106. Marteau (2006)
  107. « Des pédophiles lèvent des fonds depuis un site web » [archive], article de La Presse repris sur un site antipédophile, Montréal, août 2007.
  108. « Free speech or crime? » [archive], The Gazette, Montréal, 10 août 2007.
  109. « A paradise for pedophiles » [archive], Macleans, Montréal, mai 2007.
  110. « Firme montréalaise expulsée du Web » [archive], Agadirnet.com, Agadir, octobre 2006.
  111. « The Pirate Bay entre pédophilie et liberté d’expression » [archive], Numerama, juin 2007.
  112. (en) « Pedophiles Find a Home on Wikipedia » [archive], Foxnews.com, 25 juin 2010.
  113. Pierre Verdrager, L’enfant interdit : Comment la pédophilie est devenue scandaleuse, Armand Colin, 2013, page 192
  114. « Que nous apprend 4chan sur l’internet de demain ? » [archive], ReadWriteWeb, février 2010.
  115. « Pédophilie sur Internet : l’ONU tire la sonnette d’alarme » [archive], silicon.fr, 17 septembre 2009.
  116. « Un vaste réseau de pédophilie démantelé sur Internet » [archive], Paris Match, 16 mars 2011.
  117. (en) « “World’s largest paedophile ring” uncovered » [archive], BBC, 16 mars 2011.
  118. (en) « British detectives smash global paedophile ring » [archive], The Daily Mail, 17 mars 2011.
  119. Assessment of the Accused Adult [archive]
  120. Misinterpretation of a Primary Prevention Effort [archive]
  121. Boy-Lovers and their influance on Boys, texte publié par le site internet IPCE.
  122. Traduction française [archive] et commentaires en français [archive]
  123. « Whereas no segment of our society is more critical to the future of human survival than our children » [archive], 106th Congress, Resolution 107.
  124. Science or Propaganda? An examination of Rind, Tromovitch & Bauserman (1998) » [archive], S. J. Dallam, Journal of Child Sexual Abuse, 9(3/4), pages 109-134, 2002.
  125. Steven J. Ondersma, Mark Chaffin, Lucy Berliner, Ingrid Cordon, Gail S. Goodman, Sex With Children Is Abuse: Comment on Rind,. Tromovitch, and Bauserman [archive], Psychological bulletin, vol 127, n°6, 2001
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  127. Interpretation of research on sexual abuse of boys. [JAMA. 1999 [archive] – PubMed Result]
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  129. Charles L. Whitfield, Joyanna L. Silberg, Paul Jay Fink, Misinformation concerning child sexual abuse and adult survivors, Haworth Press Inc, 2002, pages 122-128
  130. (en) Response to controversy : Allegations about Childhood data in the 1948 book, Sexual Behavior in the Human Male [archive], sur le site de l’Institut Kinsey « If he is to be criticized, it is because he did not make it clear that all the information he put into four tables pertaining specifically to orgasm in preadolescent boys {tables 31 through 34} came from one man.»
  131. (en) Sex, science, and Kinsey: a conversation with Dr. John Bancroft – head of the Kinsey Institute for Research in Sex, Gender, and Reproduction – Interview, par Gary Pool, in Humanist, septembre-octobre 1996 Sex, science, and Kinsey: a conversation with Dr. John Bancroft – head of the Kinsey Institute for Research in Sex, Gender, and Reproduction – Interview – page 2 | Humanist [archive] « Dr. Bancroft admits without hesitation that the man who provided the data for tables 31 through 34 undoubtedly sexually exploited the children whose behavior was chronicled. « The question is, » Bancroft continued, « why was Kinsey not totally open about his man being the only source for those tables? »(…)
  132. Boylove Code of Ethics [archive]
  133. Les site de MARTIJN [archive], Lindsay Ashford (fermé en 2007) et du Mouvement Childlove [archive]
  134. Les statuts de MARTIJN [archive]
  135. Sex is good for children [archive]
  136. « Isolation, gratification, justification: offenders’ explanations of child molesting. » [archive], L. Lawson, Issues in mental health nursing, n°24 (6-7), pages 695-705, septembre-novembre 2003.
  137. « Cognitive distortions and blame attribution in sex offenders against adults and children. » [archive], S. Blumenthal, G. Gudjonsson, J. Burns, Child abuse and neglect, n°23 (2), pages 129-43, février 1999.
  138. Pays ayant ratifié cette convention [archive]
  139. Le texte de la convention [archive]
  140. NAMBLA [archive]
  141. « S.F. Man Held In Sex Assault On Virginia Boy » [archive], Glen Martin, San Fransisco Chronicle, 5 septembre 1996.
  142. « Shanley quoted in GaysWeek magazine » [archive], Boston Globe
  143. « Massachusetts v. Salvatore Sicari « Molestation Murder Trial » » [archive], Kathryn Rubenstein, courttv.
  144. S.F. Man Held In Sex Assault On Virginia Boy [archive],Record No. 0610-97-3. – SWAIN v. COMMONWEALTH – VA Court of Appeals [archive].
  145. Soc um [archive],No. 01-571: Tampico v. United States – Response (Hold) [archive], FindLaw: Cases and Codes [archive].
  146. 404 Error – File Not Found [archive].
  147. L’enquête sulfureuse de Bernard Violet sur l’assassinat du pasteur Doucé [archive], L’Humanité, 18 mai 1994
  148. Magazine Pédo Porno des années 90 [archive]
  149. Johannes Franck Pédophiles: des violeurs parmi les voyeurs [archive], Libération, 20 juin 1997
  150. Isabelle Monnin, Pédophilie: du silence à l’obsession [archive], Le Nouvel observateur, 26 juin 1997
  151. Par exemple, en anglais : JAMA — Abstract: Pedophilia, November 20, 2002, Fagan et al. 288 (19): 2458 [archive], Childhood sexual abuse and psychiatric disorder in… J Am Acad Child Adolesc Psychiatry. 1996 – PubMed result [archive], Psychopathology, childhood sexual abuse and other … Psychol Med. 2001 – PubMed result [archive],Childhood maltreatment increases risk for personal… Arch Gen Psychiatry. 1999 – PubMed result [archive])
  152. Science or Propaganda? An examination of Rind, Tromovitch & Bauserman (1998) [archive], S. J. Dallam, Journal of Child Sexual Abuse, 9(3/4), pages 109-134, 2002.
  153. « Pour eux, aimer c’est baiser » [archive], Le Nouvel Observateur, 11-17 novembre 1993.
  154. « La Pédophilie, enquête sur un sujet tabou » [archive], L’Express, 2 février 1995.
  155. « Non au prosélytisme » [archive], L’Express, 2 février 1995.
  156. « Droit des romanciers : la censure a plusieurs visages » [archive], L’Express, 1er mars 2003.
  157. William E. Prendergast, The merry-go-round of sexual abuse: identifying and treating survivors, Haworth Press Inc, 1993, p. 11-12.
  158. (en) Document du FBI sur les symboles pédophiles [archive] – le document est également accessible via la Wayback Machine.

Broken

You need to force me to think like you
Your distract life can’t be to the difference open
I’m broken
If you don’t want to see

There’s no comprehension
But I loved and since the beginning believed you
You’re broken
If you considere me in a bad way

How can I meet your hart
To understand me
How can I respect you
If you can’t protect me ?

Don’t blame me, don’t park me
There’s no many question from you
If you lose you
All will be broken

There’s in your head to many confusion
You hurt me all day in my skin
We’re all broken
You don’t hear our solutions

Without open hart like you are

The last way will be death

With just a dark celebration

In blood without resurection

Tic tak tic tak

No force any more to fight

No force of waiting for you

Justify in what I believe

Open the door of my prison

Give me the key

I’m fed up

I know what to do

Portrait of Galileo Galilei by Justus Susterma...

Portrait of Galileo Galilei by Justus Sustermans painted in 1636. (Photo credit: Wikipedia)

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Etude ACE : impact de votre traumatisme dans l’enfance

« ACE est l’acronyme en anglais de « Adverse Childhood Experiences » qui est traduit par l’ACE Study par « les expériences négatives de l’enfance ». Le but de l’ACE Study a été d’étudier les effets cumulatifs à long terme de traumatismes dans l’enfance et des dysfonctionnements dans la famille sur la santé et la qualité de la vie à l’âge adulte. »

Pour faire le test et voir l’impact de votre traumatisme dans l’enfance, veuillez aller sur le site de l’AIVI.

En ce qui me concerne, j’ai répondu oui à quatre question, ce qui me fait un score de 4, le score pouvant aller de 0 à 10.

L’augmentation des scores ACE augmente le risque de certaines maladies, de problèmes sociaux et émotionnels.

Petit tour d’horizon avec un score de 4, pas très réjouissant :

– Pourcentage avec des antécédents de dépression chronique : entre 50 et 60% chez les femmes, 35% chez les hommes

– Taux de prescription d’antidépresseurs pour 100 personnes par an approximativement 50 ans plus tard : 95%

– Risque de perpétrer de la violence domestique : 6% chez les femmes, 10% chez les hommes

– Prévalence de la maladie du foie (hépatite / jaunisse) : 11%

– Risque de tabagisme à l’âge adulte : 13%

– Pourcentage de déclarations de viol (maltraitance infantile à la base d’être violé plus tard) : 32%

– Pourcentage de tentatives de suicide : 19%

– Prévalence de la diminution de la performance au travail : 14% d’absentéisme, 22% sérieux problèmes financiers, 18% sérieux problèmes de performance au travail

– Pourcentage de personnes à problèmes Broncho-pneumopathie Chronique obstructive : 17%

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Panneau A19 signalant un risque de chute de pierres (France) (Photo credit: Wikipedia)

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L’origine de la tolérance de la pédophilie en France

C’est en pleine période de la réapparition de mes séquelles, une sorte de période anniversaire de crimes sexuels subis à mon adolescence, pendant l’automne notamment, que je ne peux m’empêcher de me poser des questions : « mais comment en est-on arrivé là en France ? ».

Il est difficile de supporter les souffrances dûes aux angoisses et aux réapparitions de souvenirs sans se poser des questions, sans mettre des mots sur ces douleurs insoutenables qui m’accompagnent chaque jour ces temps-ci, avec des troubles « secondaires » comme l’hypervigilence, les flashs, les attaques de panique, la tristesse, la colère, les troubles du comportement alimentaire, l’agoraphobie, les troubles de concentration, anxiété quasi permanente. Cela fait beaucoup à gérer. Aussi, je ressens le besoin de comprendre qu’est-ce qui fait que je me retrouve survivante de crimes sexuels, comme beaucoup d’autres personnes – plus de 2 millions de personnes en France (sondage AIVI – Axa 2008, le premier réalisé en France).

Pour donner une image de ce que je vis : imaginez un grand brûlé dont les brulures restent encore à vif et qu’il doive malgré cela vivre comme tout le monde.

Il a suffit que je fasse une recherche sur internet avec le terme « apologie de la pédophilie » pour avoir déjà beaucoup de noms de personnes, d’articles, de références pour confirmer qu’il y a vraiment un problème de taille, et pas seulement en France.

Dans l’article traitant de l’apologie de la pédophilie de Wikipédia, vous y trouverez dans la partie « France » :

– des écrivains,

– des maisons d’édition,

– un centre universitaire,

– une personnalité politique,

– des revues,

– une radio,

– des philosophes,

– des grands journaux,

– des poètes,

– des ministres,

– un parti politique, puis un autre,

Puis en allant de liens en liens, je remarque au passage que des pédophiles, en bons manipulateurs pervers, sont capables d’avoir fait une carrière dans suffisamment de journaux, télévisions, livres, avec des amis très proches du pouvoir, sinon au sein même du gouvernement, peuvent à la fois reconnaître publiquement, même encore aujourd’hui, qu’ils sont pédophiles et qu’ils préfèrent les vierges si possible, qu’ils ne se sentent toujours pas adultes même à l’âge de la retraite, tout en étant toujours pas inquiété, ni poursuivis, ni condamnés, donc pas d’enquête sur eux, sauf peut-être des Renseignements Généraux (?). Autrement dit, les aveux publics de pédophiles protégés restent dans l’impunité.

