Amnésie, divine amnésie

Mon amnésie partielle…

C’est un épisode de stress intense il y a quelques jours qui a fait ressurgir des angoisses et l’apparition d’une bribe de souvenir lorsque j’étais chez mon agresseur à 15 ans. Lorsqu’un souvenir précis est sur le point de revenir, avec des images, on ne se sent pas « dans son assiette », pas dans un état habituel. J’avais l’impression de tourner en rond chez moi, j’avais envie de pleurer sans y arriver, je ne savais pas ce qui se passait exactement et je cherchais à comprendre. Puis pendant le dîner une angoisse s’est vite transformée en début d’attaque de panique que j’ai réussie à identifier comme telle, et pu calmer avec un anxiolytique. Je communique par sms pour prévenir un ami, qui me demande si je sais pourquoi cette angoisse est apparue. J’ai répondu intérieurement : « oui, la lune ! ». [La nuit précédente c’était la pleine lune, je l’ai observée, j’avais remarqué comment elle éclairait la pièce de ma cuisine avec son rayon de lune.] C’est à ce moment précis que j’ai vu – comme si j’y étais encore : j’étais dans la chambre de mon agresseur qui dormait à côté de moi dans son lit, je ne pouvais pas dormir – comment le pourrais-je – et c’était une nuit éclairée par la pleine lune. Je n’ai pas pu fermer l’œil de la nuit. Sa fille ainée dormait dans sa chambre à l’étage du dessus de la maison, chambre dans laquelle j’aurais dû dormir cette nuit là puisque nous la partagions. Il me semble que ça devait être la première fois que je restais dans la chambre d’un homme toute une nuit, ce que je souhaite à aucun enfant, aucun-e adolescent-e. Ce marquage terrible m’empêche de pouvoir dormir la nuit, en particulier lorsque je suis chez moi, très souvent lorsque je suis ailleurs.

Suite à ce souvenir revenu, moi et mon agresseur dans sa chambre, je me suis vue visiter le rez-de-chaussée de sa maison.

Inutile de préciser que cet épisode m’a beaucoup perturbée, m’a fait pleurer, peur et fait revenir quelques séquelles qui avaient presque complètement disparu, en tout cas, étaient suffisamment atténués depuis quelques mois.

Le retour d’un souvenir, d’une image a toujours été très douloureux, aussi bien psychiquement que physiquement à la tête et au corps, à des endroits précis et différents.

[Je constate ce soir en écrivant, que je n’ai pas accès aux souvenirs exacts avec les images de la chambre de la fille ainée, ni la chambre du fils, c’est extrêmement flou, ni aucun élément de ce qui s’est passé avant, comment, ce que mon agresseur m’a dit pour que je dorme dans sa chambre avec lui ce soir là, mais il me semble – sans pourtant en être sûre – que ce soir là il n’a pas abusé de moi. Pourtant, en y réfléchissant,  ce ne serait pas logique qu’il me fasse dormir avec lui sans qu’il ne m’ait rien fait subir]

Wikipedia :

Amnésie

L’amnésie (du grec Ἀμνησία) est une perte partielle ou totale de la mémoire. État pathologique permanent ou transitoire, congénital ou acquis, il peut être d’origine organique (résultant de lésions cérébrales comme une tumeur, le syndrome de Korsakoff, un traumatisme crânien, un épisode anoxique ou ischémique, une maladie neurologique, l’absorption de certains produits ou médicaments type drogues de soumission), fonctionnel (troubles psychologiques comme le stress post-traumatique, une maladie psychiatrique) ou considéré en psychanalyse comme un mécanisme de défense contre l’anxiété ou contre l’angoisse de souvenirs douloureux.

La neuropsychologie étudie les cas de ces lésions au cerveau et les conséquences qui en découlent sur la mémoire : perte de certaines capacités, alors que d’autres restent intactes.

