Que quelque chose existe !

Je tuerai le pédophile

Pour ce qu’il a fait de moi

Chaque jour de ma vie, chaque semaine, chaque mois,

Je lui couperai les couilles

Qui 4 ans furent sur moi

Sur le tempo de ses nuits

Sur le tempo de ses draps

Je tuerai le pédophile

Afin que l’on sache

Que quelque chose existe

Je tuerai l’enculé

Afin que l’on sache

Que la vie d’enfant

N’est pas rose n’est pas sans tâche

Comme un navire qui tangue

Qui cherche ses attaches

Je tuerai le fumier

Afin que l’on sache

Que quelque chose persiste

En dehors de ça

Quand il avait 28 ans

Les enfants à ses pieds

Sous ses couilles dorées

Qu’il jouait bobards sopalin

Je tuerai le pédophile

Qui n’a pas su m’aimer

Dans la chambre je pleure

Où l’amour se dévoie

Je tuerai la justice

Afin que l’on sache

Que quelque chose pourri

Et quand ce sera fait

Que le jour sera levé

Sur le satin de ses crimes

Comme une pierre soulevée

Où bruit la vermine

Dans le champagne et la bière

Dans son manteau de cuir

On pourra le voir

Le corps meurtri dans sa baignoire

Blanc comme un linge

Je tuerai les complices

Pour ce qu’ils ont fait de moi

Chaque jour que Dieu fait

Chaque semaine chaque mois

Et quand ce sera fait

Que le jour se lèvera

Par l’entrée des artistes

Quand on saura que c’est moi

Alors je m’en irai

Je le couvrirai de crachats

Alors je partirai

Je tuerai le pédophile

Pour ce qu’il a fait de moi

Chaque jour de ma vie

Chaque semaine, chaque mois

Je jetterai sa dépouille

Qui des jours furent sur moi

Sur le tempo de ses nuits

Sur le tempo de ses draps

Je tuerai le pédophile

Afin que l’on sache

Que quelque chose existe

Je suis une indienne

Je suis une apache

Je suis une indienne

Je suis une apache

A qui l’on a fait croire

Que la douleur se cache

Je suis une apache

Je suis une indienne

A qui l’on a fait croire

Que la montagne est loin

Je tuerai le pédophile

Je tuerai le pédophile

Je tuerai

Je tuerai

Je tuerai…

Thomas Un an a Rome Pl XXXIII Infiorata

Thomas Un an a Rome Pl XXXIII Infiorata (Photo credit: Wikipedia)

[Interdiction d’utiliser ce texte sous peine d’emprisonnement intérieur ! Sauf partage ou demande.]

13 septembre 2011
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Courriers de la Cour de Cassation

Paris, le 28 octobre 2011

Cour de Cassation

Greffe Criminel

Madame,

Vous avez formé un pourvoi en cassation contre l’arrêt rendu par la cour d’assises des hauts-de-Seine en date du 28/01/2011.

Comme annoncé par une précédente lettre, je vous prie de bien vouloir trouver, en copie, le rapport du conseiller rapporteur.

Vous pouvez, si vous l’estimez nécessaire, faire parvenir, par retour au greffe criminel de la Cour de cassation, en visant les références ci-dessus et en trois exemplaires, de brèves observations qui seront versées au dossier.

Par ailleurs, le dossier sera soumis à un avocat général qui vous fera connaître par écrit le sens de ses conclusions (cassation, rejet, irrecevabilité ou non admission du pourvoi).

Veuillez agréer, madame, l’expression de mes salutations distinguées.

Le Greffier en chef.

Signature.

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Monsieur le Président de la République !

Monsieur le Président de la République
Palais de l’Elysée
55, rue du faubourg Saint-Honoré
75008 Paris

Le 31 août 2011

Monsieur le Président de la République,

C’est en tant que survivante d’un pédophile que je me permets de vous écrire. Ma démarche n’est pas aisée et pourtant tout me pousse à vous faire part de mon témoignage, du parcours du combattant, de tout faire pour que mon agresseur, mon bourreau, soit jugé, reconnu coupable et mis en prison afin qu’il paye sa dette.

Pendant plus de 10 ans, je n’ai pas lâché et je n’abandonnerai pas.

Comment est-ce possible qu’un criminel soit en liberté ? Comment dormir la nuit quand un pervers peut recommencer en toute impunité sur d’autres enfants quand je sais toutes les conséquences et souffrances que cela engendre dans une vie, dans une famille ?

Les séquelles, je dois vivre avec chaque jour et jusqu’à ma mort. Pas mon bourreau.