On peut se demander : « Mais comment est-ce possible ? ». Et c’est en continuant le surf de liens en liens sur internet, que je trouve à mon sens, l’origine de ce passage à la tolérance, dont je suis finalement l’une des nombreuses victimes survivantes. Il s’agit d’une vidéo, un reportage sur un chercheur et pédophile Alfred Kinsey que les pédophiles prennent comme référence pour justifier leurs crimes sur les enfants. Cette vidéo – très dure à regarder – révèle que ce chercheur a été financé par Rockefeller, qu’il a truqué ses recherches et qu’au final, ses « recherches scientifiques » n’étaient qu’un prétexte pour pouvoir à la fois commettre des crimes sur des enfants, mentir, et inciter d’autres adultes à abuser d’enfants, même en bas âge.

Je ne peux pas croire qu’une propagande financée par Rockfeller, n’ait pas pu arriver jusqu’en France. Au moins d’abord chez les pédophiles de l’intelligentsia française déjà pratiquant les crimes sexuels, leur but étant de faire du prosélytisme avec l’apologie de la pédophilie pour « contaminer » d’autres adultes susceptibles de devenir comme eux, puis de se fournir en nouvelles « chair fraîches »…

Autrement dit, en 1986, année à laquelle le désastre a commencé pour moi, il est fort possible que mon bourreau ait pu lire des articles parus dans la grande presse nationale française dans les années 70 et 80. En 1975, une émission de grande écoute « Apostrophes » de Bernard Pivot donne la possibilité à un pédophile écrivain – de journaux intimes – connu de parler de son livre qui décrit des viols. Cette époque était encore dans l’apologie de la pédophilie depuis la révolution sexuelle de 1968. Si on se réfère à l’article « apologie de la pédophilie » de Wikipédia, les débuts de l’apologie se situent à la fin des années 1960 et « un magazine qui soutient pédérastes et pédophiles » a pu exister en France de 1986 à 1993.

En tant que survivante, je suis en droit :

– de demander des explications sur le choix des médias et des gouvernements de l’impunité des pédophiles

– de demander des excuses publiques de l’Etat et des médias d’avoir participé à la « fabrication » de survivants comme moi car ils sont complices de la perpétrations de crimes sexuels sur les enfants

– de demander aux gouvernements de prendre toutes les mesures nécessaires pour que tous les pédophiles, jeunes, vieux, intellectuels ou pas, protégés ou pas, riches ou non, soient inculpés et enfin reconnus comme des bourreaux criminels et traités comme tels

– de demander que les écrivains faisant l’apologie de la pédophilie fasse l’objet de sanctions, car il n’est pas acceptable de laisser se répandre ce fléau, tout comme à travers les images

– de demander que tous les survivants soient respectés et soutenus dans toutes leurs démarches, besoins, qu’ils peuvent avoir du mal à assumer vu que les souffrances que cela engendre ont pour conséquences de sérieuses difficultés dans la vie entière.

– de demander la création d’un institut spécialisé concernant tous les aspects sur les survivants d’incestes et de pédophilie, regroupant les recherches scientifiques, les enquêtes, les soins, les formations aux professionnels de tous les milieux et en priorité pour les institutions, un pôle justice spécialisée, un pôle sur les loi à améliorer, et tout ce qui peut nous permettre à toutes et tous survivants de mieux vivre.

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Merci à tous mes lecteurs

Je voulais juste vous témoigner ma gratitude de venir visiter ce blog, de lire mon histoire et parfois d’écrire un commentaire, cela fait toujours plaisir. Tout simplement, merci !

CARTE

 

Country Views
France FlagFrance 913
United Kingdom FlagUnited Kingdom 64
Switzerland FlagSwitzerland 24
Canada FlagCanada 23
Belgium FlagBelgium 21
Guadeloupe FlagGuadeloupe 12
United States FlagUnited States 10
Algeria FlagAlgeria 9
Germany FlagGermany 7
New Caledonia FlagNew Caledonia 7
Réunion FlagRéunion 6
Spain FlagSpain 4
South Africa FlagSouth Africa 4
Brazil FlagBrazil 4
Tunisia FlagTunisia 4
Mayotte FlagMayotte 3
Italy FlagItaly 2
Russian Federation FlagRussian Federation 2
Korea, Republic of FlagRepublic of Korea 2
Martinique FlagMartinique 2
Cameroon FlagCameroon 1
India FlagIndia 1
French Guiana FlagFrench Guiana 1
Chile FlagChile 1
Belarus FlagBelarus 1
Romania FlagRomania 1
Sweden FlagSweden 1

Amnésie, divine amnésie

Mon amnésie partielle…

C’est un épisode de stress intense il y a quelques jours qui a fait ressurgir des angoisses et l’apparition d’une bribe de souvenir lorsque j’étais chez mon agresseur à 15 ans. Lorsqu’un souvenir précis est sur le point de revenir, avec des images, on ne se sent pas « dans son assiette », pas dans un état habituel. J’avais l’impression de tourner en rond chez moi, j’avais envie de pleurer sans y arriver, je ne savais pas ce qui se passait exactement et je cherchais à comprendre. Puis pendant le dîner une angoisse s’est vite transformée en début d’attaque de panique que j’ai réussie à identifier comme telle, et pu calmer avec un anxiolytique. Je communique par sms pour prévenir un ami, qui me demande si je sais pourquoi cette angoisse est apparue. J’ai répondu intérieurement : « oui, la lune ! ». [La nuit précédente c’était la pleine lune, je l’ai observée, j’avais remarqué comment elle éclairait la pièce de ma cuisine avec son rayon de lune.] C’est à ce moment précis que j’ai vu – comme si j’y étais encore : j’étais dans la chambre de mon agresseur qui dormait à côté de moi dans son lit, je ne pouvais pas dormir – comment le pourrais-je – et c’était une nuit éclairée par la pleine lune. Je n’ai pas pu fermer l’œil de la nuit. Sa fille ainée dormait dans sa chambre à l’étage du dessus de la maison, chambre dans laquelle j’aurais dû dormir cette nuit là puisque nous la partagions. Il me semble que ça devait être la première fois que je restais dans la chambre d’un homme toute une nuit, ce que je souhaite à aucun enfant, aucun-e adolescent-e. Ce marquage terrible m’empêche de pouvoir dormir la nuit, en particulier lorsque je suis chez moi, très souvent lorsque je suis ailleurs.

Suite à ce souvenir revenu, moi et mon agresseur dans sa chambre, je me suis vue visiter le rez-de-chaussée de sa maison.

Inutile de préciser que cet épisode m’a beaucoup perturbée, m’a fait pleurer, peur et fait revenir quelques séquelles qui avaient presque complètement disparu, en tout cas, étaient suffisamment atténués depuis quelques mois.

Le retour d’un souvenir, d’une image a toujours été très douloureux, aussi bien psychiquement que physiquement à la tête et au corps, à des endroits précis et différents.

[Je constate ce soir en écrivant, que je n’ai pas accès aux souvenirs exacts avec les images de la chambre de la fille ainée, ni la chambre du fils, c’est extrêmement flou, ni aucun élément de ce qui s’est passé avant, comment, ce que mon agresseur m’a dit pour que je dorme dans sa chambre avec lui ce soir là, mais il me semble – sans pourtant en être sûre – que ce soir là il n’a pas abusé de moi. Pourtant, en y réfléchissant,  ce ne serait pas logique qu’il me fasse dormir avec lui sans qu’il ne m’ait rien fait subir]

Wikipedia :

Amnésie

L’amnésie (du grec Ἀμνησία) est une perte partielle ou totale de la mémoire. État pathologique permanent ou transitoire, congénital ou acquis, il peut être d’origine organique (résultant de lésions cérébrales comme une tumeur, le syndrome de Korsakoff, un traumatisme crânien, un épisode anoxique ou ischémique, une maladie neurologique, l’absorption de certains produits ou médicaments type drogues de soumission), fonctionnel (troubles psychologiques comme le stress post-traumatique, une maladie psychiatrique) ou considéré en psychanalyse comme un mécanisme de défense contre l’anxiété ou contre l’angoisse de souvenirs douloureux.

La neuropsychologie étudie les cas de ces lésions au cerveau et les conséquences qui en découlent sur la mémoire : perte de certaines capacités, alors que d’autres restent intactes.

  • Amnésie antérograde (= amnésie de fixation) : l’amnésie antérograde porte sur les faits postérieurs à l’accident ou à la maladie qui l’a provoquée. Le sujet est dans l’incapacité de former de nouveaux souvenirs, il oublie les événements au fur et à mesure de leur déroulement. La situation est comparable à un ordinateur dont le disque dur est capable de lire toutes les données qu’il contient mais dont le mécanisme d’écriture défectueux empêche tout nouvel enregistrement d’information. Du latin anterior, placé avant. Antonyme : amnésie rétrograde, qui correspond à la perte du souvenir des événements qui ont précédé le traumatisme.
  • Amnésie rétrograde (= amnésie d’évocation) : déficit du rappel d’informations acquises avant l’épisode pathologique. Contrairement à ce qu’en laisse suggérer le cinéma, elle n’est jamais totale (la période couverte peut-être plus ou moins longue). Dans le cas de démences, une amnésie progressive s’installe en suivant un gradient de Ribot : les souvenirs les plus anciens sont généralement les mieux conservés (voir Loi de Ribot).
Two nice graffiti made by a prisoner on a butt...

Two nice graffiti made by a prisoner on a buttress of the Fontevraud Abbey, then inside the prison. A rich man, perhaps as rich as the prisoner wanted to be, and a pansy, the prisoner’s companion (pensée, in French, for pansy or thoughts). Fontrevraud-l’Abbaye, Maine-et-Loire, France. (Photo credit: Wikipedia)

(*) Amnésie, divine amnésie est tiré d’une chanson de Lou Saintagne

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Confrontation avec mon agresseur non reconnu comme un bourreau par la Justice

Deux fois, j’ai dû vivre une confrontation avec mon bourreau devant une juge.

Comment ça se passe ? D’abord lui a été entendu seul avec son avocat par la juge. Puis a eu lieu la confrontation. Lui était assis à droite, moi à gauche et à l’extrémité. Les chaises étaient disposé de telle façon que nous ne pouvions pas – ou presque pas – nous regarder lui et moi. De toute façon, mon corps ne pouvait pas le regarder, c’était juste impossible tellement je me sentais mal qu’il soit là.

Imaginez que vous avez l’obligation de vous retrouver dans la même pièce à nouveau avec votre bourreau, celui qui vous a détraqué, volé votre vie, votre enfance, celui qui est à l’origine de vos souffrances, vos angoisses, vos cauchemars, vos agoraphobies, enfin tous les troubles secondaires suites aux multiples viols sous emprise psychologique et « par personne ayant autorité », parce que lorsqu’on est enfant, on est facilement impressionnable par des adultes, facilement manipulable. Imaginez dans quel état on peut se sentir à côté de son bourreau. C’est un mélange de mal être, de peur, d’angoisse, de mal au ventre, d’envie de vomir, de partir en prenant les jambes à son cou, de hurler de douleur, de tension extrême, de sentir ses muscles raidis, d’avoir du mal à respirer, tellement mon corps avait mal et ne voulait pas de nouveau être en présence du bourreau. A cela s’ajoute la peur de n’être pas entendue, mal jugée, de dire des bêtises qui feront capoter toute la procédure – comme passer le bac puissance 10.