  • Amnésie antérograde (= amnésie de fixation) : l’amnésie antérograde porte sur les faits postérieurs à l’accident ou à la maladie qui l’a provoquée. Le sujet est dans l’incapacité de former de nouveaux souvenirs, il oublie les événements au fur et à mesure de leur déroulement. La situation est comparable à un ordinateur dont le disque dur est capable de lire toutes les données qu’il contient mais dont le mécanisme d’écriture défectueux empêche tout nouvel enregistrement d’information. Du latin anterior, placé avant. Antonyme : amnésie rétrograde, qui correspond à la perte du souvenir des événements qui ont précédé le traumatisme.
  • Amnésie rétrograde (= amnésie d’évocation) : déficit du rappel d’informations acquises avant l’épisode pathologique. Contrairement à ce qu’en laisse suggérer le cinéma, elle n’est jamais totale (la période couverte peut-être plus ou moins longue). Dans le cas de démences, une amnésie progressive s’installe en suivant un gradient de Ribot : les souvenirs les plus anciens sont généralement les mieux conservés (voir Loi de Ribot).
Two nice graffiti made by a prisoner on a butt...

Two nice graffiti made by a prisoner on a buttress of the Fontevraud Abbey, then inside the prison. A rich man, perhaps as rich as the prisoner wanted to be, and a pansy, the prisoner’s companion (pensée, in French, for pansy or thoughts). Fontrevraud-l’Abbaye, Maine-et-Loire, France. (Photo credit: Wikipedia)

(*) Amnésie, divine amnésie est tiré d’une chanson de Lou Saintagne

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Mon enfance

Je suis née à Senlis dans l’Oise dans un petit hôpital dont la maternité se trouvait juste à côté du lieu de résidence de mes parents : la Résidence Brichebay.

Nous avons vécu à cet endroit durant mes 2 premières années. Je n’ai pas de souvenir mais je crois instinctivement que c’était plutôt 2 belles années. Ensuite mes parents ont acheté un appartement à Villiers-le-Bel dans le Val d’Oise en 1977. Je suis allée à la maternelle de l’école Emile Zola, puis en primaire.

Déjà à cette époque, il y a eu un épisode traumatique très important. D’ailleurs le souvenir m’est encore revenu en mémoire récemment avec une forte crise d’angoisse au point d’avoir l’impression de revivre le trauma.

A l’époque de la maternelle, mes parents m’avaient confiée à une nourrisse, madame A. qui habitait dans le même immeuble que mes parents. Depuis bébé, j’avais un problème : je mangeais très peu et mes parents essayaient de ruser pour me faire manger. Sans violence. Chez ma nourrice, je n’était pas traitée de la même façon. En effet, pour m’obliger à manger, elle me faisait peur avec un espèce de fouet, je me forçais donc à tout manger, sans plaisir et sans broncher, jusqu’à ce que je vomisse tout mon repas dans l’assiette. Mais si encore cela s’arrêtait là… Cette nourrice avait décidé de me faire manger tout ce que j’avais vomi dans mon assiette !

Je ne sais pas exactement combien de fois cela s’est répété ni pendant combien de temps cela a duré. Peut-être 2 ans, le temps de la maternelle ?

Ensuite, à l’âge du primaire, mes parents ont décidé de me confier à la garde de la grand-mère, Mamie, née en 1912. Cela a duré du CP au CM2 donc pendant 5 ans. J’allais à l’école à 8h30, cours du matin jusqu’à 11h30, je déjeunais à la cantine, cours de l’après-midi de 13h30 à 16h30, puis j’allais directement chez ma grand-mère chez qui je restais, jusqu’à l’arrivée de mes parents de leur travail, en général à 21h30. J’avais des résultats très satisfaisants et j’étais souvent parmi les 3 meilleurs élèves.

Une fois chez ma grand-mère où j’étais la seule enfant, je devais bien sûr faire mes devoirs, puis je jouais de temps à temps avec elle, le plus souvent toute seule, aux petites voitures, à l’élastique, je m’occupais des plantes, je regardais les autres enfants du quartier jouer dehors. Parfois je me risquais à lui demander l’autorisation de sortir pour aller jouer, mais je n’ai jamais pu.

Cette période reste dans ma mémoire comme une période globale assez grise avec quelques rayons de soleil de temps en temps. Pas de traumatisme mais ce n’était pas super joyeux non plus.

Emile Zola à six ans, 1846

Emile Zola à six ans, 1846 (Photo credit: Wikipedia)


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