Il est déjà difficile de supporter 10 ans de procédure. Il est insupportable et inacceptable que les criminels, comme mon bourreau, soient libres, acquittés.

Monsieur le Président, je vous invite à tout faire pour qu’en France les victimes de pédophiles soient traitées correctement par tous les corps de métier que nous rencontrons au cours de notre vie.

Monsieur le Président, je mérite, nous méritons, que notre honneur et notre dignité soient respectés.

Voici une liste non exhaustive de quelques-uns qui ne savent pas, ne font pas leur devoir de citoyen, ou ne remplissent pas leurs devoirs d’adultes et de professionnels quand ils se trouvent face à une victime de pédophile :

médecin, psychiatre, infirmière, infirmière de lycée, assistante sociale, une députée, professeur, proviseur de lycée, avocat, juge d’instruction, gendarmerie, enquêteur de proximité, Président de la Cour d’Appel.

Ce sont, entre autres, ceux-là qui ont mis des obstacles au lieu de faire la lumière sur la vérité afin que Justice soit rendue. Et cela pour une raison simple : ils n’ont pas reçu de formation spécifique. D’autres n’ont pas de moralité ou sont dépourvus d’éthique ou du sens de la solidarité, mais c’est un autre problème.

Monsieur le Président, le Tribunal de Grande Instance de Pontoise, après avoir condamné mon agresseur et violeur à 8 ans de prison ferme, m’a redonné mon Honneur et ma Dignité le 16 octobre 2009.

Monsieur le Président, le Tribunal de Grande Instance de Nanterre, après avoir acquitté mon agresseur et violeur, m’a repris mon Honneur et ma Dignité (pour ne pas dire foulé au pied) le 28 janvier 2011.

Monsieur le Président, mon bourreau a fait 7 mois de prison puis a été en liberté conditionnelle sur l’application du droit au sens strict : il avait fait appel, avait un domicile, s’était toujours présenté aux convocations. 7 mois au lieu de 8 ans !

Je ne vous demande pas de changer quoique ce soit au verdict, évidement, mais de tout mettre en œuvre – comme je l’ai fait en remplissant mon devoir – avec les différents ministères, pour que les moyens soient donnés afin que les professionnels de la Justice puissent faire leur travail jusqu’au bout.

Il est impossible de parler de l’avenir d’un pays, de parler de paix, si le mot Justice ne prend pas tout son sens.

Ne pas agir, ne pas prendre soin des enfants de notre pays, cela coûte cher, à tout le monde.

Monsieur le Président, veuillez agréer mes salutations respectueuses. Je reste à votre disposition si votre cabinet ou l’un de vos ministères souhaite de plus amples informations.

Xxxxx,

Survivante


Réponse du cabinet du Président de la République

Lettre reçue le 09/09/2011
Le Chef de Cabinet du Président de la République
Paris, le 07/09/2011

Chère Madame,

Le Président de la République a bien reçu votre courrier et m’a confié le soin de vous répondre.

Soyez assurée qu’il a été pris connaissance avec une particulière attention de votre témoignage et des réflexions dont vous avez souhaité lui faire part.

Conscient des souffrances que vous avez endurées, au regard des faits que vous relatez, Monsieur Nicolas SARKOZY, qui comprend votre désarroi et vos sentiments, vous exprime tout son soutien et sa vive sympathie.

Je dois toutefois vous indiquer que le Chef de l’État ne peut, sans porter atteinte au principe de l’indépendance de l’autorité judiciaire dont il est le garant, émettre une appréciation sur les décisions rendues par des juridictions souveraines ou en modifier la portée.

Profondément attaché au respect et à la reconnaissance des droits des victimes, le Président de la République a entendu en faire l’un des axes majeurs de son action dans le domaine de la sécurité et de la justice.

Croyez bien que le Chef de l’État demeure très vigilant quant à la mise en oeuvre des réformes qu’il a engagées, pour une justice au service de la sécurité de nos concitoyens.

Je n’ai pas manqué de signaler votre correspondance au Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Libertés.

Je vous prie d’agréer, Chère Madame, l’expression de mes hommages.

Guillaume LAMBERT

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Ma 2ème avocate ne me croit pas

Après avoir connu mon 1er avocat qui me ment, j’ai eu connaissance de l’adresse d’une avocate par une journaliste à qui j’avais pu témoigner pour un article. Je me disais à cette époque que les déboires seraient terminés et que je pourrais enfin demander que Justice me soit rendue. Lorsque je la rencontre, je remarque son look que je trouve décalé pour son âge et la société contemporaine, tailleur bleu de bourgeoise avec grosses perles et parfum entêtant. Je lui explique comment j’ai eu ses coordonnées, ce qui s’était passé avec mon 1er avocat et bien sûr les raisons qui me poussaient à déposer plainte, mon histoire, mon bourreau, etc.