La juge a lu d’abord mes déclarations, elle m’a demandé si je confirmais. Ensuite elle m’a posé des questions. Ensuite elle a posé des questions à mon agresseur. Ensuite elle a demandé aux avocats s’ils avaient des questions à poser. Lors d’une confrontation, on n’est pas autorisé à se parler directement. On doit parler au juge uniquement. L’avocat de mon agresseur m’a posé une question, j’ai cru que c’était une question piège. La peur paralyse. Ensuite la juge nous a donné la retranscription des questions et réponses à signer. Puis nous sommes sortis de la pièce. J’ai cru que j’allais m’évanouir aux 2 confrontations…

Je me sentais extrêmement mal, ces 2 confrontations ont ravivé les troubles d’angoisses et d’insomnies, des flashs, j’ai mis plusieurs mois à m’en remettre à chaque fois. Cette épreuve est trop douloureuse et d’autres méthodes devraient exister afin de ne pas rouvrir les blessures. Ce genre de blessure est très difficile et très long à soigner. Il serait grand temps que la Justice française prenne réellement en compte les victimes, les respecte. Ce genre de traitement est inhumain. Et au fond, immoral. Car le soucis d’une société devrait être celui du bien-être des victimes afin qu’elles puissent se remettre autant que possible d’avoir subi l’équivalent de tortures d’êtres immondes, sans à avoir à se retrouver de nouveau dans la même pièce que son bourreau, surtout pour une justice qui n’existe presque jamais, à quoi ça sert ? Les survivants d’atrocités ne sont pas des masochistes.

Français : L'ancien bourreau (potence)

Français : L’ancien bourreau (potence) (Photo credit: Wikipedia)

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Protégé : La Liste

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Parfois il y a des perles pendant un procès d’assises…

1) Pendant que j’étais à la barre, l’avocat de la partie adverse me pose des questions pour essayer de me déstabiliser. Il fait son travail d’avocat…

Quand il a fini de poser ses questions, une question me démange, je dis à la Présidente :

– j’ai une question à poser mais je ne sais pas si c’est opportun que je la pose.

Elle répond :
– Posez votre question.

Moi hésitante et me demandant quelles allaient être les réactions :
– Je sais que l’avocat de la partie adverse fait son travail, mais est-ce qu’il sait que son client lui ment ?

Un ami dans le public m’a dit qu’il a vu l’avocat de la partie adverse bouche bée et regardant la présidente comme pour lui dire « au secours »…

La présidente m’a répondu que c’était de l’ordre du secret professionnel entre l’avocat et son client (pour résumer).
J’avais posé cette question car je me disais en moi-même : c’est pas juste, il cherche à me déstabiliser alors que son client lui ment…

&&&&&

2) Mon avocat pose une question à mon agresseur et lui répond :
– je ne pouvais pas matériellement violer cette fille, j’étais jamais chez moi, je travaillais comme un forcené, vous savez ce que c’est monsieur de travailler ?

Mon avocat (ironique) :
– non, je ne sais pas monsieur…

&&&&&

3) à propos de la lettre recommandée que mes parents ont envoyé à mon agresseur après ma fugue (les dialogues ne sont sûrement pas tout à fait exacts mais en substance) :

Mon avocat dit :
– Monsieur, avez-vous pris connaissance de cette lettre ?

Lui :
– Non.

Mon avocat :
– Dans vos déclarations, vous vous contredisez et nous avons le récépissé du recommandé avec la signature de votre femme et votre signature.

Lui :
– Ce n’est pas moi qui ait lu la lettre c’est ma femme qui me l’a lue. J’avais autre chose à faire, j’étais en train de tailler ma haie !

(NO COMMENT !!!)

&&&&&

4) Question de l’avocat adverse à mon experte psychologue :
– mais ne croyez-vous pas que ses déclarations peuvent être de l’ordre du fantasme ? (il parlait de moi)

L’experte psy :
– mais tout le monde a des fantasmes monsieur !!!

&&&&&

5) Mon agresseur :
– elle exprime ses souffrances et c’est bien. Mais moi aussi j’ai beaucoup souffert… On m’a enlevé la rate et j’ai eu un infarctus.

La présidente :
– Mais monsieur, si vous faisiez une crise cardiaque, vous ne seriez pas là en ce moment… Vous allez bien et vous êtes ici pour les faits qui nous préoccupent !!!

&&&&&

6) Perversité maximum. Le 1er jour, mon agresseur s’était habillé en costume bleu marine, genre chef d’entreprise. Et le 2ème jour, il était habillé d’un costume gris foncé mais il arborait une CRAVATE (gros nœud) d’un rose que je peux qualifier d’outrageusement « cochon » qui signait symboliquement ce que criait son inconscient et sa perversité (cravate = symbole phallique).

En conclusion sa cravate l’a cravaté et il est parti en prison avec ses santiags mais sans sa cravate de « cochon »… et il avait même pas pensé à amener un pyjama pour éventuellement dormir en prison, ce qui est extrêmement rare selon le gendarme présent pendant les 2 jours d’audience…

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Entre le verdict du 1er procès et la Cour d’Appel (procès numéro 2)

  • PROCÈS NUMÉRO UN :

Aux 5 questions qui ont été posées aux jurés : ils ont répondu oui (coupable).
L’avocat Général avait requis 10 à 12 ans de prison.
Les jurés ont décidé : 8 ans de prison ferme.

Donc enfin, la justice a reconnu que mon agresseur est coupable et que j’ai été victime.
Mon agresseur est en PRISON !!!

Maintenant il faut attendre 10 jours pour savoir s’il fait appel ou non…

J’ai encore du mal à réaliser complètement. Je me dis que les choses rentrent enfin dans l’ordre avec cette reconnaissance que j’ai bien été victime de viols de ce sale type.
Je ne suis pas euphorique non plus, mais plus légère oui.

Le lendemain du verdict, je me suis réveillée à 9h et je me suis dit : je me réveille je suis chez moi, mon agresseur lui s’est réveillé en prison. Et je me suis rendormie jusque 13h30.

Français : Intérieur de la prison de la Santé,...

Français : Intérieur de la prison de la Santé, Paris. (Photo credit: Wikipedia)

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Le calvaire avant d’arriver en Cour d’Assises

Je viens de lire le dernier post jusqu’au bout et je me suis dit que ce serait pas mal que je retrace mon parcours dans les méandres juridiques.

D’abord j’ai eu les coordonnées d’un avocat par une ancienne copine en 98, j’avais décidé de porter plainte. J’avais réuni pas mal d’éléments et j’ avais confié à cet avocat une partie de mon journal intime. Il disait s’occuper de rédiger et envoyer la plainte.
Quand je lui demandais s’il avait des nouvelles de la plainte, il me répondait que c’était long et qu’il fallait attendre et par la suite il m’a dit 2 fois que la plainte avait été perdue au tribunal…
Avec mon ami, nous sommes allés vérifier auprès du tribunal si il y avait une trace de cette plainte, il devait forcément en avoir une puisqu’elles sont toutes enregistrées avec un numéro ! Et là mauvaise surprise : aucune plainte enregistrée !!! Donc cet avocat m’avait menti. Je ne sais pas pour quelle raison.

Par la suite, j’ai voulu récupérer mes documents et mes journaux puisque je ne pouvais pas lui faire confiance, ça a été très difficile. Les rdv étaient annulés à la dernière minutes. J’ai dû faire appel à une association – Paris Aide aux Victimes – pour mettre la pression. Le juriste de l’association a été très efficace.
A cette époque j’étais en dépression grave donc hospitalisée pour dépression réactionnelle.
J’ai décidé de me déplacer quand même au cabinet pour récupérer ce qui m’appartenait, accompagnée.
Il a fallu faire un scandale et même que la police vienne pour obliger le cabinet à me rendre mes documents.

Ensuite, j’ai rédigé avec l’aide de mon ami une plainte que j’ai envoyé au procureur.
Il a fallu faire les démarches pour trouver un avocat qui accepte l’aide juridictionnelle, j’ai dû passer par le bâtonnier, l’ordre des avocats, et une journaliste pour trouver des coordonnées d’avocats.

1ere étape après la réception de la plainte : j’ai été entendu par la police à la brigade des mineurs. L’interrogatoire m’a semblé très long face à une jeune femme au ton froid qui posaient beaucoup de questions. J’avais l’impression d’être la coupable et sans intérêt.
Ensuite plusieurs personnes que j’avais citées ont été entendues.
Longue attente pour savoir le résultat.
Et le verdict a été le classement sans suite.

2eme étape : constitution de partie civile.
Donc c’était reparti pour un tour, d’autres auditions, avec en plus une confrontation avec mon agresseur.
C’était évidement une épreuve très douloureuse, aussi bien psychiquement que physiquement. 1h qui m’a parue une éternité en étant dans la même pièce que cette pourriture.
Ce qui m’avait paru étrange, c’était le déroulement. D’abord la juge qui m’a entendue en me posant des questions, puis elle pose des questions à mon agresseur, après elle demande aux avocats s’ils ont des questions. C’était donc une confrontation indirecte entre mon agresseur et moi. Je n’ai pas pu le regarder en face et lui poser des questions.
J’aurais aimé le déstabiliser mais j’étais tétanisée.
D’ailleurs en parlant avec ma thérapeute après, elle ne comprenait pas cette façon de faire, elle trouvait même qu’il aurait été bénéfique que la confrontation ait lieu en présence de mes parents.

Résultat : Non-lieu !
Les personnes supplémentaires auditionnées n’étaient pas les bonnes car elles ne pouvaient rien apporter dans le dossier vu qu’il s’agissait de personnes que mon agresseur a connu après l’époque des faits, une fois qu’il avait déménagé. Je doute de la compétence de la juge pour avoir fait une bourde pareille.
Le terme de Non-lieu est très inapproprié car non-lieu signifie aussi que ça n’a pas eu lieu… ça fait mal de le lire et de l’entendre.

3ème étape : Appel au Non-lieu et la Cour d’appel avec changement d’avocat.

J’ai eu la chance de pouvoir être reçue plusieurs fois par mon avocat (le 3ème) qui a pris le temps de bien m’expliquer et de m’aider à trouver d’autres noms de personnes qui pourraient être entendues.
Des souvenirs sont revenus parce que je faisais le plus d’efforts possibles, je me suis rendue compte d’ailleurs que ces efforts étaient très douloureux car une barrière, une forme d’amnésie, m’empêchait d’avoir accès à tous les souvenirs au point d’avoir mal au crâne, mal au ventre et d’avoir envie de gerber.
Dans cette nouvelle instruction, il y a eu une 2eme confrontation. L’horreur encore une fois. J’ai cru mourir sur place. J’avais envie de me suicider tellement la souffrance était insupportable de me retrouver dans le même endroit que mon bourreau.

Évidemment inutile de dire combien l’attente est difficile à vivre. J’ai toujours eu une moitié de mon cerveau occupé à cela, même quand je n’y pensais pas, c’était toujours là. Et ça l’est encore. Ce qui rend difficile la possibilité de travailler régulièrement par exemple.
Et à chaque fois, le retour des symptômes, ces fameux effets secondaires…

Et pour terminer sur une note positive : ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort !
YES !!!

Dernière épreuve maintenant qui m’attend : le procès en cour d’assises à Pontoise et je suis contente qu’il n’y ait pas eu de déclassement en correctionnelle (il en avait été question par la juge d’instruction !)

Texte écrit le 03 juin 2009

NB : entre la plainte écrite au Procureur de la République et le 1er procès qui a eu lieu en Cour d’Assises, il s’est passé 9 ans !

English: Lieutenant colonel Marie-Georges Picq...

English: Lieutenant colonel Marie-Georges Picquart, testifying at the Zola trial in Paris, 1898. Engraving in l’Illustration. Français : Croquis d’audience du lieutenant-colonel Marie-Georges Picquart, témoignant au procès d’Emile Zola (visible à gauche, de profil) devant la Cour d’Assises de la Seine à Paris en 1898. L’Illustration, gravure par Sabattier et Thiriat. (Photo credit: Wikipedia)

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Parler oui mais dans le vide ?

English: Part of the vault of the cloister, in...

English: Part of the vault of the cloister, inside the « Lycée Henri IV », Paris, France Français : Une partie de la voûte du cloître dans le Lycée Henri IV à Paris, France (Photo credit: Wikipedia)

La toute première personne qui aurait pu m’aider et faire en sorte que l’enfant que j’étais à 11 ans puisse être protégée, c’était ma grand-mère. Avant que le monstre commence ses saloperies sur moi, j’avais, sur un ton moqueur d’enfant, dit à ma grand-mère, qu’il me montrait une encyclopédie illustrée sur la sexualité. C’était un des signes avant que « ça commence ». Ma grand-mère n’a rien fait, rien dit. A personne. Ma grand-mère est décédée plusieurs années avant le procès. Ma tante a pu relater des paroles de ma grand-mère aux procès.

La prof de Latin et de Français de 4e et 3e avait remarqué que quelque chose n’allait pas puisque mes résultats avaient sérieusement chuté en 3e. Elle me donnait des cours de rattrapage de Latin. Elle avait cherché à savoir les raisons de mes difficultés en me posant des questions, elle avait aussi convoqué mes parents pour essayer de savoir. Cela n’avait rien donné. Je ne pouvais pas parler et mes parents n’avaient pas de réponse à lui apporter non plus. Elle n’a pas été entendue pendant l’instruction.

Lorsque mon bourreau a changé de région et que je suis revenue de ma fugue à 15 ans, je n’avais plus de contact ni physique ni oral avec lui. J’avais commencé à me confier à ma meilleure copine de 3ème redoublée mais à demi-mot, c’est en seconde que j’en ai parlé un peu plus ouvertement à ma meilleure amie du lycée. Avec le recule, je me dis que normalement, l’une et l’autre auraient pu se rendre compte de l’anormalité d’avoir eu au collège une « relation » avec un homme beaucoup plus âgé (c’est beaucoup plus tard que j’ai compris qu’il ne s’agissait pas de relation mais d’un crime). Elles auraient pu en parler à un adulte, comme l’infirmière du lycée par exemple. Mais non, silence… Ma copine F. de 3e a refusé de se déplacer pour témoigner lors du procès mais elle avait été entendue pendant l’instruction. Ma copine A.L. de seconde, lorsque je l’ai appelée après plusieurs années sans nouvelle de l’une ni de l’autre, elle m’a envoyée « sur les roses » en refusant tout témoignage. Pour elle c’était plus important de m’en vouloir parce qu’on s’était perdue de vue plutôt que d’essayer de condamner un pédophile et de faire en sorte qu’il ne recommence pas…

En 1ère, j’aimais bien la prof d’anglais Mme M. A cette époque j’écrivais un journal intime. Elle m’inspirait confiance et j’avais eu envie de lui faire lire une partie de mon journal. Après avoir lu, elle m’a dit qu’elle avait compris ce que j’avais vécu, qu’elle ne pouvait pas le garder pour elle et qu’elle en avait parlé au proviseur. J’ai été convoquée par celui-ci dans son bureau. J.T. (c’est comme cela que nous l’appelions entre nous) m’avait dit pendant cet entretien qu’il était désolé mais qu’on ne pouvait rien faire, mais par contre lorsque je rencontrerai une petite fille qui vivra la même chose, je pourrai lui venir en aide (!!!). Pas de suite donnée, pas de signalement, encore le silence… Le proviseur du Lycée de Sarcelles avait-il peur du scandale ? J.T. a refusé de témoigner. Par contre Mme M. a témoigné au deux procès.

J’ai compris un peu plus tard que toute l’équipe pédagogique devait être au courant puisque le prof de compta m’a fait comprendre qu’il était au courant un jour où il essayait de me faire la morale pour que je me remette au travail. En 1ère, j’avais laissé mes études partir à la dérive, je m’absentais souvent des cours, j’allais aux contrôles juste pour faire acte de présence et je donnais une feuille vide la plupart du temps au bout de quelques minutes pour sortir dans la cour ou aller voir l’infirmière.

L’infirmière D. était aussi au courant mais ne m’a jamais parlé ni incitée à lui parler sur ce que mon bourreau m’avait fait. Où est passé mon dossier médical ? Je n’ai jamais pu le récupérer afin de voir si quelque chose y était mentionné.

Ma gynécologue avait détecté quelque chose après un examen lorsque j’étais mineure. Elle aurait dû elle aussi agir auprès des autorités. Elle n’a rien fait. Je n’ai jamais pu récupérer mon dossier médical une fois adulte pour constituer les éléments de preuves pour le procès…

Mon médecin de famille a refusé de témoigner.

En 1ère je voyais un psy à Paris. J’étais encore mineure. Pas de signalement de fait. Mais il a témoigné par écrit, a été auditionné et a témoigné aux deux procès.

Ceremonial sword of french Commissaire de Poli...

Ceremonial sword of french Commissaire de Police (Superintendent).- Detail- (Photo credit: Wikipedia)

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Les hôpitaux psychiatriques

Sainte Anne

Sainte Anne (Photo credit: bpmm)

Avant d’atterrir dans un hôpital ou un autre, je suis passée par la CPOA de Sainte-Anne : Centre Psychiatrique d’Orientation & d’Accueil qui reçoit les urgences psy puis oriente.

Sainte-Anne à Paris

C’est en octobre 2000 à 25 ans que je découvre l’univers de la psychiatrie, j’étais dans un profond mal-être, je ne comprenais pas pourquoi j’allais aussi mal car je n’avais pas appris à mettre des mots sur ma souffrance d’antan ni fait de lien avec les séquelles. J’ai appris beaucoup plus tard, vers la fin de ma thérapie à médiation artistique en individuel avec Z. à la CMME de Sainte-Anne que cela faisait presque 15 ans que j’étais en urgence et que j’avais besoin d’une prise en charge spécifique après les traumatismes que j’avais subis.

La CMME est la Clinique de la Maladie Mentale et de l’Encéphale(1).

Lorsque j’y entre, je suis dépressive, angoissée, suicidaire, agoraphobe, et avec des troubles du comportement alimentaire, l’anorexie. J’avais lutté contre mes troubles le plus longtemps possible, sans comprendre ce que c’était, j’étais arrivée au bout du rouleau. Je ne pouvais plus cacher mon mal-être ni mes conduites d’évitement. Je me souviens avoir dit à une infirmière le 1er jour de mon hospitalisation que je ne croyais pas que quiconque puisse m’aider. Forcément, après avoir vu 2 thérapeutes dont l’un ne voulait pas que je parle du passé et qui me collait des pathologies sans prendre en compte que mes troubles étaient des troubles secondaires (comme des effets secondaires) suite à mon trauma, pour moi c’était foutu. Je ne voyais plus comme seule solution à mes souffrances : mourir.

J’y suis hospitalisée, à ma demande pour éviter de me suicider, et j’y reste jusque Noël. La meilleure chose qui m’y soit arrivée pour ne pas mourir, c’est d’y avoir rencontré ma thérapeute Z., qui avait compris, elle, de quoi je souffrais et pourquoi. Elle m’a appris à travailler sur l’estime de moi-même et pendant 5 ans nous avons, 2 à 3 fois par semaine, pu dégrossir tout ce qui me faisait souffrir à travers la peinture et la craie sèche.

Pendant ces 5 années, je suis retournée plusieurs fois pour y être hospitalisée, toujours à ma demande, pour éviter le pire : de me tuer, et pour retrouver un peu de sommeil.

J’ai eu droit à plusieurs traitements différents, du plus léger, anti-dépresseur et anxiolytique, somnifère, à d’autres substances chimiques plus fortes et qui auraient pu être évitées : les neuroleptiques. Imaginez un peu : survivre à un pédophile et comme vous vous trouvez en urgence, les médecins psychiatres vous psychiatrisent en vous collant des maladies avec des médicaments qui donnent de sérieux effets secondaires, plutôt que de traiter le trauma et les troubles secondaires, tout en doutant bien sûr de votre parole à propos des actes criminels que vous avez subi dans votre enfance.

J’y ai fait la connaissance du Dr D., une promotion canapé qui a essayé de faire en sorte de me faire changer de thérapie pour des motifs obscures (pourquoi pas de jalousie à l’endroit de ma thérapeute ?) afin de me faire passer d’une thérapie individuelle à une thérapie de groupe à médiation artistique. Or, je n’ai jamais pu m’exprimer librement dans une thérapie de groupe, ce qui est plutôt logique car comment voulez-vous vous exprimer après avoir fini votre dessin devant d’autres patients sur des sujets très personnels, voire parfois intimes ?

Dans cet établissement qui m’a quand même sauvé du suicide, j’y ai vu des patients avec des troubles différents : insomniaques, dépressifs, angoissés, anorexiques, boulimiques, suicidaires, bipolaires, des « baby blues », quelques gentils dingo aussi. A cette époque, j’étais loin de m’imaginer ce que je verrais à Villejuif et Gonesse, bien que par la fenêtre de la CMME, nous pouvions voir dans le jardinet voisin, des êtres que je trouvais assez étranges. Certains d’entre-eux avaient le droit d’aller à la cafétéria de l’hôpital qui avait parfois des allures de cour des miracles.

J’ai réappris très progressivement à reprendre goût à la vie, aux petites activités avec l’ergothérapie, à gérer mon agoraphobie, à sortir, à manger, à lire, à veiller à aller bien, à prendre soin de moi, à lutter contre mes « flashs » du passé envahissants, à avoir de l’estime de moi-même, à ne pas tout accepter, à mettre des mots, à dire les choses, à comprendre sur moi-même et sur les autres.

Paul Guiraud à Villejuif 

– Hôpital de jour

– mi-temps

– Temps complet

– CATTP – Centre d’accueil thérapeutique à temps partiel

– CMP – Centre Médico-Psychologique

J’ai été dans 4 secteurs de cet hopital : 2 temps complet, un mi-temps (vous y dormez et chaque matin vous sortez), 2 fois en hôpital de jour (vous arrivez le matin, vous faites des activités dans le service, vous déjeunez sur place, puis vous rentrez chez vous en fin d’après-midi). J’ai aussi été au CATTP pour des activités artistiques et sorties, et au CMP de Cachan.

J’y ai côtoyé des gens très différents avec des pathologies très variées, allant du dépressif au schizophrène, en passant par des gens qui avaient commis des tentatives de meurtre, ou des « dégénérés » dangereux, « attardés » gentils, de toutes les sortes qui faisaient une vraie cour des miracles lors des sorties à la cafétéria de l’hôpital.

Cet hôpital n’était pas toujours très rassurant, j’y ai entendu plusieurs fois des histoires de vol, de violence, de viol même, mais je m’y suis quand même sentie moins en danger qu’à Gonesse.

Lors de mon dernier séjour, toujours à ma demande pour éviter de me suicider – car j’étais au bout du rouleau après avoir vécu le 1er procès contre mon bourreau, puis attendu le 2eme procès en appel, je venais d’apprendre que le 2eme procès était reporté de novembre 2010 à fin janvier 2011. Il faut savoir que les nombreuses attentes interminables de la justice créent aussi beaucoup de souffrance, d’angoisse et de tristesse. Vous vous retrouvez à ne pas pouvoir vivre votre vie pleinement car au final, vous avez constamment une partie de vous-même toujours pré-occupée par cette attente interminable au point d’avoir la sensation que vous avez une moitié de cerveau prise par cela, donc il vous reste une moitié de cerveau pour tout le reste : une moitié de cerveau pour votre vie.

Je me souviens pendant ce séjour hospitalier où je me concentrais sur mon sommeil, la récupération de mon bien-être en prenant le temps, avec l’aide de quelques infirmiers assez sympas et pas trop chiants ni répressifs, d’avoir vécu un sacré clash avec une infirmière qui aurait mieux fait d’être flic. Un soir, elle fait un remplacement alors qu’elle travaillait dans le secteur du dessus. Elle avait plutôt mauvaise réputation chez nous. Elle accuse un patient pour une histoire de cigarette. Puis elle décide d’une punition collective : tous privés de clope. A plusieurs, nous nous rebellons, râlons. Et elle se met à me hurler dessus et à nous menacer d’autres punitions. Je lui ai rétorqué que puisqu’elle avait décidé de punir tout le monde de façon injuste, que j’irai fumer dans ma chambre, que cela lui plaise ou non. Ce que je fis. Elle a déboulé dans ma piaule, m’a sautée dessus, empoignée violemment pour essayer de me forcer à lui donner la cigarette allumée. J’ai résisté et tenu bon et lorsqu’elle était sur le point de me prendre la cigarette, je l’ai jetée par terre en lui disant : « voilà, à force de faire le flic, vous n’avez plus qu’à aller ramasser, vous ne valez pas plus que ça ! »

Le soir même, ils ont appelé le médecin de garde, je suis convoquée dans le bureau. J’explique les faits au médecin et je lui fais savoir que ce ne sont pas des pratiques normales d’avoir recours à des punitions collectives quand on a rien fait de mal. L’entretien se termine, donc je sors, à priori sans conséquence puisque le médecin n’a pas dit grand chose. Le lendemain matin, au moment de prendre chacun notre traitement habituel, je me rends compte qu’on y a ajouté un petit liquide bleu ou vert avec mon nom. J’ai fait remarqué que cela ne fait pas parti de mon traitement habituel, que je n’ai pas été prévenu d’un changement ni des raisons et que donc j’étais en droit de refuser ce petit liquide supplémentaire. Des négociations s’engagent mais je fais valoir mon droit et ils acceptent que je ne le prenne pas.