J’étais dans un premier temps stupéfaite d’apprendre par cette avocate que l’avocat menteur en fait était un ami à elle, qu’elle déjeunait avec lui et sa femme et que donc, pour elle, c’était impossible que ce 1er avocat et sa femme aient pu faire ce qu’ils m’avaient fait (mensonge, pas de dépôt de plainte, rétention de documents). Conclusion, sans qu’elle le dise directement, pour elle, j’étais une menteuse… D’ailleurs, elle ne s’est pas gênée par la suite pour me dire, après une audition chez la juge, qu’avant cette audition, elle ne croyait pas à ce que j’avais vécu.

Après l’avoir vu 3 ou 4 fois, elle a délégué le travail à une autre avocate de son cabinet, que j’ai trouvée plus respectueuse, plus à l’écoute, moins suspicieuse, plus clean quoi !

Son cabinet s’est donc occupée de moi avec l’aide juridictionnelle (pas très motivante pour eux vu le barème qui ne leur laisse que 20€ pour eux, l’aide juridictionnelle ne rembourse pas les frais ni les heures de travail passées) pour :

– la plainte

– le classement sans suite

– la constitution de partie civile

– le non-lieu

Après avoir eu un 3ème avocat, puisque la 2eme ne voulait plus s’occuper de mon dossier, j’ai pu comparer, je peux dire que finalement, ce 2e cabinet ne s’est pas beaucoup occupé de moi, vu le nombre de rdv et d’heures passées sur mon dossier. Je crois qu’il était presque inéluctable de finir par un non-lieu !

PS : les avocat-e-s spécialisé-e-s dans les crimes sexuels et acceptant l’aide juridictionnelle ne sont pas nombreux.

Le Bourgeois Gentilhomme, the title character ...

Le Bourgeois Gentilhomme, the title character in the play by Molière. (Photo credit: Wikipedia)

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Mon bourreau porte plainte contre moi pour dénonciation calomnieuse

En décembre 2011, je reçois un appel du commissariat de mon domicile, qui m’invite à me présenter pour être auditionnée dans une affaire, sans précision. Je me rends donc au commissariat, je m’étais imaginé beaucoup de choses, ainsi que la pire chose possible : que mon bourreau décide de porter plainte contre moi, ce qui serait le comble de l’horreur après tout mon parcours du combattant pour faire valoir mes droits de victime, pour qu’enfin la société prenne ses responsabilités et que mon agresseur criminel réponde de ses actes, paye pour ce qu’il m’a fait subir.

Sous le choc et en larme, j’ai eu beaucoup de difficultés à répondre aux questions de l’officier de police afin de donner des explications quant à la plainte de mon agresseur. Non seulement ce pervers m’avait violée pendant plusieurs années dans l’enfance alors que mes parents m’avaient confiée à sa garde, mais en plus il se permet d’insister dans la torture en portant plainte contre moi. Ce qui signifie au final que ce monstre souhaite encore me faire souffrir en me donnant rdv devant un 3ème tribunal, mais cette fois-ci, comme accusée. Accusée d’avoir osé porter plainte contre lui pour demander justice, accusée d’avoir porté une affaire pendant plus de 10 ans.

Aujourd’hui je n’ai pas de nouvelle, mais je m’attends encore au pire…

Non, non et non ! Je ne suis pas coupable ! Je suis une survivante de crimes que ce monstre a commis sur moi !

Je considère que toutes les personnes qui ont contribué à ce que la justice n’ait pas lieu sont complices et contribuent à l’omerta !

Mon enfance

Je suis née à Senlis dans l’Oise dans un petit hôpital dont la maternité se trouvait juste à côté du lieu de résidence de mes parents : la Résidence Brichebay.

Nous avons vécu à cet endroit durant mes 2 premières années. Je n’ai pas de souvenir mais je crois instinctivement que c’était plutôt 2 belles années. Ensuite mes parents ont acheté un appartement à Villiers-le-Bel dans le Val d’Oise en 1977. Je suis allée à la maternelle de l’école Emile Zola, puis en primaire.

Déjà à cette époque, il y a eu un épisode traumatique très important. D’ailleurs le souvenir m’est encore revenu en mémoire récemment avec une forte crise d’angoisse au point d’avoir l’impression de revivre le trauma.