Si j’avais accepté de prendre ce médicament supplémentaire assez puissant (je ne me souviens plus du nom de ce psychotrope), j’aurais encore eu droit à des effets secondaires. Pour une histoire de petite rébellion contre une punition collective, je trouve ça plutôt abusif et anormal. Suite à cela, j’avais demandé à rencontrer le chef de service pour lui faire part de cette pratique. Il avait fini par dire qu’il ne m’imaginait pas rester longtemps hospitalisée. Il avait raison sur ce point et se montrait compréhensif et respectueux contrairement à l’infirmière boutonneuse. Je suis restée 3 semaines.

La durée de mon séjour aurait pu être écourtée si l’homme que j’aimais à cette époque et qui soit-disant m’aimait, était venu me voir, s’il avait pris de mes nouvelles, s’il avait donné des nouvelles de lui, s’il m’avait appelé, et non rejetée. Au contraire, j’ai dû supporter son silence radio pour la simple raison que j’étais hospitalisée et j’ai appris indirectement que selon lui, mon hospitalisation était du chantage contre lui.

La pratique de l’art-thérapie. J’ai connu cette pratique aussi à l’hôpital de Villejuif, mais en réalité, il s’agit plus de thérapie occupationnelle que d’art-thérapie à proprement parler. En effet, je n’ai pas constaté de traitement thérapeutique ni analytique associé aux dessins, peintures, sculptures que j’y ai fait. Pas me concernant en tout cas, ni d’autres patients que j’ai pu observer. S’occuper est une bonne chose, mais pouvoir faire une thérapie analytique à médiation artistique pour aller mieux est encore mieux. Ce qui m’a très étonnée dans l’art-thérapie de cet hôpital, c’est de devoir accepter, au prétexte d’utiliser du matériel pour peindre, dessiner, créer, que mes œuvres ne m’appartenaient pas mais appartenaient à l’hôpital. Je ne vois pas pourquoi le fait d’être un patient qui peut avoir perdu ses capacités intellectuelles, au moins en partie, que ce soit sur un court, moyen ou long terme, devrait renoncer à ses droits comme son droit d’auteur par exemple (cf les lois du Code de Propriété Intellectuelle). L’hôpital et le CATTP (Centre d’accueil thérapeutique à temps partiel) organisent chaque année une exposition des œuvres des patients. Elles sont mises en vente et exposées au Théâtre de Cachan. Les « artistes » ou plutôt devrais-je écrire, les patients qui vendent leurs œuvres au public, ont le droit de toucher un pourcentage. L’autre partie de cet argent étant destiné à acheter du matériel pour que les patients puissent continuer de créer, comme il m’a été expliqué pendant mon 1er séjour. Donc, si vous faites des peintures ou des dessins, d’un point de vue légal, elles vous appartiennent, mais vous n’avez pas le droit de les emmener avec vous, pour vous, chez vous. Ce fonctionnement particulier, m’a donné l’impression d’être utilisée comme faire-valoir pour les activités de l’hôpital. Peut-être aussi pour les subventions. J’ai entendu parler d’un fond d’art d’œuvres qui y ont été réalisé par des patients depuis très longtemps et qui ont une grande valeur financière. Cette pratique n’est pas à ma connaissance utilisée par la CMME ni l’hôpital Sainte-Anne, fort heureusement.

Centre hospitalier de Gonesse

Cet hôpital m’a semblé être celui qui contenait le plus de personnes « légumes » et violentes, en tout cas à mes yeux. Des 3 hopitaux, c’est celui que j’ai trouvé le plus déprimant, répressif et loin de tout. J’y suis restée que quelques jours car je sentais que ce n’était pas un endroit qui pourrait m’aider, je m’y sentais en danger.

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(1) La Clinique des Maladies Mentales et de l’Encéphale (CMME), née en 1877 est la première chaire de psychiatrie à la faculté de médecine.

Ce service hospitalo-universitaire est rattaché à la faculté de médecine Cochin-Port Royal.

La CMME est un service de psychiatrie non sectorisé, pour adultes, qui comporte trois unités d’hospitalisations spécialisées (l’une dévolue aux troubles du comportement alimentaire, une unité pour les troubles de l’humeur et une unité d’accueil de patients suicidants).

Outre les traitements médicamenteux, de nombreuses techniques et approches thérapeutiques sont proposées :

  • Luminothérapie,
  • Techniques de privation de sommeil,
  • TMS, …

Des psychothérapies variées y sont pratiquées :
Psychothérapies cognitivo-comportementales, psychothérapies psychanalytiques, psychothérapie à médiation artistique , psychothérapies corporelles, individuelles et en groupe. Il existe de plus des groupes d’information destinés aux patients et/ou à leurs familles, notamment dans le domaine des troubles du comportement alimentaire et de certains troubles de l’humeur.

Le Centre d’Etude de l’Expression : Association en lien avec l’unité des thérapies à médiation artistiques, qui a 4 missions : Formation, Documentation, conservation et valorisation de la collection Sainte-Anne.

Sainte Anne

Sainte Anne (Photo credit: Jean Morand)

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Protégé : Ma rencontre avec un Pervers Narcissique

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Mon 1er avocat qui me ment

Lorsque je décide en 1998, avec le soutien de mes proches, de déposer plainte contre mon bourreau, je suis d’abord en recherche d’un bon avocat qui accepte l’aide juridictionnelle puisque je n’avais pas les moyens financiers et puisque les victimes y ont droit. J’en parle à une amie qui se renseigne auprès d’une amie, laquelle me recommande un avocat à Argenteuil qu’elle a eu comme prof en cours à l’université. Cet avocat devait donc être sérieux à priori. Je rencontre Maître R. Il me pose des questions bien sûr et je lui explique mon histoire, avec des difficultés puisque c’est toujours douloureux d’en parler. Je le revois plusieurs fois, il me dit qu’il souhaite lire mon journal intime que je tiens depuis quelques années afin de pouvoir trouver des éléments et les utiliser. Je lui apporte donc plusieurs cahiers et dossiers de mon journal. Il me dit qu’il s’occupe d’écrire la plainte et de l’envoyer, qu’il fallait ensuite attendre et que l’attente était extrêmement longue, qu’il ne fallait pas m’inquiéter.

Des mois passent, je le recontacte pour savoir où cela en est. Pas de nouvelles. Je prends rdv et lors de cet entretien il m’apprend que la plainte a été perdue mais qu’il s’occupe de tout renvoyer. En 2000, ma santé se détériore un peu plus qu’avant. Rien ne se passe avec la plainte, ni le tribunal et par trois fois en 2 ans, l’avocat me redit que la plainte s’est perdue au tribunal. Mon compagnon se renseigne directement au tribunal de Pontoise pour savoir si une plainte a bien été déposé car même en cas de perte, il est impossible qu’il n’y ait pas de trace. Le tribunal nous apprend qu’AUCUNE plainte, ni courrier n’a été envoyé par Maître R. pour mon affaire !

Nous prenons rdv avec lui. Nous sommes en octobre 2000.

Accompagnés par mes parents, nous nous présentons au rdv. En chemin, le secrétariat nous prévient que le rdv est annulé. Nous nous y rendons quand même.

Mon avocat n’est pas là. Sa femme oui. Nous lui demandons de me restituer mes journaux intimes. Elle refuse et nous demande de partir. Nous restons et devant son insistance et sa violence – sans doute avait-elle peur mais de quoi ? – nous appelons le commissariat en expliquant ce qui se passe et ce que nous sommes venus faire : reprendre mes journaux intimes.

Devant les policiers qui se sont déplacés et lui expliquent qu’elle doit me rendre mes cahiers et dossiers, elle cède.

En chemin, je m’aperçois qu’il manque un cahier rose saumon très important. C’était celui dans lequel je décrivais les faits. J’avais trouvé la force de les écrire pour m’en débarrasser. Il n’y est plus. Cela me fait beaucoup souffrir.

Je suis partie de ce cabinet d’avocats avec un sentiment d’avoir été trahie, volée, piétinée. Je découvrais alors à 25 ans que des avocats pouvaient se comporter comme des ordures, vous mentir et vous voler une partie de vous-même.

Je ne sais toujours pas aujourd’hui pourquoi cet avocat n’avait pas fait le nécessaire et pourquoi il m’avait menti pendant 2 ans, ni pourquoi il ne voulait pas me rendre mes journaux intimes et encore moins ce qu’est devenu ce cahier à la couleur rose saumon.

Avec mon ami, nous avons décidé de ne pas en rester là. Nous avons dénoncé ces agissements auprès du Conseil de l’Ordre des Avocats qui a demandé des explications à Maître R. et c’en est resté à ce stade, malgré le témoignage des 2 policiers présents. Aucune sanction ni réparation. De leur côté, la femme a essayé de nous poursuivre avec comme faux-prétexte son petit doigt abîmé. Un mensonge de plus…

Il ne restait plus qu’à envoyé un courrier au Procureur de la République pour déposer cette plainte. Ce que mon ami m’a aidée à rédiger. Nous étions encore dans les temps. Ensuite il fallait que je trouve un/e autre avocat-e pour me défendre, mais comment trouver une personne de confiance ?

Je me demande aujourd’hui si cet avocat n’est pas tout simplement un consommateur d’enfants qui avait décidé de faire en sorte que le délai de la prescription soit passé afin de protéger un autre pédophile, sinon pourquoi m’avoir menti en me faisant croire que la plainte était perdue au tribunal, ne pas faire le nécessaire et pourquoi refuser de me rendre mes cahiers intimes sinon pour empêcher de mener à bien une instruction avec des éléments pouvant se trouver dans mes écrits ? Et pourquoi, alors que je lui avais expliqué qu’à cette époque j’avais une phobie des couteaux, faisait-il exprès de jouer avec son coupe papier devant moi, si ce n’est par sadisme ? C’est vrai au fond, quel était son mobile pour faire en sorte que mon bourreau ne soit pas poursuivi, interrogé, qu’il n’y ait pas d’enquête… ?

NB : Avis aux enquêteurs, services de police, je suis toujours à la recherche de mon cahier moyen format (plus petit que le A4), de couleur saumon, à spirales, et élastique pour le fermer.

English: Caractacus at the Tribunal of Claudiu...

English: Caractacus at the Tribunal of Claudius at Rome Engraving by Andrew Birrell of a painting by Henry Fuseli Original is a D size print. (Photo credit: Wikipedia)

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Lettre morte aux Sénatrices et Sénateurs : « PLAINTE AUPRES DU PARQUET » 2012

Madame la Sénatrice, Monsieur le Sénateur, je vous envoie cette plainte au nom des 70.000 victimes de viol qui ne portent pas plainte chaque année, pour que justice et réparation leur soient rendues. Pas de justice, pas de paix !

PLAINTE AUPRES DU PARQUET.

MOTIF : VIOLS

Paris, le 1er mars 2012

Je suis né-e d’un viol.
Enfant, j’ai été violée par mon père. Mon cousin. Mon voisin. Mon frère.
Adolescente, j’ai eu un premier rapport sexuel que je ne désirais pas.
D’autres ont suivi et je ne me posais même plus la question de mon désir.
Adulte, j’ai été harcelée, agressée, battue, violée.
J’ai été violée en passant, parce que j’étais là, parce que j’étais bien habillée, parce que j’étais sexy, ou pas assez, ou trop, parce que j’étais, tout simplement.
Mon mari m’a violée, et on a appelé cela le devoir conjugal.
Dans le monde, au moins une femme sur trois est victime de violences sexuelles au cours de sa vie. Ce sont chaque année des millions de femmes qui sont violées, leurs vies brisées.
Le viol est un crime.
En France, chaque année, environ 75.000 femmes et au moins autant d’enfants sont violés.
Chaque année en France plus de 90% des victimes ne portent pas plainte. Soit…70.000 ou plus de 150.000 si on compte les mineurs.
Chaque année en France moins de 1 500 condamnations pour viol sont prononcées. Cela laisse des milliers de criminels en liberté qui recommencent en toute impunité…

Tous les jours dans notre pays, dans les tribunaux, dans les médias, dans les commissariats de police ou les cafés du commerce, on excuse l’agresseur et on blâme la victime : elle invente, elle est mytho, elle est jeune, elle est belle, elle est moche, elle était provocante, elle l’a bien cherché, elle avait bu, pris de la drogue, des médicaments, elle est sans papiers, elle est prostituée, elle était sa petite amie, elle est de la famille, c’est là où elle travaillait, elle n’avait qu’à pas être là, elle a dit seulement non et pas non non non, elle n’a pas porté plainte assez vite, elle a l’air folle, elle est paumée, elle veut se venger, elle est intéressée, elle est lesbienne, elle veut seulement se faire remarquer, elle a déjà menti dans sa vie, etc, etc, etc…
Je suis l’une d’elles. Je suis toutes les autres.
Nous sommes des centaines de milliers.
-Aujourd’hui je porte plainte, je porte 70 000 plaintes pour cette année, au nom de toutes.
-Aujourd’hui j’exige que la justice de mon pays réalise enfin le caractère massif de ce crime.
-Aujourd’hui j’exige que la justice de mon pays reconnaisse enfin la gravité absolue de ce crime.
-Aujourd’hui j’exige que la justice de mon pays enquête enfin sur la matérialité des faits et plus sur les victimes, qu’elle poursuive enfin les agresseurs au lieu de les excuser.
-Aujourd’hui j’exige que les institutions de mon pays mettent en place tous les moyens possibles et imaginables pour assurer notre droit à vivre sans violences sexuelles et pour que justice et réparation nous soient rendues.

Post-Scriptum de mon histoire personnelle : mon bourreau a été acquitté en 2011 par le Tribunal de Nanterre en appel alors qu’il devrait purger une peine de X ans ferme – décision du Tribunal de Pontoise en 2009. Je me bats depuis 2000. Je suis morte. Je survis. C’est le parcours du combattant qui n’aboutit qu’à une chose : l’impunité pour les criminels de viols. La Cour de Cassation : Rejet. Au civil : Rejet. Alors même que les 2 tribunaux ont reconnu que j’ai bien été VICTIME. Au nom de la Justice en laquelle je croyais, j’ai tout perdu. Mon bourreau m’a volé mon enfance, mon adolescence, mon honneur et ma dignité. Le Tribunal de Pontoise m’avait redonné mon honneur et ma dignité, le Tribunal de Nanterre, son Président et l’avocate T. de la Partie adverse, non seulement m’ont repris mon honneur et ma dignité, mais ils ont aussi assassiné les Droits de l’Enfant pendant le procès en appel de Nanterre. J’ai porté une procédure monstrueuse pendant plus de 10 ans. Nous sommes non pas des milliers, mais des MILLIONS de victimes de crimes sexuels sur plusieurs générations. Que faites-vous ? Où êtes-vous ? A quoi servez-vous ?

Pour votre culture, merci de bien vouloir prendre le temps d’écouter et de prendre connaissance de ce qui vous sera utile dans votre combat près de nous, si vous avez un peu de courage et de coeur, mais rassurez-vous, vous n’aurez pas en écoutant une émission à supporter ce que moi et les survivants avons supporté : http://88.191.151.104/backup//mercredi/mercredi_1830/mercredi_1830.mp3

PAS DE JUSTICE = PAS DE PAIX !
[pour la petite histoire, lorsque j’avais envoyé des mails en nombre aux députés et sénateurs sur le MES (Mécanisme Européen de Stabilité), j’avais reçu quelques réponses. Sur ce sujet : ZERO REPONSE !!! Donc je l’appelle Lettre Morte.]

Mon père, mon inconnu

Qui es-tu,toi qui a vécu deux guerres
abandonné par ta mère
qui vécu 4 ans « enfant de la DASS »
les bombardements de Lorient
toi qui a été recueilli et qui a grandi dans une famille que je n’ai pas connue

qui es-tu, où sont tes traces, tes amis, tes rêves, ta place

toi qui parle si peu
toi qui fait de tout un secret
qui a tant travaillé pour une petite retraite
qui a si peur de faire scandale
qu’une parole se retourne contre toi

qui es-tu, toi qui a fait la guerre d’Algérie
et qui n’en dit rien
toi qui garde les blessures profondes cachées
toi qui a sacrifié ta fille pour ton travail
toi qui part si souvent te promener à la Défense
pour rendre visite à des familles de chats

qui es-tu, toi qui ne veut pas savoir tes origines
qui m’a fait grandir dans le silence
après m’avoir appris à parler

qui m’a mise en danger

après m’avoir appris l’affection d’un papa
qui m’a appris à conduire
avant de me donner envie de me jeter dans un ravin

qui es-tu, toi mon père que j’ai tellement aimé
comme tous les enfants aiment leurs parents
d’un amour innocent et d’admiration
de dévotion, de croyance
et de confiance

qui es-tu, qu’as-tu fait de moi
qui t’ai toujours cherché
qui ne t’ai jamais trouvé
qui n’ai jamais pu te parler
pour te comprendre et pour apprendre

où est ma place aujourd’hui
au milieu de tous ces tableaux
de toutes ces feuilles griffonnées
de tous ces personnages inventés
de toutes ces photographies
toutes ces traces qui ne me diront jamais
qui tu es, toi, mon père.

The shipwreck in Act I, Scene 1, in a 1797 eng...

The shipwreck in Act I, Scene 1, in a 1797 engraving based on a painting by George Romney (Photo credit: Wikipedia)

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Jusque ta dernière danse – Poème

Ah tes larmes séchées
T’ont révélé
Ton lourd secret partagé
Ah où sont les mots
si crus si gros
qui font gémir ton coeur
de phrases-couteaux
Et tu regardes ta bague
ton nom
Un amour escapade
Un visage d’escalades
un gosier outrancier

Jusque ta dernière danse

Ah bouche fermée
mains serrées
tes coups brassent des nuées
Ah ton audace
Dans le noir
A combattre avec fierté
Les monstres offensés
tu les as tourmenté
Mais tu restes dressé
Prêt à frapper
Porte le casque !
Continue de battre le fer !
En avant chevalier

Jusque ta dernière danse

 

04 février 2013

 

Winter's Tale, Act II, scene III, (engraving a...

Winter’s Tale, Act II, scene III, (engraving after Opie for the Boydell Shakespeare Gallery) (Photo credit: Wikipedia)

 
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La CIVI : conclusions suite à l’appel du fonds de garantie

Assignation devant la cour d’appel portant signification de conclusions en date du 21 janvier 2011

(Greffe 29 septembre 2010)

———————————-

Déclaration d’Appel

Devant la cour d’appel de Versailles

de la décision n°10/16 rendue par la commission d’indemnisation des victimes d’infractions du tribunal de grande instance de Pontoise en date du 02 septembre 2010

1- FONDS DE GARANTIE DES VICTIMES D’ACTES DE TERRORISME ET D’AUTRES INFRACTIONS Organisme institué par l’article L 422-1 du Code des Assurances, agissant poursuites et diligences de ses représentants légaux domiciliés en cette qualité au siège 64 rue Defrance 94300 VINCENNES

APPELANT

Pour lequel domicile est élu en l’Etude de la S.C.P. JUPIN & ALGRIN Avoués associés, société titulaire d’un office d’Avoué près la Cour d’Appel de Versailles, 3 rue de Marly 78000 Versailles laquelle se constitue et occupera pour lui sur le présent appel qui a pour objet l’annulation, l’infirmation ou la réformation de la décision de première instance.

déclare par la présente interjeter appel de la décision ci-dessus à l’encontre de :

1- XXXXXXXXXXXXXXX

2- Monsieur le PROCUREUR GENERAL représentant le Ministère Public COUR D’APPEL DE VERSAILLES 5 rue Carnot 78000 VERSAILLES

———————————————

COUR D’APPEL DE VERSAILLES

3ème Chambre R.G. 10/07316

Déposées le 21/01/2011

CONCLUSIONS

POUR :

FONDS DE GARANTIE DES VICTIMES D’ACTES DE TERRORISME ET D’AUTRES INFRACTIONS 64 rue Defrance 94300 VINCENNES Organisme institué par l’article L 422-1 du Code des Assurances, agissant poursuites et diligences de ses représentants légaux domiciliés en cette qualité au siège

APPELANT

Pour lequel domicile est élu en l’Etude de la S.C.P. JUPIN & ALGRIN Avoués associés, société titulaire d’un office d’Avoué près la Cour d’Appel de Versailles, 3 rue de Marly 78000 Versailles, Avoué constitué

Plaidant par Maître XXXXX du barreau de Versailles

CONTRE

XXXXXXXXXXXXXXX

INTIME

EN PRESENCE DE :

Monsieur le PROCUREUR GENERAL représentant le Ministère Public

INTIME

————————————-

IL PLAIRA A LA COUR

Statuant sur l’appel régulièrement interjeté par le FONDS DE GARANTIE à l’encontre de la décision rendue le 2 septembre 2010 par le Président de la Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions près le Tribunal de Grande Instance de Pontoise,

RAPPEL DES FAITS ET DE LA PROCEDURE ANTERIEURE

De 1987 à …., Mademoiselle XXXXXXXXXXX, née le XXXXXXXX, aurait subi des faits de viol alors qu’elle était mineure de 15 ans, commis par XXXXXXXXXX.

Par arrêts criminel et civil rendus le 16 octobre 2009, la Cour d’Assises du Val d’Oise a :

– déclaré Monsieur XXXXXXXXXXXX coupable des faits reprochés ;

– l’a condamné à une peine de 8 ans d’emprisonnement ;

– alloué à mademoiselle XXXXXXXXXX la somme de 30.000 euros en réparation de son préjudice moral ;

– alloué à mademoiselle XXXXXXXXXXXX la somme de 3.000 euros au titre de l’article 375 du CPC.

Par requête enregistrée le 1er juillet 2010, Mademoiselle XXXXXXXXXX a saisi la Commission D’indemnisation de Pontoise et sollicite l’allocation d’une indemnité provisionnelle de 25.000 euros à valoir sur son entier préjudice.

Le FONDS DE GARANTIE s’est opposé à cette demande de provision.

Par jugement rendu le 2 septembre 2010, la Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions de Pontoise a alloué à Mademoiselle XXXXXXXXXXX une indemnité provisionnelle de 10.000 euros à valoir sur son indemnisation définitive.

Le FONDS DE GARANTIE a interjeté appel de cette décision et saisi la Cour de céans.

————————————–

DISCUSSION

Attendu que le FONDS DE GARANTIE critique la décision entreprise en ce qu’elle a alloué à Mademoiselle XXXXXXXXXXXX la somme de 10.000 euros à titre provisonnel.

Qu’il s’oppose à toute allocation de provision.

Attendu que pour allouer la somme de 10.000 euros à titre provisionnel à Mademoiselle XXXXXXXX, le Président de la Commission d’Indemnisation a estimé que les arrêts du 16 Octobre 2009 constituaient des éléments suffisants pour considérer que Monsieur XXXXXXX avait bien commis à l’encontre de Mademoiselle XXXXXX les faits qui lui étaient reprochés.

Que ceux-ci justifieraient donc l’allocation d’une indemnité provisionnelle de 10.000 euros.