A l’époque de la maternelle, mes parents m’avaient confiée à une nourrisse, madame A. qui habitait dans le même immeuble que mes parents. Depuis bébé, j’avais un problème : je mangeais très peu et mes parents essayaient de ruser pour me faire manger. Sans violence. Chez ma nourrice, je n’était pas traitée de la même façon. En effet, pour m’obliger à manger, elle me faisait peur avec un espèce de fouet, je me forçais donc à tout manger, sans plaisir et sans broncher, jusqu’à ce que je vomisse tout mon repas dans l’assiette. Mais si encore cela s’arrêtait là… Cette nourrice avait décidé de me faire manger tout ce que j’avais vomi dans mon assiette !

Je ne sais pas exactement combien de fois cela s’est répété ni pendant combien de temps cela a duré. Peut-être 2 ans, le temps de la maternelle ?

Ensuite, à l’âge du primaire, mes parents ont décidé de me confier à la garde de la grand-mère, Mamie, née en 1912. Cela a duré du CP au CM2 donc pendant 5 ans. J’allais à l’école à 8h30, cours du matin jusqu’à 11h30, je déjeunais à la cantine, cours de l’après-midi de 13h30 à 16h30, puis j’allais directement chez ma grand-mère chez qui je restais, jusqu’à l’arrivée de mes parents de leur travail, en général à 21h30. J’avais des résultats très satisfaisants et j’étais souvent parmi les 3 meilleurs élèves.

Une fois chez ma grand-mère où j’étais la seule enfant, je devais bien sûr faire mes devoirs, puis je jouais de temps à temps avec elle, le plus souvent toute seule, aux petites voitures, à l’élastique, je m’occupais des plantes, je regardais les autres enfants du quartier jouer dehors. Parfois je me risquais à lui demander l’autorisation de sortir pour aller jouer, mais je n’ai jamais pu.

Cette période reste dans ma mémoire comme une période globale assez grise avec quelques rayons de soleil de temps en temps. Pas de traumatisme mais ce n’était pas super joyeux non plus.

Emile Zola à six ans, 1846

Emile Zola à six ans, 1846 (Photo credit: Wikipedia)


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Mon premier article d’un journal en ligne

Pourquoi mettre en ligne un journal intime sur ma vie de survivante ?

J’y pense déjà depuis plusieurs années. J’ai déjà griffonné beaucoup de feuilles volantes et de cahiers. J’avais commencé à 15 ans.

Aujourd’hui j’ai 37 ans et je ressens le besoin de rassembler ma vie en un seul endroit, pas éparpillé dans des dossiers que je ne regarde jamais et que personne ne lit.

Je ne sais pas si j’irai jusqu’au bout. Mon parcours est chaotique comme mon quotidien que peu de personne connaissent.

Ma démarche est une tentative pour mieux vivre, pour mieux supporter l’insupportable, ce à quoi j’ai survécu dans mon enfance, ce à quoi je dois faire face chaque jour avec les séquelles, ce à quoi je dois survivre aussi aujourd’hui : l’injustice – l’acquittement de mon bourreau.

J’aimerais arriver à travailler sur mon journal par thème, afin de trouver une structure, sans doute parce que moi-même j’ai besoin de structure.

Ce que je souhaite écrire, c’est aussi bien pour m’aider que pour que mon expérience ne reste pas dans le silence et que peut-être cela pourra aider d’autres personnes en plus de moi-même.

Cette démarche est aussi pour lutter, pour vivre, pour militer, pour hurler, pour réfléchir et faire réfléchir, pour tous ceux qui ne savent pas concrètement ce que quelqu’un de détruit par un bourreau peut traverser tout au long de sa vie. Tout ce dont nous pouvons manquer, tout ce dont nous pouvons cruellement avoir besoin. C’est aussi pour participer à briser les murs du silence, les négations, les non-dits destructeurs quand ce ne sont pas directement les personnes destructrices.

Je dédie ce journal à tous ceux qui m’ont supportée, qui m’ont vraiment aidée, qui ont été patients et compréhensifs, ceux qui ne m’ont jamais abandonnée, ceux qui ont toujours cru en moi et qui ont eu confiance, ceux qui n’ont jamais douté de moi ni de ma parole.

A tous je vous souhaite une bonne lecture, avec des hauts et des bas, des montagnes russes, des silences s’il le faut, avec votre indulgence. Merci.

City Lights, France-Italy Border (NASA, Intern...

City Lights, France-Italy Border (NASA, International Space Station Science, 04/28/10) (Photo credit: NASA’s Marshall Space Flight Center)

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