Mais attendu qu’il faut absolument rappeler que Monsieur XXXXXXXXX a interjeté appel de l’arrêt criminel et de l’arrêt civil rendus le 16 octobre 2009 par la Cour d’Assises du Val d’Oise.

Que le Ministère Public a également fait appel incident.

Attendu que Monsieur XXXXXXXXXX a toujours nié les faits qui lui étaient reprochés.

Qu’il est tout à fait possible que la Cour d’Assises des Hauts de Seine, statuant en appel, estime qu’il n’a pas commis d’acte de pénétration sexuelle par violence, contrainte et surprise sur la personne de Mademoiselle XXXXXXXXXXX.

Que ceci aurait de nécessaires répercussions sur le préjudice de Mademoiselle XXXXXXXXXX qui serait, de fait, dominué.

Que dès lors, les arrêts criminels et civils du 16 octobre 2009 ne sauraient justifier à eux seuls une provision de 10.000 euros à valoir sur le préjudice de Mademoiselle XXXXXXXXXXX

Qu’il y a lieu en l’état de débouter Mademoiselle XXXXXXXXXX de toute demande provisionnelle, et ce, dans l’attente des arrêts criminel et civil à intervenir devant la Cour d’Assises des Hauts de Seine statuant en appel.

Qu’en effet, il n’y a aucune urgence s’agissant d’un préjudice personnel.

Attendu en effet qu’il s’agit d’une demande de provision et non pas d’une demande de liquidation du préjudice.

Que dès lors, un sursis à statuer n’est pas nécessaire

Qu’il appartiendra à Mademoiselle XXXXXXXXXXX de saisir à nouveau le Président de la Commission sur les arrêts à intervenir si ceux-ci le lui permettent ou directement la Commission d’Indemnisation en liquidation de son préjudice.

Attendu que dans ces conditions, la Cour infirmera la décision entreprise et déboutera Mademoiselle XXXXXXXXXX de sa demande provisionnelle.

PAR CES MOTIFS

Déclarer recevable et bien fondé le FONDS DE GARANTIE en son appel ;

Infirmer la décision entreprise en toutes ses dispositions ;

Débouter Mademoiselle XXXXXXXXXX de sa demande d’indemnité provisionnelle ;

Délaisser à sa charge le TRESOR PUBLIC les entiers dépens d’appel au profit de la société JUPIN & ALGRIN, titulaire d’un office d’Avoué près la Cour d’Appel, qui pourra les recouvrer dans les conditions de l’article 699 du C.P.C.

SOUS TOUTES RESERVES

Signature

————————————

Français : Ancienne salle de la cour d'appel. ...

Français : Ancienne salle de la cour d’appel. Palais du parlement du Dauphiné – Grenoble (Photo credit: Wikipedia)

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5 jours pour se pourvoir en cassation : mon mémoire qui dénonce des faits lors du déroulement du procès en appel

Le 02/02/11

Mémoire pour Pourvoi en Cassation

Affaire XXXXXXX contre XXXXXXX
Objet : demande de pourvoi en cassation

Monsieur le Procureur de la République,

Je soussignée XXXXXXXXXXXX, me permets de porter à votre connaissance les faits suivants afin de vous demander le pourvoi en cassation du procès en appel intervenu le 28 janvier 2011 au Tribunal de Nanterre dans l’affaire qui m’opposait à monsieur XXXXXXXX pour des actes de viol et de pédophilie commis sur ma personne entre l’âge de 11 et 15 ans. En effet, certains éléments du déroulement du procès me semblent constituer de graves vices de forme et d’atteintes à la dignité de ma personne :

1 – la mise en circulation parmi les jurés par les avocates de la défense de photographies lors du plaidoyer de l’avocat de la partie civile, ce qui a eu pour conséquence de distraire les jurés ;

2 – la distribution de pièces qui n’avaient pas été fourni préalablement à l’avocat de la partie civile et notamment une pièce portant fortement à ma dignité, à savoir une photographie supposée des testicules de mon agresseur, ce qui a provoqué une réaction émotionnelle forte et constitue une agression psychologique caractérisée ;

3 – Contrairement aux dispositions prévues par l’Article 325, modifié par Loi 93-1013 1993-08-24 art. 28 JORF 25 août 1993 en vigueur le 2 septembre 1993, aucune salle d’isolement n’était prévue pour les témoins qui attendaient tous ensembles en face de la salle et qui se faisaient raconter les dépositions des uns et des autres, dès qu’ils en sortaient, si bien que les témoins de la défense se sont mis à donner des versions étonnamment identiques à la barre, les uns après les autres ;

4 – Certaines versions de témoins clés avaient étrangement évolué entre le procès en 1ere instance et l’appel, ce qui tend à prouver que les versions des témoins auraient été préparé sous la dictée des avocates de la défense, ce qui constituerait donc une subordination de témoins. Par exemple, la version des faits de Anna-térésa Steier concernant une altercation avec son père : en 1ère instance elle n’avait jamais parlé du fait qu’elle aurait entendu une conversation de ses parents évoquant la question de viols ;

5 – Tout au long du procès, le Président du Jury a commis de nombreux lapsus à caractère insultant à mon égard, m’appelant par le nom de famille de mon agresseur et non par le mien. Il s’en est excusé après avoir commis cette erreur plusieurs fois de suite, mais il a recommencé aussitôt après, relayé par les avocates de la défense. Et, pour finir, ce lapsus ignoble a été commis lors du rendu du verdict d’acquittement de mon agresseur ! Ce fait constitue une grave atteinte à ma dignité. Commis tout au long des débats contradictoires, il était en outre de nature à semer la confusion et à induire en erreur les jurés, qui pouvaient penser qu’il y avait de facto à une relation familiale entre moi et mon agresseur, ce qui n’était aucunement le cas. S’ajoute le fait que, avant la plaidoirie des avocats, interrogeant des témoins, le Président a indiqué publiquement que son opinion était faite. Ce qui constitue une incroyable pression sur les jurés mais aussi le témoigne d’un étrange comportement.

6 – Pendant le procès, à l’intérieur de la salle d’audience, après la plaidoirie de l’avocat général une femme de la famille de l’accusé dans la salle d’audience m’a insultée à voix haute par le mot « salope » sans aucune intervention de la part du Président. Ce qui constitue donc une nouvelle atteinte à ma dignité sous forme de violence verbale – formellement interdite dans une salle d’audience en Cour D’assises – et contraire au respect dû au lieu de Justice.

Aux vues de l’ensemble de ces éléments, il est donc possible de constater, que ce procès en appel ne s’est pas déroulé dans des conditions réglementaires, permettant la sérénité des débats ni la manifestation de la Vérité.

L’accusé étant un homme condamné en 1ère instance pour « viols par personne ayant autorité sur mineur de 15 ans », reconnu en outre coupable par la CIVI, il semble indispensable que soit remis en cause un verdict rendu après de telles conditions délétères de délibérations afin que ne soit pas acquitté ni relaxé une nouvelle fois un prédateur sexuel dont la culpabilité avait été clairement démontrée en 1ère instance qui l’avait condamné à 8 ans de prison.

C’est pourquoi, Monsieur le Procureur de la République, je vous demande de bien vouloir étudier ma demande de pourvoi en cassation de ce procès en appel indigne tant sur la forme que sur le fond d’une Cour d’Assises.

Signature

Stop à l'injustice
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Que quelque chose existe !

Je tuerai le pédophile

Pour ce qu’il a fait de moi

Chaque jour de ma vie, chaque semaine, chaque mois,

Je lui couperai les couilles

Qui 4 ans furent sur moi

Sur le tempo de ses nuits

Sur le tempo de ses draps

Je tuerai le pédophile

Afin que l’on sache

Que quelque chose existe

Je tuerai l’enculé

Afin que l’on sache

Que la vie d’enfant

N’est pas rose n’est pas sans tâche

Comme un navire qui tangue

Qui cherche ses attaches

Je tuerai le fumier

Afin que l’on sache

Que quelque chose persiste

En dehors de ça

Quand il avait 28 ans

Les enfants à ses pieds

Sous ses couilles dorées

Qu’il jouait bobards sopalin

Je tuerai le pédophile

Qui n’a pas su m’aimer

Dans la chambre je pleure

Où l’amour se dévoie

Je tuerai la justice

Afin que l’on sache

Que quelque chose pourri

Et quand ce sera fait

Que le jour sera levé

Sur le satin de ses crimes

Comme une pierre soulevée

Où bruit la vermine

Dans le champagne et la bière

Dans son manteau de cuir

On pourra le voir

Le corps meurtri dans sa baignoire

Blanc comme un linge

Je tuerai les complices

Pour ce qu’ils ont fait de moi

Chaque jour que Dieu fait

Chaque semaine chaque mois

Et quand ce sera fait

Que le jour se lèvera

Par l’entrée des artistes

Quand on saura que c’est moi

Alors je m’en irai

Je le couvrirai de crachats

Alors je partirai

Je tuerai le pédophile

Pour ce qu’il a fait de moi

Chaque jour de ma vie

Chaque semaine, chaque mois

Je jetterai sa dépouille

Qui des jours furent sur moi

Sur le tempo de ses nuits

Sur le tempo de ses draps

Je tuerai le pédophile

Afin que l’on sache

Que quelque chose existe

Je suis une indienne

Je suis une apache

Je suis une indienne

Je suis une apache

A qui l’on a fait croire

Que la douleur se cache

Je suis une apache

Je suis une indienne

A qui l’on a fait croire

Que la montagne est loin

Je tuerai le pédophile

Je tuerai le pédophile

Je tuerai

Je tuerai

Je tuerai…

Thomas Un an a Rome Pl XXXIII Infiorata

Thomas Un an a Rome Pl XXXIII Infiorata (Photo credit: Wikipedia)

[Interdiction d’utiliser ce texte sous peine d’emprisonnement intérieur ! Sauf partage ou demande.]

13 septembre 2011
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Monsieur le Président de la République !

Monsieur le Président de la République
Palais de l’Elysée
55, rue du faubourg Saint-Honoré
75008 Paris

Le 31 août 2011

Monsieur le Président de la République,

C’est en tant que survivante d’un pédophile que je me permets de vous écrire. Ma démarche n’est pas aisée et pourtant tout me pousse à vous faire part de mon témoignage, du parcours du combattant, de tout faire pour que mon agresseur, mon bourreau, soit jugé, reconnu coupable et mis en prison afin qu’il paye sa dette.

Pendant plus de 10 ans, je n’ai pas lâché et je n’abandonnerai pas.

Comment est-ce possible qu’un criminel soit en liberté ? Comment dormir la nuit quand un pervers peut recommencer en toute impunité sur d’autres enfants quand je sais toutes les conséquences et souffrances que cela engendre dans une vie, dans une famille ?

Les séquelles, je dois vivre avec chaque jour et jusqu’à ma mort. Pas mon bourreau.

Il est déjà difficile de supporter 10 ans de procédure. Il est insupportable et inacceptable que les criminels, comme mon bourreau, soient libres, acquittés.

Monsieur le Président, je vous invite à tout faire pour qu’en France les victimes de pédophiles soient traitées correctement par tous les corps de métier que nous rencontrons au cours de notre vie.

Monsieur le Président, je mérite, nous méritons, que notre honneur et notre dignité soient respectés.

Voici une liste non exhaustive de quelques-uns qui ne savent pas, ne font pas leur devoir de citoyen, ou ne remplissent pas leurs devoirs d’adultes et de professionnels quand ils se trouvent face à une victime de pédophile :

médecin, psychiatre, infirmière, infirmière de lycée, assistante sociale, une députée, professeur, proviseur de lycée, avocat, juge d’instruction, gendarmerie, enquêteur de proximité, Président de la Cour d’Appel.

Ce sont, entre autres, ceux-là qui ont mis des obstacles au lieu de faire la lumière sur la vérité afin que Justice soit rendue. Et cela pour une raison simple : ils n’ont pas reçu de formation spécifique. D’autres n’ont pas de moralité ou sont dépourvus d’éthique ou du sens de la solidarité, mais c’est un autre problème.

Monsieur le Président, le Tribunal de Grande Instance de Pontoise, après avoir condamné mon agresseur et violeur à 8 ans de prison ferme, m’a redonné mon Honneur et ma Dignité le 16 octobre 2009.

Monsieur le Président, le Tribunal de Grande Instance de Nanterre, après avoir acquitté mon agresseur et violeur, m’a repris mon Honneur et ma Dignité (pour ne pas dire foulé au pied) le 28 janvier 2011.

Monsieur le Président, mon bourreau a fait 7 mois de prison puis a été en liberté conditionnelle sur l’application du droit au sens strict : il avait fait appel, avait un domicile, s’était toujours présenté aux convocations. 7 mois au lieu de 8 ans !

Je ne vous demande pas de changer quoique ce soit au verdict, évidement, mais de tout mettre en œuvre – comme je l’ai fait en remplissant mon devoir – avec les différents ministères, pour que les moyens soient donnés afin que les professionnels de la Justice puissent faire leur travail jusqu’au bout.

Il est impossible de parler de l’avenir d’un pays, de parler de paix, si le mot Justice ne prend pas tout son sens.

Ne pas agir, ne pas prendre soin des enfants de notre pays, cela coûte cher, à tout le monde.

Monsieur le Président, veuillez agréer mes salutations respectueuses. Je reste à votre disposition si votre cabinet ou l’un de vos ministères souhaite de plus amples informations.

Xxxxx,

Survivante


Réponse du cabinet du Président de la République

Lettre reçue le 09/09/2011
Le Chef de Cabinet du Président de la République
Paris, le 07/09/2011

Chère Madame,

Le Président de la République a bien reçu votre courrier et m’a confié le soin de vous répondre.

Soyez assurée qu’il a été pris connaissance avec une particulière attention de votre témoignage et des réflexions dont vous avez souhaité lui faire part.

Conscient des souffrances que vous avez endurées, au regard des faits que vous relatez, Monsieur Nicolas SARKOZY, qui comprend votre désarroi et vos sentiments, vous exprime tout son soutien et sa vive sympathie.

Je dois toutefois vous indiquer que le Chef de l’État ne peut, sans porter atteinte au principe de l’indépendance de l’autorité judiciaire dont il est le garant, émettre une appréciation sur les décisions rendues par des juridictions souveraines ou en modifier la portée.

Profondément attaché au respect et à la reconnaissance des droits des victimes, le Président de la République a entendu en faire l’un des axes majeurs de son action dans le domaine de la sécurité et de la justice.

Croyez bien que le Chef de l’État demeure très vigilant quant à la mise en oeuvre des réformes qu’il a engagées, pour une justice au service de la sécurité de nos concitoyens.

Je n’ai pas manqué de signaler votre correspondance au Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Libertés.

Je vous prie d’agréer, Chère Madame, l’expression de mes hommages.

Guillaume LAMBERT

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Ma 2ème avocate ne me croit pas

Après avoir connu mon 1er avocat qui me ment, j’ai eu connaissance de l’adresse d’une avocate par une journaliste à qui j’avais pu témoigner pour un article. Je me disais à cette époque que les déboires seraient terminés et que je pourrais enfin demander que Justice me soit rendue. Lorsque je la rencontre, je remarque son look que je trouve décalé pour son âge et la société contemporaine, tailleur bleu de bourgeoise avec grosses perles et parfum entêtant. Je lui explique comment j’ai eu ses coordonnées, ce qui s’était passé avec mon 1er avocat et bien sûr les raisons qui me poussaient à déposer plainte, mon histoire, mon bourreau, etc.

J’étais dans un premier temps stupéfaite d’apprendre par cette avocate que l’avocat menteur en fait était un ami à elle, qu’elle déjeunait avec lui et sa femme et que donc, pour elle, c’était impossible que ce 1er avocat et sa femme aient pu faire ce qu’ils m’avaient fait (mensonge, pas de dépôt de plainte, rétention de documents). Conclusion, sans qu’elle le dise directement, pour elle, j’étais une menteuse… D’ailleurs, elle ne s’est pas gênée par la suite pour me dire, après une audition chez la juge, qu’avant cette audition, elle ne croyait pas à ce que j’avais vécu.

Après l’avoir vu 3 ou 4 fois, elle a délégué le travail à une autre avocate de son cabinet, que j’ai trouvée plus respectueuse, plus à l’écoute, moins suspicieuse, plus clean quoi !

Son cabinet s’est donc occupée de moi avec l’aide juridictionnelle (pas très motivante pour eux vu le barème qui ne leur laisse que 20€ pour eux, l’aide juridictionnelle ne rembourse pas les frais ni les heures de travail passées) pour :

– la plainte

– le classement sans suite

– la constitution de partie civile

– le non-lieu

Après avoir eu un 3ème avocat, puisque la 2eme ne voulait plus s’occuper de mon dossier, j’ai pu comparer, je peux dire que finalement, ce 2e cabinet ne s’est pas beaucoup occupé de moi, vu le nombre de rdv et d’heures passées sur mon dossier. Je crois qu’il était presque inéluctable de finir par un non-lieu !

PS : les avocat-e-s spécialisé-e-s dans les crimes sexuels et acceptant l’aide juridictionnelle ne sont pas nombreux.

Le Bourgeois Gentilhomme, the title character ...

Le Bourgeois Gentilhomme, the title character in the play by Molière. (Photo credit: Wikipedia)

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Mon bourreau porte plainte contre moi pour dénonciation calomnieuse

En décembre 2011, je reçois un appel du commissariat de mon domicile, qui m’invite à me présenter pour être auditionnée dans une affaire, sans précision. Je me rends donc au commissariat, je m’étais imaginé beaucoup de choses, ainsi que la pire chose possible : que mon bourreau décide de porter plainte contre moi, ce qui serait le comble de l’horreur après tout mon parcours du combattant pour faire valoir mes droits de victime, pour qu’enfin la société prenne ses responsabilités et que mon agresseur criminel réponde de ses actes, paye pour ce qu’il m’a fait subir.

Sous le choc et en larme, j’ai eu beaucoup de difficultés à répondre aux questions de l’officier de police afin de donner des explications quant à la plainte de mon agresseur. Non seulement ce pervers m’avait violée pendant plusieurs années dans l’enfance alors que mes parents m’avaient confiée à sa garde, mais en plus il se permet d’insister dans la torture en portant plainte contre moi. Ce qui signifie au final que ce monstre souhaite encore me faire souffrir en me donnant rdv devant un 3ème tribunal, mais cette fois-ci, comme accusée. Accusée d’avoir osé porter plainte contre lui pour demander justice, accusée d’avoir porté une affaire pendant plus de 10 ans.

Aujourd’hui je n’ai pas de nouvelle, mais je m’attends encore au pire…

Non, non et non ! Je ne suis pas coupable ! Je suis une survivante de crimes que ce monstre a commis sur moi !

Je considère que toutes les personnes qui ont contribué à ce que la justice n’ait pas lieu sont complices et contribuent à l’omerta !

Mon enfance

Je suis née à Senlis dans l’Oise dans un petit hôpital dont la maternité se trouvait juste à côté du lieu de résidence de mes parents : la Résidence Brichebay.

Nous avons vécu à cet endroit durant mes 2 premières années. Je n’ai pas de souvenir mais je crois instinctivement que c’était plutôt 2 belles années. Ensuite mes parents ont acheté un appartement à Villiers-le-Bel dans le Val d’Oise en 1977. Je suis allée à la maternelle de l’école Emile Zola, puis en primaire.

Déjà à cette époque, il y a eu un épisode traumatique très important. D’ailleurs le souvenir m’est encore revenu en mémoire récemment avec une forte crise d’angoisse au point d’avoir l’impression de revivre le trauma.

A l’époque de la maternelle, mes parents m’avaient confiée à une nourrisse, madame A. qui habitait dans le même immeuble que mes parents. Depuis bébé, j’avais un problème : je mangeais très peu et mes parents essayaient de ruser pour me faire manger. Sans violence. Chez ma nourrice, je n’était pas traitée de la même façon. En effet, pour m’obliger à manger, elle me faisait peur avec un espèce de fouet, je me forçais donc à tout manger, sans plaisir et sans broncher, jusqu’à ce que je vomisse tout mon repas dans l’assiette. Mais si encore cela s’arrêtait là… Cette nourrice avait décidé de me faire manger tout ce que j’avais vomi dans mon assiette !

Je ne sais pas exactement combien de fois cela s’est répété ni pendant combien de temps cela a duré. Peut-être 2 ans, le temps de la maternelle ?

Ensuite, à l’âge du primaire, mes parents ont décidé de me confier à la garde de la grand-mère, Mamie, née en 1912. Cela a duré du CP au CM2 donc pendant 5 ans. J’allais à l’école à 8h30, cours du matin jusqu’à 11h30, je déjeunais à la cantine, cours de l’après-midi de 13h30 à 16h30, puis j’allais directement chez ma grand-mère chez qui je restais, jusqu’à l’arrivée de mes parents de leur travail, en général à 21h30. J’avais des résultats très satisfaisants et j’étais souvent parmi les 3 meilleurs élèves.

Une fois chez ma grand-mère où j’étais la seule enfant, je devais bien sûr faire mes devoirs, puis je jouais de temps à temps avec elle, le plus souvent toute seule, aux petites voitures, à l’élastique, je m’occupais des plantes, je regardais les autres enfants du quartier jouer dehors. Parfois je me risquais à lui demander l’autorisation de sortir pour aller jouer, mais je n’ai jamais pu.

Cette période reste dans ma mémoire comme une période globale assez grise avec quelques rayons de soleil de temps en temps. Pas de traumatisme mais ce n’était pas super joyeux non plus.

Emile Zola à six ans, 1846

Emile Zola à six ans, 1846 (Photo credit: Wikipedia)


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Mon premier article d’un journal en ligne

Pourquoi mettre en ligne un journal intime sur ma vie de survivante ?

J’y pense déjà depuis plusieurs années. J’ai déjà griffonné beaucoup de feuilles volantes et de cahiers. J’avais commencé à 15 ans.

Aujourd’hui j’ai 37 ans et je ressens le besoin de rassembler ma vie en un seul endroit, pas éparpillé dans des dossiers que je ne regarde jamais et que personne ne lit.

Je ne sais pas si j’irai jusqu’au bout. Mon parcours est chaotique comme mon quotidien que peu de personne connaissent.

Ma démarche est une tentative pour mieux vivre, pour mieux supporter l’insupportable, ce à quoi j’ai survécu dans mon enfance, ce à quoi je dois faire face chaque jour avec les séquelles, ce à quoi je dois survivre aussi aujourd’hui : l’injustice – l’acquittement de mon bourreau.

J’aimerais arriver à travailler sur mon journal par thème, afin de trouver une structure, sans doute parce que moi-même j’ai besoin de structure.

Ce que je souhaite écrire, c’est aussi bien pour m’aider que pour que mon expérience ne reste pas dans le silence et que peut-être cela pourra aider d’autres personnes en plus de moi-même.

Cette démarche est aussi pour lutter, pour vivre, pour militer, pour hurler, pour réfléchir et faire réfléchir, pour tous ceux qui ne savent pas concrètement ce que quelqu’un de détruit par un bourreau peut traverser tout au long de sa vie. Tout ce dont nous pouvons manquer, tout ce dont nous pouvons cruellement avoir besoin. C’est aussi pour participer à briser les murs du silence, les négations, les non-dits destructeurs quand ce ne sont pas directement les personnes destructrices.

Je dédie ce journal à tous ceux qui m’ont supportée, qui m’ont vraiment aidée, qui ont été patients et compréhensifs, ceux qui ne m’ont jamais abandonnée, ceux qui ont toujours cru en moi et qui ont eu confiance, ceux qui n’ont jamais douté de moi ni de ma parole.

A tous je vous souhaite une bonne lecture, avec des hauts et des bas, des montagnes russes, des silences s’il le faut, avec votre indulgence. Merci.

City Lights, France-Italy Border (NASA, Intern...

City Lights, France-Italy Border (NASA, International Space Station Science, 04/28/10) (Photo credit: NASA’s Marshall Space Flight Center)

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